Dans un environnement socioéconomique en pleine mutation, caractérisé par des conditions climatiques particulièrement difficiles, l’eau dans la wilaya d’Adrar reste le facteur primordial de tout développement. Les ressources hydriques dans la wilaya se distinguent par des eaux
localisées dans la nappe phréatique. Si au niveau de la région d’Adrar,
l’eau se trouve à quelques mètres, entre 10 et 50 mètres, à Bordj
Badji-Mokhtar (daïra située à 800 km du chef-lieu), le forage nécessite
des profondeurs allant jusqu’à 400 mètres. Les systèmes traditionnels de
captage et d’irrigation dans le Sud (foggaras) témoignent du génie
hydraulique humain. Les foggaras sont omniprésentes. Ce sont d’anciennes
conduites d’eau souterraine destinées à irriguer la palmeraie. Elle sont
les seules qui sont orientées dans le sens sud-nord, contrairement aux
autres qui essaiment la région du Touat (Adrar et les environs) du
Gourara (Timimoun et ses environs) et du Tidikelt (In Salah-Aoulef-
Reggan). La foggara est un ouvrage hydraulique qui réduit au maximum
l’évaporation. Elle utilise un système de galeries souterraines qui
permettent de drainer l’eau du sous-sol et de l’amener par gravité à
partir d’une succession de puits d’aération jusqu’à ce qu’elle parvienne
aux champs. Une séguia distribue cette eau par le biais de kesria,
(distributeur en pierre) vers de petites séguia… Le partage de l’eau est
matérialisé par des «peignes» placés en travers des canaux d’irrigation.
Le fonctionnement quant à lui est contrôlé par un kial, lequel détermine
la quantité d’eau en fonction du montant versé par le demandeur. Une
trouvaille extraordinaire qui continue d’émerveiller à ce jour et dont
la réalisation est attribuée par les historiens tantôt aux Irakiens
tantôt à des tribus ayant peuple la région depuis plusieurs siècles
déjà. Cependant, en dehors du palmier-dattier, ils ne peuvent servir
qu’une agriculture de subsistance. La mauvaise gestion, le plus souvent
conjuguée à une surexploitation de la nappe, a engendré des problèmes
socioéconomiques et environnementaux graves. Du point de vue climatique,
la région d’Adrar est l’une des régions les plus chaudes et les plus
arides du globe. Elle se caractérise par des précipitations très peu
abondantes et irrégulières. Les températures élevées peuvent dépasser
largement les 50° en été. Les vents sont relativement fréquents et leur
vitesse importante, ce qui provoque pendant cette période le sirocco ou
des vents de sable responsables de formation et de déplacement de dunes.
Toutes ces conditions négatives rendent impossible toute pratique de
culture sans irrigation. Pour une gestion rationnelle et durable des
ressources en eau au Sahara, l’agence du bassin hydraulique a été créée
par décret exécutif n° 96-283 du 26/08/96. Elle englobe 17 wilayas
(Adrar, Béchar, Biskra, El-Oued, Ghardaïa, Illizi, Ouargla, Tamanrasset,
Tindouf, Laghouat, Djelfa, Batna, Tébessa, El-Bayadh, M’sila, Khenchela
et Naâma). Les missions du comité du bassin visent à débattre et à
formuler un avis sur toutes les questions liées à l’eau, la répartition
de la ressource en eau, les actions à envisager pour la préservation de
la ressource en eau. Il est à noter que l’agriculture en zone aride
constitue la principale source de revenus et un moyen de fixation des
populations.
El-Hachemi S.
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