jeudi 16 juillet 2009
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Actualités : La thèse du «qui-tue-qui ?»

Ali Benhadjar a été le premier, dès le 4 avril 1996, soit une semaine après l’enlèvement des moines, à diffuser un communiqué pour le dénoncer. Il est également le premier à avoir fait allusion, dans le même document, à «une impression de complicité entre les auteurs de cette opération et les services de renseignements».
Cherchant à dégager sa responsabilité du malheur qui frappait les moines, il venait en fait de signer l’acte de naissance du criminel feuilleton du «qui-tue-qui ?» où allaient s’engouffrer les félons de tous bords et les intégristes les plus fanatiques, relayés par des médias et des groupes de pression à l’étranger. Tout l’«argumentaire» de ces milieux repose sur deux points : d’une part semer le doute sur l’authenticité des communiqués du GIA pour en rendre responsables les forces de sécurité et d’autre part multiplier les «témoignages» pour faire de Djamel Zitouni d’une manière ou une autre un «agent» infiltré dans l’organisation terroriste. Concernant le premier argument, il existe au moins deux auteurs aux préoccupations totalement opposées, de deux bords à l’antipode l’un de l’autre, mais qui sont arrivés à la même conclusion, mettant sérieusement en doute la thèses des «faux communiqués». Surtout ceux qui paraissaient dans El-Ansar à Londres. Le premier est le Belge Alain Grignard, spécialiste du terrorisme et en même temps policier. Dans une étude (disponible sur Internet) consacrée à la «littérature» du GIA, il écrit : «Il fallut également vérifier dans quelle mesure ces communiqués pouvaient être considérés comme authentiques, c’est-à-dire émanant bien des instances signataires. » Et après avoir expliqué comment il a pu les vérifier, il conclut que les documents pouvaient être «considérés comme émanant vraiment du GIA». Le deuxième est le Syrien Omar Abdelhakim dit Abou Mos’âb Es-Souri, l’un des idéologues du GIA qui, à partir de Londres, écrit dans son livre «Témoignage sur» (son) expérience avec le djihad en Algérie (disponible sur Internet) : «J’ai commencé à enquêter sur le parcours du GIA depuis l’arrivée de Djamel Zitouni. J’ai analysé tous les communiqués diffusés durant sa période et comment ils parvenaient à El-Ansar. J’ai bénéficié d’informations que m’ont réunies les frères du groupe de Mohamed Saïd (entendre les djaz’aristes, ndlr) […] Tout ce dont je disposais comme éléments étaient des extrapolations et non des preuves palpables.» Reste maintenant la thèse qui voudrait faire de Djamel Zitouni un «agent» et qui a été surtout développée par des militaires félons déserteurs. Pour autant qu’ils aient concentré leurs efforts pour la faire valoir, ils ne sont jamais parvenus à accorder leurs violons et parler d’une même voix, comme s’ils ne parlaient pas du même Djamel Zitouni. Ainsi, dans l’émission «90 minutes», en novembre 2002, celui présenté sous le nom de capitaine Hocine Ouguenoune affirme que «Djamel Zitouni a été recruté dans un camp au Sahara, où les islamistes avaient été envoyés. Il a été surpris dans des conditions très gênantes, relevant de mœurs homosexuelles. Le chef de la sécurité du centre lui a dit : soit tu travailles avec nous, soit on te balance au niveau du camp de concentration.» Un autre officier, s’affichant sous le nom de colonel Ali, qualifie Zitouni, dans cette même émission, d’«islamiste convaincu». Un autre «déserteur exilé», Abdelkader Tigha, n’a pas été de cet avis, dans une interview à RFI et ensuite à Libération. Il est convaincu puisqu’il y était : «Il faut savoir que les GIA en Algérie, entre 1994 et 1996, étaient totalement entre les mains de la Sécurité militaire. Il y avait une manipulation sophistiquée de l’émir du GIA Djamel Zitouni, et cette manipulation est allée trop loin. […] A l’époque, j’étais en fonction au CTRI de Blida, et c’est là que Zitouni a été approché et recruté […]». A les suivre, le quidam ne sait plus si Zitouni a été un «homosexuel» ou un islamiste convaincu» et s’il a été «recruté au Sahara en 1992» ou à Blida «entre 1994 et 1996». Comme s’il voulait renvoyer tout ce beau monde dos à dos, cet autre déserteur, le capitaine Haroun, nom qu’il donne au journal Confluence Méditerranée, est plutôt réservé. Il ne parle pas de «recrutement» de Zitouni mais souligne que «son bras droit», présenté sous le nom de lieutenant Mustapha, était un «lieutenant des services de renseignements ». Ali Benhadjar le dément dans El-Hayat en 2004: «Lorsqu’on parle de Zitouni, on sait qu’il est connu et que ce n’est pas l’homme des services de renseignements».
M. I.

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