mardi 21 septembre 2010
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Actualités : AÏN-EL-HAMMAM
Le procès des non-jeûneurs s’ouvre aujourd’hui


La mobilisation suscitée par l’interpellation puis l’inculpation des deux citoyens d’Aïn-El- Hammam pour atteinte à l’un des préceptes de l’Islam ne faiblit pas. Né à travers les réseaux sociaux, l’élan de solidarité à l’égard des deux prévenus se traduira par une mobilisation sur le terrain avec le rassemblement aujourd’hui devant le tribunal d’Aïn-El-Hammam, où se tiendra leur procès.
Un procès peu banal et atypique qui remet dans le débat public la problématique du respect des libertés individuelles et de conscience garanties par la Constitution algérienne. Dans une déclaration rendue publique, le collectif SOS Liberté parle «d’une nouvelle escalade de l’intolérance religieuse sous couverture officielle (qui) survient dans un climat politique délétère». Le collectif dénonce l’instrumentalisation de deux institutions républicaines, la justice et la police, et leur enrôlement au service «d’une idéologie liberticide ». Cette démarche répond «à des considérations occultes dont il reste à percer le secret» et constitue «une régression qui viole la liberté de conscience garantie par la Constitution et les pactes internationaux ratifiés par l’Algérie», s’inquiète le collectif SOS Liberté, qui exige que la justice prononce la relaxe pour tous les inculpés pour délit de conscience, «le seul verdict moralement et juridiquement acceptable». La maison des droits de l’homme et du citoyen de Tizi-Ouzou, affiliée à la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, qui joint sa voix au concert de protestations contre ce qui est considéré comme une montée de l’intolérance et un déni des libertés individuelles sous couvert de la loi, voit justement dans le procès qui se tient aujourd’hui au tribunal d’Aïn El-Hammam, «une théocratisation rampante de la justice» dans notre pays. Il y a, selon M. About Arezki, qui s’exprime au nom de la LADDH, «un caractère schizophrène qui consiste à afficher la déclaration des droits de l’homme dans les commissariats et à requérir les parquetiers de la République contre des citoyens pour non-soumission au monothéisme religieux». Rappelons que le procès des nommés H. H. 44 ans, et S. F., 34 ans, des ouvriers d’un chantier en construction, comparaissant aujourd’hui pour non-observance du jeûne, fait suite à leur arrestation, le 12 août dernier, par des policiers qui les ont surpris en train de boire de l’eau sur les lieux mêmes de leur travail, c'est-à-dire dans l’enceinte d’un immeuble privé en construction. Ils ont été immédiatement présentés devant le procureur de la République du tribunal d’Aïn El Hammam, qui les a inculpés pour atteinte à un précepte de l’Islam. Leur procès, qui devait se tenir à l’époque des faits, c'est-à-dire durant le mois de Ramadan, a été renvoyé aujourd’hui. Des cas similaires ont été enregistrés un peu partout à travers le pays, notamment à Tébessa et Béjaïa.
S. Aït Mébarek

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