Jeudi 12 Janvier 2012
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Fausses peurs et vrai foutage de gueule !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Le changement à la tête du gouvernement se précise. Ouyahia
serait appelé à d’autres fonctions.

Ambassadeur en Turquie ?

Là, j’avoue, je suis intrigué. Intrigué par cette soudaine et terrifiante peur exprimée par Daho Ould Kablia face à l’éventualité d’une abstention massive aux prochaines législatives. Comment est-ce possible ? D’où le ministre des gaz lacrymos qui pleuvent sur Laghouat a-t-il puisé ce sentiment de peur de l’abstention ? Je me creuse les méninges comme d’autres — les pontes du régime — creusent le déficit de la Sécu en se faisant prendre en charge pour soins à l’étranger et je n’ai toujours pas d’explication à cette peur panique que Daho dit ressentir face au risque d’abstention en mai prochain. Pas de réponse, mais des questions. Des questions à profusion. Où sont passés les bus ? Comment ça, quels bus ? Mais les bus, bon Dieu ! Les bus des rendez-vous électoraux. Les bus des meetings décrétés populaires. Ceux qui raflaient par fournées pleines des électrices et des électeurs de leurs campagnes et villes, et les déversaient dans les centres de vote, la mine joviale, le pas alerte et la main prête à dégainer le bulletin de l’isoloir et à le glisser triomphalement dans l’urne ? Où sont passés les caméras de l’ENTV sillonnant tout le pays, se pointant à cinq heures du matin devant les écoles et jurant qu’à cette heure-là, trois heures avant l’ouverture du scrutin, le taux de participation était déjà de 60% ? Où sont passées ces foules énooooooormes qui poussaient comme un seul homme le portail rachitique d’un primaire, jusqu’à en dessouder les gonds, qui couraient comme des dératés vers les classes, certains perdant leurs sandales dans la cavalcade, mais n’en arrêtant pas pour autant leur sprint de peur de ne pas figurer dans le JT de la mi-journée ou dans les envois ponctuels faits toutes les dix minutes par des reporters en extase face à ce déferlement patriotique ? Où sont passés ces mères et pères de famille qui affirmaient à deux centimètres de l’objectif de la caméra, nous donnant à voir sous tous les angles leurs furoncles et leurs taches brunes, qu’ils «n’auraient loupé ce grand jour pour rien au monde» ? Ya Daho Khouya ! Tout cela ne s’est quand même pas évaporé d’un coup, subitement, tout à coup, subrepticement en veux-tu-en-voilà ? Je suis sûr que ta peur de l’abstention n’est pas vraiment justifiée. Tu n’as pas été suffisamment… renseigné. Ce qui, je le conçois, est un comble pour le chef de la police. Du calme, mon Daho, du calme ! Appelle le chef de parc du régime. Lui doit savoir dans quel garage secret sont stationnés les fameux bus. Téléphone aux directeurs de la culture dans chaque région, et ils te diront eux aussi où sont entreposés tous les Ghaïta-Band du système, ceux qui, au coup de baguette magique, iront animer comme de beaux diables les places publiques. Allons ! Allons ! Mon Daho. Je ne peux pas croire qu’un grand garçon comme toi qui a mis tant de fois à mal et à terre l’abstention en ait soudain peur aujourd’hui. Non ! Je ne peux définitivement pas le croire. Je me refuse à le croire. Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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