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Gestion de l'oxygène médical, mobilisation des hôtels Enfin un plan B ?

Publié par Nawal Imès
le 22.07.2021 , 11h00
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L’affolante ascension des contaminations au Covid-19 met le système de santé en difficulté. La pression  dans certaines wilayas est à son plus haut niveau avec une forte demande sur les lits d’hospitalisation mais surtout en oxygène médical. Le personnel de santé multiplie les appels à des actions concrètes pour desserrer l’étau sur les hôpitaux. Le ministre de la Santé réunissait hier pour la troisième fois les DSP. Le Pr Benbouzid appelle à la mobilisation des hôtels pour recevoir les malades, mais également à celle des opérateurs privés pour tenter de réduire la tension sur l’oxygène. Une cellule est installée au niveau de chaque wilaya pour s’occuper de  la gestion de l’oxygène médical.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Les échos émanant des structures de santé sont loin d’être rassurants : l’afflux des personnes contaminées au Covid-19 et nécessitant non seulement une hospitalisation mais surtout une assistance respiratoire ne s’arrête plus. Le personnel de santé multiplie les appels afin que des solutions soient vite trouvées. 
Hier, le ministre de la Santé réunissait une fois de plus les directeurs de la santé pour faire le point sur la situation épidémiologique mais surtout tenter de trouver au plus vite les solutions permettant d’augmenter les capacités d’accueil des hôpitaux mais surtout de régler le problème de disponibilité de l’oxygène. Des pistes ont été dégagées. Pour le problème de saturation, il a été décidé de passer au plan B qui consiste à mobiliser les structures extra-hospitalières, notamment les hôtels. 
Le ministre de la Santé a d’ailleurs fait savoir que l’armée avait déjà mis à disposition de son secteur un hôtel d’une capacité de 120 lits à Ben Aknoun, il pourra recevoir les malades nécessitant 10 litres d’oxygène. Pour faire face à la crise de l’oxygène médical, il a été décidé de mettre en place une cellule au niveau de chaque DSP chargée de coordonner la gestion de l’oxygène médical. Les opérateurs privés sont appelés également à participer à l’approvisionnement des structures de santé tandis que le ministre de la Santé affirmait qu’une opération d’importation de concentrateurs depuis la France, la Turquie et la Chine  était envisagée. Sur le terrain, plusieurs structures de santé sont confrontées à des perturbations dans la distribution de l’oxygène. C’est le cas au niveau du CHU Mustapha-Pacha. Son directeur des activités médicales et paramédicales, le Pr Rachid Belhadj, assure que « nous sommes en train de vivre une situation très inquiétante : tous nos paramètres sont en hausse. Le danger réel, ce sont les fortes perturbations en distribution d’oxygène. Nous avons une capacité de 8 000 litres alors que la demande de consommation a atteint les 15 000 litres par jour ». Il ne s’agit là que d’un exemple puisque ce scénario est vécu par la quasi-totalité des structures de santé où les cas de contamination au Covid-19 explosent. 
Mardi dernier, le ministre de l’Industrie pharmaceutique affirmait que très souvent, l’indisponibilité de l’oxygène médical était  due plus à des problèmes de gestion que de disponibilité. Il assure que des efforts considérables ont été faits puisque la production de l’oxygène est passée de 120  000  litres par jour à 450 000 litres pouvant même  atteindre les 500 000 litres par jour dans un contexte marqué par une forte progression de l’épidémie. 
Dans son dernier bulletin consacré à la situation épidémiologique, l’Institut national de santé publique affirmait que « l’Algérie enregistre son troisième épisode épidémique majeur avec un nombre de cas qui double ou triple d’une semaine à l’autre pour certaines wilayas. Si toutes les régions sont touchées, le Centre et l’Est sont au-devant de la scène. Le nombre de patients hospitalisés dans une structure de santé pour Covid-19 a désormais dépassé les 5 000 cas. Au cours de la dernière semaine, on note une hausse de plus de 25% du nombre de patients hospitalisés et de patients en USI ». 
Hier, le dernier bilan faisait état de 1 221 nouvelles contaminations et 15 décès. La veille, 23 personnes avaient trouvé la mort des suites de leur contamination au Covid-19. L’Algérie avait atteint le 9 avril 2020 un record journalier avec pas moins de 30 morts en une seule journée….

L’appel du collectif des professeurs en sciences médicales
Le collectif des professeurs en sciences médicales a lancé un appel tant aux citoyens qu’aux pouvoirs publics. Aux premiers, le collectif de faire preuve de « responsabilité » estimant que « maintenant que le vaccin est enfin disponible, ils ont pour devoir, envers leurs proches d’abord et pour eux-mêmes, de se faire vacciner le plus rapidement possible ». Ils expliquent en effet que « plus nous serons nombreux à être vaccinés, plus vite notre pays pourra reprendre une vie normale, car nous vivons aujourd’hui une vague de ‘’pandémie des non-vaccinés’’. Ceux qui sont vaccinés, même contaminés, échappent aux formes graves, à l’hospitalisation et à la mort. Ceux qui ne le sont pas, ont peu de chance d’y échapper. Le virus les rattrapera, un jour ou l’autre, à l’occasion d’une autre vague ». 
Le collectif affirme que « nous n’avons le choix que du vaccin et du respect strict de toutes les mesures barrières ». Ce même collectif appelle « tous les citoyens à suspendre toute marche et regroupement à risque, notamment les marches du vendredi, à partir de cette semaine, et ce, jusqu’à ce que cette vague soit maîtrisée » en raison de la sévérité du virus actuel, variant Delta qui, disent-ils, « se propage à une vitesse jamais observée, provoquant une pandémie incontrôlable, contaminant et semant la mort sur son passage, partout dans le monde, sauf dans les pays ayant bénéficié très tôt d’une bonne couverture vaccinale ». Faute de vaccination, prédit le collectif, « il faut nous attendre à vivre de mauvais moments et une saturation de nos hôpitaux telle qu’elle n’a jamais été observée ». 
Aux pouvoirs publics, le même collectif de « libérer tous les prisonniers, détenus d’opinion, sans conditions, dans les meilleurs délais. Les maintenir en prison dans les conditions carcérales que l’on connaît, idéales pour une prolifération et propagation mortifère du virus, avec la promiscuité, l’insalubrité et l’absence de toute vaccination, c’est les exposer à une mort certaine pour un bon nombre d’entre eux ».
N. I.

 

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