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Patients covid Le ministère alerte sur les séquelles psychologiques

Publié par Salima Akkouche
le 20.10.2021 , 11h00
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Selon les chiffres du ministère de la Santé, plus de deux tiers des patients ayant séjourné en réanimation et ayant frôlé la mort, suite à une atteinte du Covid-19, développent des symptômes de stress post-traumatiques. Pire, selon le constat de ce département, ces patients présentent plus de risques à développer un trouble anxieux ou dépressif. Le docteur Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, précise que «plus on fait des formes graves de la maladie plus les conséquences sont importantes».
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le ministère de la Santé insiste sur l’accompagnement psychologique des personnes atteintes du Covid-19. Car oui, les personnes contaminées n’en sortent pas indemnes psychologiquement.
Selon les chiffres de la direction générale des services de santé du ministère de la Santé, plus de deux tiers des personnes ayant séjourné en réanimation et ayant frôlé la mort, suite à une atteinte du Covid-19, développent des symptômes de stress post traumatiques.
Dans une instruction adressée aux chefs d’établissement hospitalier, la direction des services de santé qualifie cette maladie de «traumatisme». « Il est maintenant reconnu que les sujets ayant été atteints du Covid-19 soient confrontés à des séquelles organiques, mais aussi divers déficits fonctionnels et/ou des symptômes psychologiques persistants parfois inexplicables pouvant compromettre l’insertion sociale et professionnelle », souligne le professeur Lyes Rahal dans son instruction, en précisant que ces sujets souffrent des mêmes troubles que les personnes n’ayant pas été touchés par la maladie, mais souvent, ils sont faibles, car fragilisés par l’infection.
D’ailleurs, avertit le professeur, ces personnes présentent plus de risques à développer un trouble anxieux ou dépressif. C’est pourquoi, dit-il, « afin d’améliorer la prise en charge des patients atteints du Covid, et en post-Covid, une couverture en matière d’accompagnement psychologique est nécessaire non seulement pour les malades mais également pour leurs familles ».
Le docteur Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik alerte, encore une fois, et dit qu’il ne faut pas prendre cette maladie à la légère. Il a rappelé que lorsqu’on fait un Covid, même modéré, on garde des séquelles comme la fatigue, des problèmes cognitifs ou des problèmes de mémoire pendant des mois. Et bien sûr, dit-il, plus on fait des formes sévères de la maladie plus les conséquences sont importantes. « Lorsqu’on fait une forme modérée à grave du Covid, il y a des complications diverses, le minimum, c’est que le malade garde pendant plusieurs semaines, voire des mois une fatigue importante», explique le docteur Yousfi qui rappelle que des études sont en cours de réalisation justement sur l’évaluation de l’impact du Covid sur les personnes.
L’impact psychologique du Covid sur les patients, dit-il, est certain. « Il y a des dégâts psychologiques certains que nous sommes en train d’évaluer et d’autres qu’on ne pourra apprécier que pendant plusieurs années, parce qu’on a jamais connu, pendant plus d’un siècle, une pandémie aussi importante qui a impacté et qui a mis à genoux tous les systèmes de santé à travers le monde», souligne le docteur Yousfi qui dit que l’impact de cette pandémie va au-delà de l’aspect sanitaire.
S. A.

Entretien avec le professeur Mohamed Nedjari, chef de service psychiatrie à l’hôpital Drid-Hocine :
«On peut subir une dépression après un Covid»

Entretien réalisé par Salima Akkouche
Le Soir d’Algérie : Quel est le lien entre le Covid et les symptômes dépressifs qui apparaissent chez certains patients ?
Mohamed Nedjari :
Les raisons sont multiples. D’abord, il existe des raisons qui sont liées à la maladie elle-même. Nous sommes face à une nouvelle maladie, beaucoup de choses se disent sur elle et nous sommes en train de découvrir ses secrets. Nous nous sommes aperçus qu’il y a plusieurs phases dans cette maladie, la première, c’est celle de l’infection puis, la deuxième, c’est la phase inflammatoire, et nous avons découvert que durant cette phase, le corps commence à sécréter des substances nocives pour la personne elle-même et il se trouve que les substances de cette phase inflammatoire existent dans pas mal de maladies notamment la dépression. Ce partage de l’aspect inflammatoire entre le Covid et la maladie dépressive fait que de nombreux malades atteints du Covid peuvent développer une dépression. Notre lecture, c’est que le Covid est une maladie tellement grave qu’elle met le patient dans une situation difficile pour lui et son entourage, il passe par une situation où il a affronté la mort alors il s’en sort avec une dépression réactionnelle à ce grand facteur de stress qui est la maladie du Covid.

Quels sont les symptômes d’une dépression post-Covid ?
Le symptôme cardinal, c’est une importante tristesse, qui est très intense et profonde et qui va durer dans le temps, soit au-delà de 15 jours, au point où cette tristesse va altérer le fonctionnement quotidien de l’individu. Cette tristesse va s’accompagner aussi d’un ralentissement psychomoteur, et la personne ne pourra plus faire les activités qu’elle faisait auparavant. Dans le Covid, la personne garde l’envie mais elle se sent fatiguée.
Or, dans la dépression, la personne est fatiguée et elle perd l’envie de faire. Le troisième symptôme, c’est l’absence de ressentir le plaisir quel qu’il soit. La personne perd l’appétit, ne se nourrit pas, et il y a aussi l’insomnie.

La dépression post-Covid touche-t-elle uniquement les patients ayant séjourné en réanimation ?
Non, c’est valable pour tous les malades atteints du Covid. On peut subir une dépression après un Covid, que cela ait nécessité une réanimation ou pas. Mais, attention, il faut souligner que ce n’est pas parce que nous avons fait le Covid que nous allons développer systématiquement une dépression. Tout patient ayant fait le Covid ne va pas forcément faire une dépression. Mais ce qu’il faut souligner également, c’est que nous avons détecté des dépressions même chez des patients n’ayant pas d’antécédents.

Le Covid est-il un élément déclencheur ?
On peut considérer le Covid comme étant un facteur de stress. De manière générale, un trouble psychiatrique a besoin de deux conditions. La première est environnementale, qui est souvent le facteur de stress, et la seconde, c’est la prédisposition.
La rencontre de ces deux facteurs fait qu’il y a parfois l’apparition d’un tableau psychiatrique notamment un tableau dépressif chez les malades.

Au bout de combien de temps la personne retrouve sa vie normale et s'en sort-elle indemne ?
Cela dépend des individus et du tableau clinique mais d’une manière générale, avec un bon traitement, on arrive à une amélioration à partir de la fin de la deuxième semaine du traitement. Nous avons des échelles d'évaluation pour asseoir et confirmer le diagnostic. Une fois confirmé, nous entamons un traitement classique de dépression. Ce qui s’améliore en premier sont les facteurs instinctuels : on dort mieux, on mange mieux. Ensuite les facteurs relationnels, on s’enferme moins, on discute mieux avec les gens, après, on commence à avoir le goût aux choses de la vie et la tristesse diminue pour enfin disparaître et tout ça est évaluable à travers des échelles et, en fonction des scores, on peut dire que l’individu va mieux. Eh oui, on peut s’en sortir indemne.
S. A.

 

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