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Élections des commissions des œuvres sociales

Les syndicats de l’éducation dénoncent une «mascarade»

Les élections des commissions de wilaya des œuvres sociales de l’éducation nationale ont été entamées, hier, dans les établissements scolaires des trois paliers. Une fois les commissions de wilaya installées, la voie sera ouverte à l’élection de la commission nationale qui suscite tension et désapprobation de plusieurs syndicats.
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Les œuvres sociales du secteur de l’éducation nationale mobilisent un budget annuel de quelque 10 milliards de dinars. La gestion de ces œuvres fait l’objet d’une tension depuis plusieurs mois. Hier, c’est au niveau des établissements scolaires qui comptent des candidats aux commissions de wilaya que les élections ont eu lieu. Les élus de chaque école vont élire par la suite les membres de ces commissions et ces derniers éliront les membres de la commission nationale.
Les cadres syndicaux ont été exclus de ces élections, suite à la décision des autorités de retirer la gestion de ces œuvres des syndicats pour les confier à des commissions indépendantes. En effet, de 1994 à 2010, c'était l'UGTA qui assumait la gestion du dossier alors que de 2012 à ce jour, ce sont deux syndicats autonomes qui en assurent la gestion, selon des syndicalistes.
Qualifiant l’opération de « mascarade », plusieurs syndicats ont décidé de boycotter les élections d’hier et celles à venir.
« Les lois de la République ne sont pas respectées dans cette opération. Le ministère a transgressé depuis 2011 le décret présidentiel 303/82 et le décret 179/82. Et dernièrement, il n'a pas pris en compte les instructions de l'IGF qui est arrivée à la conclusion que la commission nationale des œuvres sociales n'a aucune base juridique comme le rappelait le Satef depuis 1994 », explique Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef).
Le budget des œuvres sociales suscite également la convoitise de plus d’un, surtout que, accusent des syndicalistes, la gestion n’est pas transparente.
Selon des informations ayant circulé ces derniers temps, pas moins de 27 ex-présidents de commissions de wilaya sont devant la justice pour dilapidation et détournement de ces deniers publics, communs aux travailleurs de l’éducation, toutes catégories confondues. Selon nos sources, cette manne aurait servi des personnes qui n’ont aucun lien avec le secteur. Même des Omra ont été financées par ces fonds !
Boualem Amoura, contacté par nos soins, a indiqué que son syndicat va saisir les autorités compétentes la semaine prochaine « pour annuler cette mascarade ».
De son côté, Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), appelle à la révision des textes régissant le fonctionnement des œuvres sociales.
« Nous ne pouvons pas combattre le gaspillage de l’argent des œuvres sociales en changeant uniquement X par Y. Il faut changer la méthode et les textes de fonctionnement. L’argent des œuvres sociales doit répondre aux besoins sociaux des travailleurs et non servir au tourisme. Celui qui veut faire la Omra, qu’il la finance par lui-même », nous a-t-il dit.
Interrogé sur l’exclusion des cadres des syndicats des élections, Boualem Amoura crie à la « ségrégation », affirmant qu’exclure un fonctionnaire « est anticonstitutionnel».
« Il n'y a aucune loi qui interdit à un responsable syndical de se porter candidat. C’est un autre dépassement de la part des services du ministère de l’Éducation nationale. Mais l’exclusion des responsables des syndicats n’est pas suffisante pour garantir l’indépendance des commissions, puisque les adhérents de la base ont le droit de participer aux élections. »
Meziane Meriane estime qu’un candidat indépendant a moins de chance de l’emporter face aux adhérents des syndicats qui bénéficieront de l’appui de ces organisations. Du moins pour celles qui ne boycottent pas l’opération.
K. A.