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Drones marocains Nouvelle arme de terrorisme d’État

Publié par Tarek Hafid
le 04.12.2021 , 11h00
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Dans la guerre au Sahara Occidental, l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) est confrontée aux drones acquis par l’armée marocaine. Un élément qui confère un certain avantage au Maroc mais qui ne lui permettra pas, pour autant, de gagner ce second conflit. Pour l’heure, ces drones ciblent essentiellement des populations civiles dans les territoires libérés.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - L’usage des drones par l’armée marocaine vire au terrorisme d’État. Des avions sans pilote ont de nouveau été utilisés contre des civils dans les territoires libérés du Sahara Occidental.
Des sources médiatiques sahraouies ont annoncé la mort d’un adolescent dans la région d’Aguinit. Cette attaque intervient après l’assassinat, dimanche 14 novembre, de 12 civils sahraouis et mauritaniens dans la localité de Mijek et le raid qui a coûté la vie à 3 routiers algériens à Bir Lahlou, le 1er novembre.
Officiellement, la seule attaque de drone contre des militaires sahraouis date du mois d’avril et avait coûté la vie à Dah El Bendir, le commandant de la gendarmerie. L’usage des drones s’est intensifié ces derniers mois, depuis la réception par l’armée marocaine d’une douzaine de drones d’attaque Bayraktar TB-2 de fabrication turque.
Les restes de missiles MAM trouvés à Bir Lahlou prouvent que c’est bien ce type d’appareil qui est impliqué dans l’assassinat des camionneurs algériens.

Efficacité opérationnelle faible
Concrètement, les drones conférent-ils un avantage à l’armée marocaine dans ce conflit ? Un militaire à la retraite assure que oui mais cet avantage reste relatif. « L’avantage ne concerne pas spécialement l’équipement en question mais plutôt la configuration du terrain désertique qui oblige les combattants sahraouis à évoluer à découvert. Ce qui compte pour l’armée du Front Polisario, c’est de faire évoluer ses troupes au sol par rapport à cette menace. Les Sahraouis doivent agir en dehors du rayon d’action du drone», indique cet expert qui a requis l’anonymat.
Selon lui, les drones ont avant tout « un impact de terreur et médiatique plutôt qu’un impact d’efficacité opérationnelle ». «Il est évident que ce ne sont pas les drones qui vont empêcher l’armée sahraouie de porter des frappes aux troupes marocaines. Le combat au sol reste le plus déterminant. De plus, ce qui s’est produit en Syrie, en Libye et au Yémen prouve que c’est un équipement vulnérable».
Il existe plusieurs moyens de faire face à cette menace. Des équipements que la République arabe sahraouie démocratique peut acquérir, notamment auprès d’États alliés qui ont une industrie militaire avancée comme l’Afrique du Sud.
«Pour être efficaces, il faudrait que les Sahraouis acquièrent des moyens de détection et de neutralisation qui dépassent la portée des missile MAM qui équipent les drones turcs Bayraktar TB-2. Ils peuvent également brouiller les ondes des drones ou encore aveugler les systèmes de visées avec des lasers », explique notre source. Certains systèmes permettent également de détecter la position de l’opérateur et de le neutraliser.

Renfort israélien
L’apport de l’industrie militaire israélienne, suite à l’accord de défense signé entre Rabat et Tel-Aviv, aura-t-il un effet sur le terrain avec l’entrée en action de drones d’attaque plus puissants que les Bayraktar TB-2 ? La presse marocaine avait annoncé récemment l’acquisition de 4 drones Hermes 900 auprès de la firme israélienne, Elbit Systems. Notre expert se montre sceptique. «Ces appareils, quelles que soient leur puissance et leur portée, ne permettent pas de gagner une guerre. Soyons réalistes, il faudrait au Maroc une flotte très importante de drones pour couvrir les 2700 kilomètres du mur de séparation et l’ensemble du territoire du Sahara Occidental. Et une telle flotte nécessiterait des fonds très importants que le Maroc ne peut engager.»
T. H.

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