Actualités / Actualités

CANDIDATS PARRAINÉS PAR DES PARTIS

Une contrainte plus qu’un choix

Caractéristique des élections législatives anticipées du 12 juin prochain, le phénomène de parrainage des candidats indépendants par les partis dans une opération «donnant-donnant» avec, ceci dit, son lot de risques de «recyclage» pour bien de «militants» en mal de positionnement dans leur parti.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Il a été constaté lors de précédentes opérations électorales, qu’elles soient législatives ou locales, mais il risque, cette fois-ci, à l’occasion des élections législatives anticipées du 12 juin prochain, d’enregistrer une expansion inédite. Il s’agit du parrainage des candidatures indépendantes par les partis politiques dans une opération qui semble arranger les deux parties.
Et ce n’est certainement pas le mouvement El Binaa qui viendra contredire cette réalité. Son président a soutenu, dimanche, que le mouvement islamiste sera présent dans l’ensemble des circonscriptions électorales. Une véritable prouesse pour un parti qui est loin de ressembler à la maison-mère de ses fondateurs, à savoir le MSP en termes de consistance organique.
Et Abdelkader Bengrina a levé le voile sur le secret de cette «performance», puisque le second à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, a avoué que 80% des candidats que présentera le parti au rendez-vous du 12 juin prochain n’ont pas de lien organique avec son mouvement. Autrement dit, des candidats qui ne sont pas des militants du parti, dont, a-t-il précisé, des officiers supérieurs à la retraite, des artistes, des journalistes… Une démarche qu’une source proche du parti expliquait, hier, par le souci de «s’ouvrir à l’ensemble des Algériens pour peu que ces candidats s’inscrivent dans la solution constitutionnelle à la crise du pays».
Et si cette ouverture était liée à une incapacité organique du parti à faire face à ce que requiert ce scrutin comme candidats ? Notre source l’avoue à demi-mot quand elle affirme «qu’aucun parti, hormis le duo FLN-RND, n’est capable de couvrir l’ensemble des circonscriptions électorales du pays».
Pour un cadre d’un autre parti ayant recouru à la même démarche de parrainage de candidats indépendants, mais dans une proportion beaucoup moindre, celle-ci est dictée plus par une contrainte organique que par un choix. «L’opération de collecte des parrainages des électeurs qu’exige la loi électorale, aussi bien pour les postulants à titre indépendant, que pour les partis, n’est pas une partie de plaisir, surtout de par l’hostilité ambiante à l’égard de tout ce qui a trait aux élections», explique-t-il. Ceci sans compter les autres conditions contraignantes qu’impose la nouvelle loi électorale en matière de parité hommes-femmes, les taux de présence sur les listes électorales des jeunes et d’universitaires, etc. Ce qui explique, ajoute-t-il, «l’expansion de ce deal entre les partis et les indépendants» qui constitue une aubaine pour ceux, parmi notamment les cadres de partis «honnis par la rue» de «se recycler ailleurs» en migrant «temporairement» vers d’autres chapelles partisanes «moins rejetées».
Cela dit, chez Jil Jadid, dont la décision finale à l’égard des élections législatives du 12 juin prochain sera arrêtée samedi prochain à l’occasion d’une session extraordinaire de son conseil national, l’ouverture des listes du parti aux non-militants ne se fera qu’à titre «exceptionnel». C’est ce que nous apprenions, hier, auprès de Habib Brahmia, cadre dirigeant de ce parti créé en 2012.
Pour notre interlocuteur, «la priorité dans la candidature sera accordée à nos militants si, bien entendu, le mot d’ordre de participation est retenu par notre conseil national. Mais, il se pourrait que l’on décide d’ouvrir nos listes à des acteurs de la société civile et du mouvement populaire du 22 février, surtout que notre souci est d’insuffler à la future Assemblée populaire nationale un peu d’esprit du Hirak».
Une option loin d’être dictée par un quelconque souci organique, précise Brahmia qui assure que le parti est «bien structuré au niveau d’une quarantaine de wilayas et qu’il n’a pas de problème en matière de profil des candidats, puisque regorgeant de jeunes cadres des deux sexes et d’universitaires».
Ceci même si, conclut-il, «le parti pourrait se suffire d’une participation dans un nombre précis de circonscriptions électorales, l’opération de collecte des parrainages des électeurs arrivant à sa fin».
M. K.