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Maison de la presse Le symbole de la liberté d’expression

Publié par Belkacem Bellil
le 29.08.2020 , 11h00
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Parallèlement au lancement de la presse indépendante et dans le cadre des mesures d’aide et d’encouragement en faveur des collectifs désireux de créer leur propre titre, le gouvernement de Hamrouche avait décidé d’affecter un site près de la place du 1er-mai à Alger pour accueillir les nouveaux projets.
 Ce lieu symbolique, précédemment occupé par des services du ministère de l’Enseignement supérieur, prendra le nom de Maison de la presse. Dès le début de l’été 1990, une équipe technique, dirigée à l’époque par
M. Boukli, architecte et sous-directeur des réalisations au ministère de l’Information et de la Culture, était à pied d’œuvre pour revoir de fond en comble l’organisation et l’aménagement des lieux.
Des locaux qui ont déjà abrité par le passé une kyrielle d’institutions avec, à chaque fois, une redistribution des espaces et un réaménagement spécifique. Dans une déclaration au Soir, Boukli affirmait : «La Maison de la presse est un concept inédit en Algérie et ma mission est de coordonner et de suivre les différents travaux afin que chaque organe puisse bénéficier d’aménagements qui permettent de s’installer rapidement et d’être opérationnel.» Il rappellera aussi la volonté des pouvoirs publics et les moyens engagés pour réaliser au mieux ce futur haut lieu de la liberté d’expression. Dans sa première configuration et au terme des travaux qui y étaient exécutés, la Maison de la presse était destinée à accueillir quatre quotidiens seulement. Le site de la place du 1er-Mai était constitué d’un bâtiment central entouré de plusieurs structures en préfabriqué.
Premier arrivé sur les lieux, Le Soir d’Algérie avait l’embarras du choix. Ses fondateurs ont opté pour un pavillon excentrique ayant une façade longeant la rue Hassiba-Ben-Bouali. Ce choix, certes judicieux pour une relative autonomie par rapport au reste des bâtiments, s’est révélé, hélas, dramatique avec l’attentat à la voiture piégée du 11 février 1996 qui a entièrement détruit les locaux du journal et provoqué la mort de 26 personnes dont trois journalistes du Soir. Et dès le début de l’année 1991, un autre chantier a été lancé pour l’aménagement et la préparation d’autres structures et permettre ainsi à d’autres nouveaux titres de s’y installer correctement. Aujourd’hui, plus de 100 titres y sont domiciliés, dont 30 quotidiens, des hebdomadaires, des sociétés de communication et de marketing, des agences audiovisuelles, etc. Elle est devenue, au fil des années, le symbole de la liberté d’expression et le réceptacle de divers mouvements de contestation populaire.
Soulignons que la Maison de la presse du 1er-Mai fut baptisée du nom de Tahar Djaout, premier martyr de la corporation, assassiné le 26 mai 1993.
B. Bellil

Naissance du journal El Khabar
La presse indépendante se renforce

Troisième fleuron de la presse indépendante en cet automne 1990, le quotidien El Khabar a vu le jour, plus précisément le jeudi 1er novembre. En plus de la symbolique de la date, qui correspondait au 36e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération, sa une, ce jour-là, titrait en manchette : «Et si les martyrs reviennent ?!»
C’est dire que dès sa naissance, le premier quotidien indépendant arabophone déclinait une feuille de route clairement inspirée des fondements et des valeurs historiques de l’Algérie.
Lancé dans le cadre de la politique d’ouverture et de réforme du gouvernement Hamrouche, El Khabar a été le produit d’une initiative d’un collectif d’une vingtaine de journalistes issus des différents titres de la presse publique de l’époque. Tout en souscrivant à cette aventure intellectuelle et entrepreneuriale, le journal s’est d’emblée fixé une ligne de conduite basée sur des principes professionnels et d’éthique, à savoir «une information vérifiée et crédible», et une impartialité à l’égard des différentes forces en présence.
Le journal El Khabar, et à l’image des autres quotidiens indépendants, a subi de plein fouet les conséquences des décisions des pouvoirs publics durant la première décennie, avec l’instauration du monopole sur la publicité publique, les suspensions, la censure et avec l’arrivée de Bouteflika une large variété de pressions, d’ordre économique, politique ou autre.
El Khabar a eu, lui aussi, à payer un tribut, pour son engagement patriotique, démocratique et contre l’obscurantisme et la barbarie intégriste, à travers le martyr de son rédacteur en chef et membre fondateur, Omar Ourtilane. Il a été assassiné aux premières lueurs de la journée du 3 octobre 1995 sur le chemin qui le menait, comme chaque matin, à son journal.
 Il venait d’emménager dans le quartier populaire de Belouizdad, à quelques encablures de la maison de la presse Tahar-Djaout et était loin de se douter que, déjà, ses mouvements et ses habitudes étaient étroitement épiés.
Aujourd’hui, El Khabar est un groupe avec des filiales pour la publicité, la diffusion et en association avec El Watan pour l’impression. Et pour faire face à la numérisation rampante, qui menace sérieusement la presse écrite d’une manière générale, le journal s’est lourdement investi dans une version web d’information en continu qui connaît une évolution régulière de ses audiences.
Après avoir élu domicile à ses débuts, à la Maison de la presse du 1er-Mai, El Khabar avait, quelques années plus tard, déménagé vers son nouveau siège dans le quartier de Hydra, sur les hauteurs de la capitale.
B. B.

Des unes et des évènements
Année 1995
Un véritable plébiscite pour Zeroual

Comme prévu, M. Liamine Zeroual remporte largement les premières élections présidentielles pluralistes. La victoire du candidat du pouvoir ne souffre aucune contestation. Pour la première fois dans un pays arabe, un président est porté au pouvoir par une majorité d’électeurs. L’ampleur de la victoire et le nombre important des votants constituent un véritable plébiscite pour M. Zeroual. La liesse populaire constatée dans tout le pays, après la proclamation des résultats, constitue la touche finale du choix populaire. Ce faisant, le peuple algérien a démontré magistralement son rejet de l’intégrisme et du fascisme et son approbation pour les positions et l’action antiterroriste entreprises avec détermination par M. Zeroual président de la République.
En se rendant massivement aux urnes, en parlant à visage découvert et en fêtant comme il se doit la victoire de Liamine Zeroual, les Algériens ont procédé à un exorcisme collectif contre la peur et contre la fureur assassine.
Ce ne sont pas les seules incidences de ces premières présidentielles pluralistes. Le pouvoir sortant, qui souffrait d’un déficit chronique en matière de communication, avait indéniablement une mauvaise image de marque, tant dans le pays qu’à l’extérieur.

Album du Soir


Dès son lancement, Le Soir d’Algérie a participé à une multitude d’opérations de sponsoring visant essentiellement la promotion de disciplines sportives, telles que le football avec la participation de Madjer, Bensaoula, Bentalaâ ; le cyclisme, l’équitation et le sport automobile lors de la participation du pilote professionnel, Boussahra au rallye Paris-Dakar de 1991.

 

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