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Ce monde qui bouge

Rachad, l’APN et… Belmadi

Publié par Hassan Zerrouky
le 25.03.2021 , 11h00
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Premier point : Faut-il diaboliser Rachad et lui donner un poids qu’il n’a sans doute pas au sein d’un Hirak qui ne saurait être réduit à un seul courant ? Ce mouvement d’obédience islamiste, dirigé par des personnalités clivantes — Mourad Dhina et Larbi Zitout — est suspecté de disposer d’un agenda caché. 
À l’instar des autres composantes de la mouvance islamiste, Rachad était plutôt discret au tout début du Hirak où «Algérie libre et démocratique» était le slogan dominant. Au printemps 2019, époque des méga-marches, avançant de façon prudente, Rachad est parvenu  à se faire une place au sein du mouvement populaire en se délestant des mauvaises étiquettes — islamiste, produit de l’ex-FIS… — un peu sur le modèle de son mentor l’AKP de Tayyip Erdogan, qui a pris ses distances avec Necmettin Erbakan : l’AKP se définit comme islamo-conservateur plutôt qu’islamiste. Rachad est sur cette ligne et dans la séduction, tout le contraire de l’ex-FIS qui affichait, sans prendre de gants, la volonté de mettre fin à la démocratie et au multipartisme au nom de la primauté du religieux sur le politique. 
Pour l’heure, cette stratégie lisse a si bien réussi à Rachad, dont le but est de fédérer sous sa bannière les déçus de l’islam politique et les couches sociales conservatrices, qu’il a fini par s’imposer et imposer sa marque sur le Hirak, via certains slogans apparus depuis février 2021 et qui, de mon point de vue, divisent plus qu’ils n’unissent le mouvement populaire. 
Avant de fermer la parenthèse Rachad, il y a trois points que ce mouvement qui parle de démocratie et de libertés – pas toutes, loin s’en faut — n’évoque pas : la liberté de conscience, l’abolition du code de la famille et la séparation du religieux et du politique. Sur ces trois points, le mouvement de Mourad Dhina est à quelques nuances près sur la même ligne que le pouvoir politique qu’il prétend combattre. Et bien qu’il cible l’armée mais pas toute l’armée, rien ne permet de penser que Rachad écarte toute solution avec le pouvoir actuel ! Au détriment de qui ? On verra… 
Second point. Verra-t-on une APN sans opposants le soir du 12 juin prochain ? Tous les partis qui vont participer et qui ont tous en commun d’avoir soutenu le 5e mandat plébiscitent la feuille de route déclinée par le pouvoir politique. Ce qui fait que le 12 juin, la nouvelle APN ressemblera peu ou prou à l’ancienne, mais selon toute probabilité sans l’opposition démocrate. Si cela se confirmait, on aurait ainsi une APN monolithique, dont les composantes vont rivaliser de zèle envers le pouvoir politique. 
Troisième point, cette campagne déstabilisatrice contre Djamel Belmadi. Sa gestion de l’équipe nationale de football, ses choix tactiques et le fait de mettre ses joueurs à l’abri de la pression médiatique, son franc-parler et son refus que l’on interfère dans la composition de l’équipe nationale ne plaisent pas. Des spécialistes locaux du ballon rond l’ont vertement critiqué pour avoir remis en selle Slimani quand d’autres ont tenté de lui imposer des joueurs locaux au motif qu’ils sont plus combatifs que les binationaux suspectés d’être moins algériens que les autres ! Les mêmes ont parié sur une élimination prématurée du onze national à la CAN 2019. Non seulement, ils ont eu tout faux mais c’est tout juste s’ils n’ont pas reproché à Belmadi d’avoir remporté la CAN en Égypte, battu ou fait jeu égal avec la Colombie et le Mexique ! 
Comme si cela ne suffisait pas, bien que Belmadi ait refusé publiquement que son nom soit instrumentalisé par les clans qui se disputent la présidence de la FAF, il s’est trouvé des médias et des sites en ligne dont curieusement des sites marocains, pour remettre le couvercle sur la marmite. Ils clament la main sur le cœur que Belmadi va démissionner en signe de solidarité avec Kheireddine Zetchi poussé vers la sortie par les pouvoirs publics ! 
En bref, il faut avoir les reins solides dans ce monde du football algérien caractérisé par  l’instabilité, l’incompétence, la gabegie et les coups bas... Quant à Djamel Belmadi, force est d’admettre qu’il a gagné en popularité plus que tout autre sélectionneur l’ayant précédé à ce poste. Et ça, ça dérange… 
H. Z. 

 

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