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Constances

1- Saïd Djabelkhir ou les vrais enjeux 2- Mourir sous la prison 3- Zeghmati, la voix du citoyen ? 4- Louisa face à sa périphérie

Publié par Slimane Laouari
le 03.04.2021 , 11h00
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La semaine a été pénible. Le procès de Saïd Djabelkhir aura finalement… tenu toutes ses promesses. Il a d’abord été exemplaire dans ce qu’il a donné à voir comme antagonismes. D’un côté, un homme de la connaissance serein, sûr de ses compétences, chevillé à ses convictions de libre penseur, déterminé à les défendre et résolu à ne rien céder à ses pourfendeurs qu’il invite par ailleurs à la confrontation des idées en dehors du tribunal. Et puis de l’autre, un magma sans consistance d’inquisiteurs vociférant, sans consistance et sans cohérence mais tout de même univoque sur l’essentiel. Quant à l’argumentaire, on ne sait plus qui en a donné l’illustration la plus ridicule. Il y avait cet avocat qui croyait que ceci est un argument imparable : les idées de Saïd Djabelkhir sont les mêmes que celles qui ont fait qu’aujourd’hui, la majorité de nos femmes sont en dehors des foyers ! Sans commentaire. Ou alors le plaignant qui… se plaignait que les mêmes idées portaient un gros coup à son moral ! Sans commentaire, aussi. Et enfin, ce que nous a livré l’opinion sur ce procès : sur les questions majeures, sur les grands enjeux, la bataille de l’avenir est loin d’être gagnée. Plus grave, elle tarde dangereusement à être engagée. La semaine a été pénible. Neuf personnes sont mortes dans les sous-sols de la prison de Oued Ghir alors qu’elles effectuaient une opération de nettoyage des fosses septiques. Beaucoup a été dit sur cette prison à sa construction. Son coût faramineux, les indignations sur son utilité dans une région où l’investissement public n’est pas florissant et maintenant une tragédie sans nom. Ce n’est jamais simple de mourir en prison. Dans le meilleur des cas, c’est une négligence grave, dans le pire, un crime abominable. Surtout quand le drame touche aussi bien des prisonniers que des employés pénitentiaires. Atroce.
La semaine a été pénible. Le garde des Sceaux a profité d’une journée d’étude à l’École supérieure de la magistrature portant sur « les techniques de cassation en matière civile et pénale en droit algérien et en droit français » pour faire son discours sur la…« protection de la voix du citoyen » lors des élections anticipées de juin prochain ! Comme son intitulé et son lieu de déroulement l’indiquent, il s’agissait d’une manifestation scientifique. Ou Monsieur Zeghmati était là en tant que juriste, auquel cas il devait s’en tenir à une intervention dans le thème. Ou alors il n’avait rien à faire là-bas. Il y était et il a fait ce qu’il veut, d’accord mais ça donne déjà une idée sur… sa promesse !
Louisa est libre depuis un certain temps. Qu’on ait quelque chose à partager avec elle ou pas, elle a un parcours, un idéal et un style, ce qui fait d’elle une figure du paysage politique national. On peut également penser ce qu’on veut des motivations de son incarcération. Elle est libre, aujourd’hui. Depuis quelques jours, elle fait face à une contestation qui remet au goût du jour les « redressements » de triste mémoire. Une fronde interne, selon ses auteurs. Externe et inspirée ailleurs, selon Louisa qui soutient que les mécontents sont exclus ou démissionnaires du parti. Mais le plus important est sans doute ailleurs. Le PT n’ira pas aux élections de juin. On devine le reste.
S. L.

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