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La nuit du doute, Charlomanti et les Franco-Algériens de Dubaï

C’est demain la nuit du doute. On le sait depuis longtemps mais ce n’est pas interdit de rappeler un événement la veille de son avènement. Au fait, l’événement, c’est le Ramadhan ou la nuit du doute. Laissons chaque chose à sa place et en son temps. Demain, c’est la nuit du doute. C’est d’ailleurs étrange qu’on puisse annoncer longtemps à l’avance le jour de la… nuit du doute et qu’on ne puisse pas annoncer le jour « J ». De toute façon, ce sera mardi ou mercredi. Ce qui est commode dans cette histoire est que les possibilités soient limitées et le suspense court. Une chose est sûre : on va beaucoup s’amuser pendant ce Ramadhan. Eh oui, on ne sait jamais d’où nous vient le bonheur et quand il vient. Alors, il arrive parfois quand on l’attend le moins. Sinon mieux : il débarque au moment où on commence sérieusement à en désespérer. Comme les bonheurs sont souvent pressés de pointer le bout du nez, en voilà déjà un qui entame son… spectacle.  Inauguré par l’imbuvable ministre du Commerce qui pensait tenir la panacée pour… « combattre la spéculation », il n’a pas perdu de temps pour se mettre en scène. L’idée de M. Rezig est de laisser les « marchands ambulants » exercer librement à l’occasion. Et les voilà déjà opérationnels, comme qui dirait, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Un vieux dicton du terroir tourne en dérision ceux qui « devancent l’Aïd d’un jour ». Et nos marchands ambulants sont tellement pressés de se rendre utiles dans la noble et sainte guerre contre la spéculation qu’ils sont déjà opérationnels. Allez aux abords des marchés, parcourez les terrains vagues et tous les autres espaces vitaux et vous comprendrez le sens profond du coup de génie ministériel : tout le monde peut vendre n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand. Inutile de rajouter « à n’importe quel prix », tellement c’est évident. Ça a déjà commencé mais le meilleur, c’est-à-dire le pire, est à venir. Ça se bagarre déjà pour les bouts de trottoirs, ça chauffe avec les marchands réguliers irrités par une concurrence aussi pléthorique que déloyale et ça va certainement chauffer avec d’autres, les sources de spectacles étant parfois imprévisibles. Oui, très imprévisibles, puisque la plantureuse, l’audacieuse, la folle, l’émouvante Ouarda Charlomanti sera à l’écran à l’occasion de ce Ramadhan dans une téléréalité qui va passer sur une chaîne privée algérienne. Wow. Vraiment wow ! Vous imaginez tous les saints et saintes-ni-touche, les coincés et les biologiquement formatés pour crier au scandale face à une dévergondée qui envahit l’écran et fuser dans leur salon à l’instant du thé et des qtayef ? Pas de panique, Ouarda va avoir des fans là où on les attend le moins. Peut-être bien plus qu’ailleurs. En tout cas, c’est un vrai événement. On aime ou on n’aime pas, on peut déjà aimer l’audace des producteurs et des diffuseurs. Merci. Autre téléréalité attendue, celle d’une petite « diaspora » algérienne à Dubai qui va filmer l’histoire ou les histoires d’une réussite ou des réussites. La production est française, les « success boys » en partie français d’origine algérienne mais l’idée va certainement séduire. Le genre de trucs qui marchent toujours, n’est-ce pas ?
S. L.