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Constances

Le Métro d’Alger, sa polyclinique, ses boutiques et son zinc

Publié par Slimane Laouari
le 13.10.2021 , 11h00
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Notre métro national d’Alger est unique. Il… émaille la capitale sur une seule ligne ! Sans dérision. Pour sortir de sous terre - vraiment sans jeu de mots - il a mis 30 ans, des milliards de rallonges budgétaires, d’autres milliards de corruption et encore des milliards de détournements « pour la route », des scandales en quantités industrielles, des dizaines d’inaugurations, des douzaines de coups d’envoi de travaux, de coups de bluff et de coups tordus. Puis, le métro est arrivé, on ne sait pas comment il a fait pour arriver mais il est arrivé. Il marchait plutôt bien, neuf, confortable, bien entretenu… admirable. Les Algériens qui n’ont jamais voyagé n’ont pas encore vu ça de leur vie et ils le découvrent dans leur pays. Emouvant, vraiment touchant. Ils se sont dit que si le métro est si beau, si confortable et surtout si pratique à Alger, on imagine ce que ce doit être dans les grands pays du monde, une magie à vivre ! On pensait que jamais un Algérien ne laissera sa voiture au garage pour prendre un transport public. D’abord parce que les transports publics, ce n’est pas vraiment brillant, pour rester gentil. Ensuite parce que l’Algérien aime frimer. C’est le préjugé numéro combien dans la pub, déjà ? Il ne va pas acheter une caisse pour aller prendre le bus, il ne manquerait plus que ça ! Mais des compatriotes ont abandonné leurs véhicules pour découvrir le bonheur d’un trajet sans bouchon, le bonheur d’un déplacement chronométré et peut-être bien le bonheur… tout court !  De longues années durant, c’était laborieux, frustrant, à des moments désespérant mais il est là maintenant depuis des années. On ne savait pas qu’on allait voir et avoir ça un jour mais on l’a vu, on… l’a eu ! Sans aucune ironie. C’est une ligne, certes, mais une grande ligne, quand même et puis c’est tout ce qu’il y avait dans le « projet », en dehors de quelques « extensions » auxquelles on n’a pas beaucoup pensé, il faut le dire, tellement on était occupés à savourer le bonheur de le savoir là. Puis, il y a eu le Hirak et on a fermé notre métro national d’Alger les vendredis, les mardis et parfois entre les deux, selon les rumeurs, les humeurs et les échos qui parviennent de Kabylie. Ce n’est pas bien de fermer le métro, il n’y a aucune bonne raison de le faire, à moins que… Mais il n’y a pas eu d’« à moins que » à cette période-là. Puis il y en a eu un de très valable. Il paraît qu’on appelle ça la Covid-19, c’est dangereux et parfois mortel. Puis quand notre métro national d’Alger a tardé à « rouvrir » alors qu’il pouvait, on a commencé à s’impatienter, à poser des questions et surtout à formuler des réponses. Il paraît qu’il y avait une histoire de logiciel, de Français partis sans laisser de « mode d’emploi » et bien d’autres trucs et machins pas chouettes du tout. On fait quoi, maintenant que le métro est revenu ? On prend le métro. Il paraît qu’hier on pouvait même s’y vacciner. C’est pour quand les guitares, les accordéons, les petites boutiques, les expos et, si ce n’est pas trop demander, bien sûr, un petit zinc ?
S. L.

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