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Contre poings

Zahir, itinérances...

Publié par Meziane Ourad
le 11.03.2021 , 11h00
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J'ai un tout petit nom. Je m'appelle Zahir Boukhelifa. Je suis ce qu'on nommerait ou qu'on nomme un exilé. Dans une langue : le français.
J'ai quitté ma dechra, il y a trois décennies. 
J'ai parcouru les routes du monde, la planète.
Quelques continents
Aujourd'hui, devenu écrivain et journaliste, j'ai ouvert les yeux sur cet univers que l'école algérienne m'avait caché. 
Lorsque j'ai quitté mon village et l’Algérie, je n'avais rien décidé. J'ai débarqué en Italie en 1999, en prétendu homme d'affaires. Je voulais acheter une raffinerie d'huile. J'avais 25 ans, je maîtrisais le kabyle et le français. J'avais un peu d'anglais scolaire.
Ma première expérience à Rome, c'était tout bête, une tomate mozzarella, sur le lit de tomate on a posé deux petites boules de mozzarella, je les ai prises pour des œufs durs. 
Quand j'ai quitté mon village, Ighzer Amokrane, j'ai tué mon père symboliquement. Je suis parti sur les routes. En 1995, la Kabylie a appelé au boycott scolaire. En ce temps-là, j'ai été arrêté et emprisonné. Une fois libéré, j'ai commencé à naviguer à travers le monde. J'ai découvert le monde. L'Europe, l'Afrique, quelques beaux quartiers de Paris, les plus intéressants, quelques provinces françaises les plus vivantes, notamment le bassin sidérurgique de Lorraine, puis un quartier nodal, la Courneuve. C'est en vivant dans ce quartier que l'envie d'écrire est advenue. J'y ai vécu des histoires humaines  formidables. J'y ai essayé plusieurs métiers, cuisinier, barman, maçon, agent de sécurité...
J'y ai aussi croisé l'amour et l’amitié. 
À la Courneuve, ce quartier généralement décrié, notamment pour la citée des 4 000 logements et pour les deals et pour les violences. Il m'est arrivé de rencontrer des gens énormes : Idir, Fellag, Izri, Djamel Allam, Ferhat, et un certain nombre de penseurs algériens dont Nabil Fares. 
J'ai appris, après avoir fréquenté les caves de la Courneuve, à avoir envie.
Envie d'écrire. Envie d'aimer, je ne me suis pas beaucoup voué aux femmes. J'ai une notion de la famille très vague. Je deviens écrivain aujourd'hui, je viens de publier mon premier roman qui s'intitule Noces de laine, au moment où l'Algérie s'embrase avec le Hirak. Mouvement sur lequel je porte un regard très critique. Je ne suis pas de la même génération que les jeunes qui occupent la rue algérienne aujourd’hui. J'ai trop vagabondé. 
Je ne donne plus de chèque en blanc à ceux qui descendent dans les rues. Ils ne colportent que des slogans !
O. M.

 

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