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Corruption

Libre débat A propos de la loi portant règlement budgétaire pour 2017 (2e partie et fin)

Publié par LSC
le 13.07.2020 , 11h00
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Si dans la 1re partie de sa contribution ( Le Soir d’Algérie du 6 juillet 2020)  Ammari  Ali dressait un constat tiré de ses 40 années d’expérience dans les administrations et institutions publiques — notamment à des postes de responsabilité —, dans cette 2e et dernière partie, il met l’accent sur ce qui pourrait permettre un redressement qualitatif dans la gestion des dépenses publiques.

Un dernier inconvénient très important qu’il faut signaler, outre les insuffisances et difficultés précitées relatives à l’octroi des crédits, les deux types de dépenses, celles effectuées en dépassement, pour des raisons que seuls les ordonnateurs concernés peuvent expliquer, et celles relatives aux factures reçues après la date de clôture de l’exercice (N). Les tutelles ne veulent pas ouvrir de portes en créant une ligne spécifique «dépenses sur exercice clos», ce qui oblige les ordonnateurs à faire des acrobaties qui consistent à refaire les factures impayées en les datant sur le nouvel exercice, alors que ces dépenses pèsent lourdement sur le nouveau budget. De même que les organismes disposant de crédits non consommés à temps, dotés de cantines, se permettent de liquider leurs soldes, en payant à l’avance des produits alimentaires (pain, viande, fruits et légumes, denrées d’épicerie) à des fournisseurs qui s’engagent à livrer les marchandises payées par livraison à partir de janvier, le problème de régularisation est identique à celui précité relatif aux marchandises prépayées.  Pourtant, les établissements publics d’enseignement supérieur et de formation sont autorisés à effectuer des travaux et prestations en sus de leur mission principale, pour un triple objectif : - améliorer la qualité de la formation dispensée ainsi que certaines conditions de travail et sociales, en rentabilisant les moyens de participer au financement. Malheureusement, les gestionnaires appréhendent ce genre d’opérations, qui sont gérées en hors budget et soumises aux normes de la comptabilité en partie double dont la majorité des gestionnaires méconnaissent le principe, ils n’ont pas eu de  formation en ce sens, ainsi que le fait de ne pouvoir effectuer une dépense au titre d’une opération qu’une fois la recette correspondante encaissée. Très souvent, des problèmes d’aspects divers sont soumis aux responsables de wilayas qu’ils ne prennent pas en charge, et en plus  n’autorisent pas les gestionnaires à se rendre à l’administration centrale, ce n’est pas un club privé. Alors qu’il se pourrait que les concernés trouvent des âmes charitables qui les écouteront et, le cas échéant, les aideront à résoudre leurs problèmes. De même que les ingérences provoquent des phénomènes comportementaux qui altèrent les relations fonctionnelles et par conséquent personnelles, ce qui influe négativement sur le fonctionnement des services en général.

«Aucun mode de gestion n’est exempt d’insuffisances»
Enfin, nous savons que tous les départements ministériels sont dotés d’une inspection générale, composée d’inspecteurs centraux et d’inspecteurs de terrain spécialisés (administration, finances, enseignement, formation, fonction  publique, etc.). 
Dans la pratique, les inspecteurs de terrain ne sont que des fournisseurs de rapports, sans être concernés par la suite qui en est réservée (bonne ou mauvaise), s’agit-il pour eux de justifier seulement leur existence ou de répondre aux besoins multiples du terrain ? 
La liste des insuffisances, pour les corps d’inspection, est longue : - la formation ; - les techniques d’élaboration des rapports ; - l’élaboration et l’exécution des programmes d’activités ; - l’élaboration et l’analyse des bilans d’activités ; - les différentes interventions ; - les audits. De toutes les missions, seules, pour l’instant, les inspections dites commandées, de temps à autre, çà et là, aboutissent à des sanctions et parfois une mutation pour transposer le problème ailleurs et non le résoudre. 
L’absence d’inspections régionales pour la prise en charge des situations au niveau local et ainsi alléger l’inspection générale pour des travaux de recherches, études, analyses, conceptions, propositions, etc. 
A tous les niveaux, la compétence et la qualité sont méprisées et sous-appréciées, jugez-en : même un directeur central ou sous-directeur,  indésirable au poste qu’il occupe de par les résultats très insuffisants obtenus, est promu inspecteur central ! Alors, c’est dire que l’inspection générale est devenue une vraie voie de garage, pourvu que ça dure. Quitte à me répéter, j’ai dit à plusieurs reprises que la vie ou la survie des services publics dépendent non seulement des personnes qui les animent, de leurs partenaires et de leur environnement, mais aussi et surtout d’une stratégie de gestion plus efficace. Bien que les situations soient inquiétantes, mais pas dramatiques, en général, même si elles pourraient le devenir. Pour éviter qu’on en arrive là, j’espère que les présentes suggestions permettront de redynamiser la gestion, en faisant remarquer qu’aucun mode de gestion n’est exempt d’insuffisances, surtout dans un environnement instable et de concurrence. Ce n’est que la remise en cause permanente des méthodes qui permet de se rapprocher de l’idéal qu’est la bonne gestion.

«Proscrire les pratiques anciennes qui consistent à favoriser les incompétents au détriment des compétents»
Sur ce, je suggère aux membres de l’équipe gouvernementale d’instaurer les assises d’une organisation porteuse d’amélioration, de rendement et de qualité des services, de climat serein et de confiance, ce n’est pas par politesse, mais je suis convaincu que c’est leur vœu. Pour cela, il faut proscrire les pratiques anciennes qui consistent à favoriser les incompétents au détriment des compétents (plus méritants), et surtout, mieux préparer le futur gestionnaire qui aura à agir au nom et pour le compte de sa tutelle et à exécuter un budget qu’elle lui a octroyé. 
A cet effet, toute administration centrale doit investir et réunir les meilleures conditions de travail, sans lésiner ni sur les moyens nécessaires ni sur le temps à consacrer à la préparation à la fonction future, avec des contenus de programmes corrigés et cohérents relatifs au développement de l’esprit d’initiative, d’innovation, de transparence, pour la maîtrise des dispositions règlementaires, les relations humaines, le commandement, l’évaluation des carrières, le comportement, l’évitement de  compromis et autres interdits dans l’exercice de la fonction, la gestion des conflits individuels et collectifs, la protection des biens et des personnes, la gestion du patrimoine et des stocks, enfin, imprégner ce futur chef du rôle et de la place qu’il aura à occuper en tant que manager et le convaincre de l’étendue de ses responsabilités civile et pécuniaire. 
A mon avis, je ne voudrais pas passer pour mauvaise langue, mais je pense, sincèrement, que les appréciations et recommandations, formulées par la Cour des comptes, se sont limitées, uniquement, à la vérification des chiffres figurant sur les comptes de gestion et administratif établis, respectivement, par les comptables et les ordonnateurs, alors que le jugement doit, également, porter sur les circonstances qui ont prévalu, hors de la comptabilité (incompétence, formation, ingérence, pression, obligation, etc.), ces causes sont prédominantes sur le résultat jugé inefficace et non performant. Là, l’appréciation doit être complète pour permettre de prendre une décision juste. La conclusion doit inciter l’amélioration pas juger, seulement, la base, la tutelle a, aussi, une part de responsabilité dans le résultat.  
En conclusion, dans cette cacophonie de contraintes d’organisation, de méthodologie de travail, d’ingérence, de pression, d’abus d’autorité, d’opposition d’idées, de désaccord, de conflits, de discorde et de divergence, on dit que les petits détails, qu’on peut considérer insignifiants, font les grandes différences. 
L’équipe exécutive actuelle se démène pour prouver sa volonté de changement, de bannir les us, avec, sur les bras, un bon  nombre d’anciens ronds de cuir formés et forgés par le système rejeté qui sont encore en poste et assument des responsabilités, même des retraités repris au mépris des lois de bonne gouvernance, alors qu’ils n’ont jamais fait un travail d’intérêt général ou pris une décision qui les honore en marquant leur passage dans le service. 

«Enlever les gens malfaisants de la cour du roi, son règne s’affermira par la justice dans toutes ses décisions»
Je finirai par affirmer que la gestion mérite une volonté réelle, l’administration doit tirer sa force de la sagesse de ses chefs, non de la sévérité des mesures qu’elle prend. Les vrais hommes valent par ce qu’ils font non par ce qu’ils disent, car beaucoup arrivent à vivre avec des bras plus courts que leurs langues et des langues plus longues que leurs bras, ce sont ces derniers qui font perdre la confiance et anéantissent les résultats. Il est vrai que gérer c’est pouvoir, et que la force du responsable réside dans ses capacités de pouvoir s’adapter aux situations, c’est pour cela qu’il faut toujours penser uniquement compétence. Je considère avoir agi avec honnêteté qui est une vertu pour moi plus qu’une vérité ; mon intention est pure, faisant fi de ceux qui ternissent l’image du pays et du secteur que je considère avoir loyalement servi.  
L’adage dit : «Enlever les gens malfaisants de la cour du roi, son règne s’affermira par la justice dans toutes ses décisions.» Que nos jeunes responsables transforment cet adage en réalité. Convaincu, je décide que cette contribution soit ma dernière en appelant nos responsables et ceux de bonne foi à œuvrer afin que le pays soit à l’avant-garde des autres et regagne sa place d’antan où l’Algérienne et l’Algérien étaient à la seule présentation de son passeport vert. Ensemble, luttons contre le Covid-19 qui emporte chaque jour des vies dont certaines par négligence.  Si nos aînés ont sacrifié leur vie pour libérer le pays et redonner la personnalité algérienne aux citoyens de ce pays, je dis que je suis prêt à sacrifier ce qui me reste à vivre à la réorganisation d’administrations publiques crédibles et à l’amélioration de la qualité des services qu’ils fourniront.  Je me tiens au service de mon pays en général et du secteur que j’ai servi durant trente-neuf années en particulier. Je prie Dieu notre Unique et Puissant Créateur de lever cette pandémie, de guider les pas de nos gouvernants vers le progrès et la réussite, d’encadrer notre jeunesse si importante pour le pays et que les vieux comme moi terminent leurs derniers jours en regardant tout le monde en disant el hamdoulillah et que nos chouhada reposent en paix après nous avoir libérés. Vive l’Algérie et son peuple !  
Ammari Ali, retraité, El-Affroun, Blida     

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