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Culture

PARUTION Capsule d'émotions d’acia benyakoub

Publié par B. Henine
le 25.11.2021 , 11h00
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Capsule d’émotions, écrit par Acia Benyakoub, est un récit édité et présenté en filigrane en douze chapitres relatant, dans leur ensemble, le vécu de l’auteure dans la ville de Aïn-Sefra,  sa ville natale qu’elle a tant chérie. 
Acia Benyakoub, d’ailleurs,  disait : «Le seul bien qui me reste gravé dans ma mémoire et qui me fait émotionner quotidiennement, même pleurer, c'est cette jeunesse merveilleuse passée dans cette ville merveilleuse.» Mais, plus nous avançons dans l’âge, plus nous revivons la jeunesse avec mélancolie. 
La nostalgie brûle le cœur  intérieurement, chaque fois que l’individu se rappelle de son enfance, de sa jeunesse, de son existence, entouré d’une famille (parents, frères, sœurs, oncles,  cousins, cousines, etc.), mais tel un rêve, tel une traversée d’un tunnel, la mort, comme la vie, sépare les uns des autres. On peut rêver, tracer des projets, s’imposer à son destin, courir contre la montre, mais, après un certain temps, tout finira par un retour au bercail. C’est dans cet ordre d’idées que l’écrivaine évoque dans son livre son vécu dans une maison familiale restée inhabitée depuis presque la disparition de ses parents, une maison située en plein centre-ville de Aïn-Sefra, qu’elle revisite à chaque fois que l’occasion se présente et où, chaque pièce, chaque endroit, chaque coin, dans cette habitation, lui font rappeler quelque chose, un bon souvenir, un mauvais souvenir, des événements bons ou mauvais, qui l’ont marquée étant petite, moins jeune, jeune et adulte, qu’elle relate dans son ouvrage où elle consacre une centaine de pages pour les traditions et les coutumes qu’elle a vécues en personne, notamment, les fêtes religieuses, les mariages, les naissances, la préparation des mets locaux (couscous, galette, beignet, beurre, petit-lait, travail de la laine…), les bains maures, voire tous les évènements familiaux, tantôt heureux, tantôt malheureux, etc. Mais aussi ces prénoms disparus ou encore en vie, qu’elle garde toujours en mémoire, tels que Ma Talia, Khalti Menana, Henna Milouda, Aâmti Zana, Khellada, Mrabha, Assoula, ba Moussa et bien d’autres, femmes ou hommes aux multiples légendes, qu’elle adorait. L’auteure se rappelle également de ces gens de la région de Aïn-Séfra, qui adoraient chasser les méfaits par la préparation de tisanes aux plantes herbacées locales aromatisées ou encore sentir l’encens généralement fabriqué localement, à l’exemple de  harmel (Péganum-harmala), araâr (genévrier), zaâtar (thym), echeb (pierre d’alun), gartouffa (camomille), echih (armoise), voire toutes ces résines aux bienfaits et aux vertus de santé qui faisaient encenser les foyers et qui font partie des mœurs de la région depuis des temps immémoriaux. 
Le professeur Rabah Sebaâ, sociologue et anthropologue linguistique, essayiste-chroniqueur, auteur de la préface de l’ouvrage, indique que les personnages cités par l’auteure sont des personnes effectives et réelles qui ont vécu dans un voisinage en société familiale et conviviale, unies par solidarité dans cette charmante ville. Capsule d’émotions est une écriture alerte et tournant le dos à toute fioriture, s’offrant le luxe de semer des éclats de poèmes, au détour de chaque séquence et ce, jusqu’au dernier chapitre avec le titre, fort à propos, «Evanescence», a écrit le  Pr Sebaâ dans sa préface. Ajoutant que ces familles de Aïn-Sefra et de toute la région ont toujours sacralisé le lien de proximité et continuent d’entretenir et de soigner comme une culture inaltérable et comme une source de valeurs intarissable, façonnant le lien social et la relation des individus au sein du groupe. «Avec une écriture jamais en panne d’imagination, l’auteure s’ouvre sur toute une symbolique sociétale, avant d’arpenter, au fil des périodes et des saisons, le bonheur de vivre au sein d’une communauté et d’une famille aimante», conclut l’anthropologue dans sa préface. 
Notons, enfin, que l’écrivaine Acia Benyakoub, native de la ville de Aïn-Sefra, a étanché sa soif à travers la réalisation de ce récit véridique, mettant en scène de vrais personnages qui vivaient en mode de société familial.
B. Henine

 

 

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