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Culture

Générale de la pièce Si Lahlu, amejay n-tkerkes à Tizi-Ouzou Quiproquos, cocasseries et calembours sur scène

Publié par S. A. M.
le 11.04.2021 , 11h00
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Bien ficelés, le texte de Mohia qui adapte une œuvre du patrimoine français remontant à l'ère médiévale déborde de références et d'anecdotes qui nous rappellent qu'on se sent bien chez nous et dans un univers bien contemporain. 
Le Théâtre régional Kateb-Yacine poursuit son cycle de représentations post-confinement en accueillant, dans l'après-midi de jeudi dernier, la générale de Si Lahlu, Amejay n-tkerkas ou le faux médecin, jouée par les jeunes comédiens de la troupe du Foyer d'animation de la jeunesse de Yakourène. Mise en scène par Abderahmane Houche sur une adaptation de Mohia de Le médecin malgré lui de Molière, la pièce raconte les intrigues et les fourberies de deux personnages, Si Lahlu et Jeddi Yevrahim, embarqués dans une trépidante aventure faite de quiproquos et de faux-semblants, à la manière de «je te tire et tu me tires par la barbichette». 
Vieux patriarche, conservateur rétif à tout bouleversement de l'ordre social, Jeddi Yevrahim s'attache les services de Si Lahlu, éleveur de chèvres paumé, n'arrivant pas à joindre les deux bouts mais devenu guérisseur malgré lui (et aussi par la ruse de sa femme qui veut le punir pour la maltraitance que celui-ci lui inflige) pour guérir sa fille qu'il soupçonne atteinte d'une étrange maladie qui la rend prostrée et soudainement muette alors qu'en réalité, la jeune fille couve un chagrin d'amour car empêchée de se marier avec le jeune Izouvache avec qui elle entretient une idylle en cachette. 
En effet, Jeddi Yevrahim voudrait voir se marier la belle et jeune Louisat avec un homme d'une condition sociale et matérielle autrement plus avantageuse que celle de son jeune soupirant, désœuvré et sans fortune. 
Bien ficelé, le texte de Mohia, qui adapte une œuvre du patrimoine français remontant à l'ère médiévale, déborde de références et d'anecdotes qui nous rappellent qu'on se sent bien chez nous et dans un univers bien contemporain. 
 Si Lahlu nous transporte avec humour dans les coulisses d'un monde où les quiproquos sont légion : en faisant appel à un guérisseur, qui n'en est pas un, pour, soi-disant, mettre fin au mal mystérieux qui pourrit la vie de sa fille, Jeddi Yevrahim dévoile ses propres turpitudes, le côté vicieux du vieux patriarche bourré d'hypocrisie. 
Une attitude partagée par ce berger, parfait alter ego de l'acariâtre vieux chef de famille, qui se prend au jeu du charlatan par défaut qu'il est devenu pour profiter des subsides que lui octroie son hôte du jour. 
Des mœurs dévoilées par cette représentation théâtrale qui porte bien son nom. Car il s'agit bien d'une comédie de mœurs que les jeunes comédiens de la troupe Smaïl Habar de Yakourène nous ont donné à voir. Dès son entame, le spectacle commence par un intermède burlesque qui annonce la tonalité d'une pièce tragi-comique. Son côté léger et divertissant laisse dans l'esprit des spectateurs une empreinte de situations aussi invraisemblables qu'absurdes et cocasses. Les planches du Théâtre Kateb-Yacine se transforment, durant presque une heure, en un sanctuaire où dingueries, scènes loufoques et déjantées, calembours et truculents jeux de mots, si bien ciselés par Mohia, se succèdent.
La pièce se termine sur une belle note festive avec le retour sur scène de tous les comédiens qui méritent des encouragements, car jeunes et sur le chemin de l'apprentissage. 
S. Aït Mébarek 

Fiche technique
Produite par l'association Foyer d'animation de la jeunesse de Yakourène avec la collaboration du Théâtre régional Kateb-Yacine, Si Lahlu, amejay n-tkerkes est mise en scène par Abderahmane Houche sur une adaptation de Mohia de Le médecin malgré lui de Molière. 
La musique est signée par le chanteur et musicien Mohand Tahir, alors que la scénographie et la chorégraphie sont respectivement de Meziane Boussaïd et Sarah Bouzar. 

 

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