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Culture

Aït Menguellet sort un nouveau single Takemmamt, métaphore d’une société muselée

Publié par Sarah Haidar
le 27.04.2021 , 11h00
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Le chanteur et poète kabyle Lounis Aït Menguellet vient de sortir un nouveau single intitulé Takemmamt (la muselière). 
Enregistré sous forme de clip en studio, le single Takemmamt a été mis en ligne la semaine dernière sur la page officielle du chanteur. On y retrouve les éléments classiques de la poésie d’Aït Menguellet ainsi que le corpus musical habituel. 
Adepte de la métaphore et de l’écriture parabolique, il fait mine de consacrer ce nouvel opus à la conjoncture sanitaire actuelle et ses répercussions sur la vie des citoyens. Mais il s’agit d’un tout autre propos comme on le comprendra très vite à mesure que la chanson avance. D’abord, Aït Menguellet entame son texte par un éloge de la poésie, «compagnonne de longue date», conseillère et amie indéfectible. S’ensuit un dialogue avec celle-ci sur l’état du monde : «Aujourd’hui, j’ai demandé au poème ce qu’il avait à dire/J’ai tout ce dont tu as besoin/Choisis ce qui te plaît et efface ce qui ne te convient pas/Il y a de tout en ce monde ; prends ce que tu veux/Je le remerciai d’abord pour sa docilité, puis m’enquis de ce mal qui sème la discorde/Venu à la surprise de tous, invisible et imprévisible/Nous forçant à nous masquer, devenus tous semblables/Tel le troupeau conduit par le berger/Anonymes et méconnaissables, nous ne reconnaissons même plus nos amis/Cette muselière que nous portons depuis 1962, est devenue une habitude/Nous la portons depuis tant d’années/Mais nous gardons espoir de l’enlever un jour/Mais, ô ! poème ! nous avons dévié du sujet/Ce de la nouvelle maladie que nous devions parler et non de l’ancienne/Regardons ces peuples, repus de liberté, faire l’expérience de la muselière/Quant au mal qui nous ronge, nous en attendons encore le vaccin…» 
Mis en scène par Hayet Menguellet, le clip est sobrement réalisé dans un décor berbère raffiné et une ambiance à la fois intimiste et professionnelle. Musicalement, Lounis Aït Menguellet garde son dispositif habituel, avec cependant un mandole à la place de la guitare, mais une mélodie aisément reconnaissable. Sa poésie, quant à elle, ne déroge pas à sa tradition métaphorique, faisant la part belle aux images et au second degré. 
Le chanteur, surnommé le sage ou encore le philosophe, est considéré, avec ses quarante ans de carrière, ses vingt-trois albums et sa poésie ciselée et élégante, comme le plus grand auteur-compositeur-interprète vivant de la musique kabyle. 
Sarah H.

 

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