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Entretien

Ammar Belhimer, Ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, au Soir d’Algérie : «Les résidus de l’ancien système escomptent un retour à l’aide des marches»

Publié par LSA
le 13.02.2021 , 11h00
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Propos recueillis par Boualem Chouali
A quelques jours du deuxième anniversaire du Hirak, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, nous accorde un entretien où il fait le point sur ce mouvement populaire, d'une part, et le bilan du gouvernement post-Hirak après une année de sa rentrée en fonction, d'autre part.

Sur le premier point relatif au Hirak, d'emblée, Belhimer nous rappelle que le mouvement est inscrit dans la mémoire collective et le droit algérien tout en distinguant entre le «Hirak historique originel», au diapason et en convergence avec l'ANP que le président de la République Abdelmadjid Tebboune qualifie d'«acquis pour le peuple et le militantisme pacifique dans notre pays», ajoutant «qu’ il a permis de mettre un terme à ce qui avait fait de nous la risée du monde», et le «néo-Hirak» composé des résidus de l'ancien système, premières cibles du Hirak originel, entre autres, qui ont pris le train en marche et «qui espèrent un retour aux affaires et aux commandes».
Sur le volet relatif à la situation sociopolitique, le porte-parole du gouvernement, en arborant succinctement le bilan du gouvernement, estime que la situation d’ensemble «a connu une nette amélioration sur plusieurs plans en dépit de la crise sanitaire qui a imposé une récession économique mondiale» en croyant fort que «beaucoup de progrès ont été enregistrés à tous les niveaux et sur tous les plans et que «seuls les aveuglés par la haine qu'ils vouent à l'Algérie osent nier», a-t-il assené. 

Le Soir d’Algérie : Vous avez longtemps fait l’éloge du Hirak …
Ammar Belhimer :
Le 22 février est inscrit dans la mémoire collective et le droit algérien comme «Journée nationale de la fraternité et de la collusion entre le peuple et son armée pour la démocratie».
En prenant cette décision, il y a un an, à l’occasion du premier anniversaire du Hirak béni, le président de la République précisait que cette décision était «un acquis pour le peuple et le militantisme pacifique dans notre pays».
Il y a désormais un «Hirak historique», originel, d’une part ; et un «néo-Hirak», d’autre part.
Grâce à sa convergence initiale avec l’Armée nationale populaire (ANP), qui l’a protégé et accompagné, le Hirak originel a permis de mettre un terme à ce qui avait fait de nous la risée du monde : un Président impotent, cacochyme, instrumentalisé comme couverture par des réseaux transvasant d’accaparement et de transfert des ressources nationales. Sage, intelligent et généreux, porté par les voix de la raison qui se sont imposées dans le pays et parmi la diaspora, il a observé une trêve sanitaire et de raison qui a rendu possible le lancement des premiers chantiers d’une réforme structurelle globale.
A l’origine, le Hirak est transpartisan, transcourant et transgénérationnel, avec une vocation citoyenne, patriotique, démocratique et plurielle avérée.
Il avait à cœur d’associer les revendications politiques et socio-économiques légitimes avec les impératifs de l’ordre public, de la stabilité et de la souveraineté nationale, hors de toute ingérence étrangère au nom des révolutions colorées et des logiciels, ou des «biais» transitionnels et constituants éculés. 

Quel avenir pour le Hirak ?
Les voix de la lucidité citoyenne et de la raison patriotique mesurent la particularité d’un contexte aussi complexe que périlleux et ne trouvent aucune raison d’être aux manifestations de rue.
L’état d’urgence sanitaire et l’ouverture du champ associatif autorisent la mise en place de contre-pouvoirs dans un cadre participatif, rendu possible par un regain de libertés individuelles et collectives ordonnées par la nouvelle Constitution de façon à prendre corps sur le terrain.
Il convient d’adapter l’offre de gouvernance et les cadres institutionnels à une demande, large et profonde de libertés, de justice, de progrès et d’égalité.
L’efficacité de la norme et des cadres institutionnels en place réside dans l’adaptation, l’ajustement continu du contenant qu’elles représentent au contenu incarné par le développement de la demande légitime croissante de libertés, de contrôles, de contre-pouvoirs.
Cela fait partie intégrante de l’ingénierie juridique qui exige que les lois jouissent d’une bonne réceptivité sociale et qu’elles soient observées par consentement, plus que par contrainte.

En quoi la poursuite de la contestation contredit une telle quête ?
Bien avant l’irruption du coronavirus comme risque anthropique majeur pour le pays et pour le reste du monde, le Hirak perdait, au fil des semaines, son caractère de mouvement populaire, historique car inédit, spontané et surtout rassembleur à grande échelle. Sa grande dimension, sa masse critique, son amplitude, sa récurrence et sa résilience lui ont permis de traverser l’ensemble de la société algérienne au-delà même des classes sociales, des ancrages idéologiques, des sensibilités politiques, de l’appartenance identitaire et du sentiment religieux.
Ce Hirak originel a été parasité par aussi bien ceux qui ont légitimement été ses premières cibles - pour avoir férocement et insensément soutenu un cinquième mandat - que par des intrus, ceux qui ont pris le train en marche pour en prendre les commandes.
Ce magma contre-révolutionnaire rassemblant la chose et son contraire, financé et instruit par des cercles formels et informels de pouvoirs étrangers, œuvre d’arrache-pied pour faire aboutir des mots d’ordre de désobéissance civile, de troubles et de recours à la violence.
S’agissant des résidus de l’ancien système, comme nous l’avons déjà évoqué, l’accumulation effrénée de ressources financières qu’ils ont réussi à opérer et le positionnement de leurs relais dans tous les appareils d’Etat et à tous les niveaux de décision leur confèrent naturellement une force de frappe qui n’a pas encore été totalement contenue ou neutralisée. Ils escomptent un retour aux affaires et aux commandes à l’aide de marches quotidiennes là où elles peuvent être tenues, appuyant, notamment, sur des mots d’ordre hostiles à l’institution militaire et aux services de sécurité.
L’Algérie se trouve, aujourd’hui, à la croisée de deux courants : celui des nostalgiques de la sinistre ère coloniale, qui se cachent derrière des prétentions de démocratie avec ses phases constitutives et transitoires, et celui des tenants d’un changement radical par la voie pacifique et institutionnelle.
Le référendum constitutionnel de novembre a plébiscité le deuxième choix, bâti sur des bases solides. 

Quelles voies empruntent-ils pour peser sur le cours des évènements et l’amener dans leur direction ?
Le poids des nouvelles technologies de communication dans l’amplification de la violence est évident. Il reste à mesurer l’impact du message qui est, malheureusement, et à bien des égards, subversif. La «violence expressive» qui se déverse sur nos réseaux sociaux est inadmissible et menace le tissu social par la banalisation de l’incivisme, la brutalisation et l’ensauvagement, imposant ce que d’aucuns ont appelé «une démocratisation de la méchanceté» et d’autres «des passions tristes». Cette violence donne libre cours aux «trolls», expression désignant «les internautes plus ou moins malveillants dont l’objectif est de «pourrir» des fils de discussion en générant artificiellement des polémiques».
Au-delà du trolling et de l’agressivité, comme registre d’expression, que l’on pourrait réunir sous le terme d’incivilités, le cyber-harcèlement militant et les discours de haine, même s’il sont punis par la loi, en raison des dommages psychologiques qu’ils peuvent occasionner chez leurs victimes, ont également des effets néfastes sur le débat public et peuvent être considérés comme des atteintes au pluralisme démocratique, car engendrant des phénomènes de censures collectives et d’autocensures qui appauvrissent le débat.

Quels sont les moyens de riposte envisagés ?
L’année 2020 a mis à jour le dispositif pénal requis par la nouvelle situation avec trois grandes «nouveautés».
Il y a, d’abord, l’amendement de l’article 290 bis de l’ordonnance 66-156 du 8 juin 1966, portant code pénal, incriminant des faits portant exposition de la vie d’autrui ou son intégrité physique à un danger, par la violation délibérée et manifeste d’une obligation de prudence ou de sécurité édictée par la loi ou le règlement. Il est requis ici une peine d’emprisonnement de 3 à 5 ans et une amende de 300 000 DA à 500 000 DA. 
«Il s’agit d’actes commis durant les périodes de confinement sanitaire ou d’une catastrophe naturelle, biologique ou de toute autre catastrophe.»
Il y a, également, l’amendement de l’article 196 bis du code pénal qui prévoit dans ce cadre de punir « quiconque volontairement diffuse ou propage, par tout moyen, dans le public, des nouvelles ou informations fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public, compte tenu de l’effroi qu’ils sèment au sein des citoyens et du climat d’insécurité qu’elles génèrent dans la société ».
Il prévoit une peine délictuelle pour ces actes, consistant en l’emprisonnement de 1 an à 3 ans et une amende de 100 000 DA à 300 000 DA.
Enfin, la nouvelle loi n° 20-05 du 28 avril 2020 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de la haine comprend pas moins de 48 articles explicitant les mécanismes de prévention contre la discrimination et le discours de haine. Elle prévoit d’ailleurs entre 2 et 5 ans d’emprisonnement et entre 200 000 et 500 000 DA d’amende pour les crimes dits de haine sur les réseaux sociaux, mais pas que.

Ces dispositions peuvent paraître insuffisantes.
La plus belle femme au monde ne peut donner que ce qu’elle a. De même qu’il faut se garder de négliger la caution juridique, il faut également prendre garde de se contenter du tout répressif dans le traitement des conflits, faisant notamment l’impasse sur les diverses médiations que précisent la coutume et le droit.

Après une année de l'entrée en fonction du gouvernement, quel bilan faites-vous de l'évolution de la situation politique et sociale de l'Algérie ?
Le modèle de développement multisectoriel et synchronisé qui se met progressivement en place se veut apaisant, inclusif et résilient, d’une part ; continu et cumulatif, d’autre part.
Il convient de rompre avec l’exclusion, de donner une seconde chance à ceux qui sont tombés, de faire preuve d’assiduité dans la conduite des opérations et de mettre à profit les solidarités et les expériences intergénérationnelles.
Il est évident que la situation sociopolitique du pays a connu une nette amélioration sur plusieurs plans, même si l’année 2020, marquée par une pandémie mortelle et une récession économique mondiale doublée d’une chute drastique du prix du brut, ne peut être un paramètre propre à notre pays. 
Quelques tendances nous paraissent spécifiques à ce dernier. 
Sur le plan de la légitimité, l’Algérie a réussi à sortir avec force et détermination d’une situation cataclysmique, durant laquelle le pouvoir était entre les mains de forces occultes et anticonstitutionnelles, plusieurs années durant, pour recouvrer une situation de légitimité, et ce, au lendemain de l’élection du président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, par le peuple.
L’autre progrès réside dans le renforcement de la confiance existant entre le peuple algérien et les institutions de son Etat, en particulier la présidence de la République et l’Armée nationale populaire (ANP). Cela a permis une consolidation du « front intérieur » que seuls les aveuglés par la haine qu’ils vouent à l’Algérie osent nier. 
Enfin, l’amendement de la Constitution, le débat qu’il a suscité et son référendum dans d’excellentes conditions, fut un défi remporté par le peuple algérien et son Président. 
Comme on dit « à toute chose malheur est bon » : la bataille menée avec acharnement et clairvoyance par l’Algérie contre la pandémie de Covid-19 a conduit à une forte mobilisation des pouvoirs publics (civils et militaires) et de la société civile. Cette mobilisation a, elle aussi, contribué grandement à consolider les liens entre les Algériens et leurs institutions. Le combat contre un virus mortel, qui a fait une hécatombe à travers le monde, est aussi à l’origine de l’émergence de jeunes talents dans le domaine économique. 
A cet effet, des dizaines de start-up ont vu le jour durant les longs mois de confinement que nous avions vécus, pour se lancer avec brio dans la fabrication d’équipements comme les appareils de respiration, les aérosols, les portiques de désinfection, sans compter les produits désinfectants de tous types, qui s’avèrent très efficaces dans la lutte contre la pandémie. 
Dans le même sillage, de petites entreprises, activant dans des domaines autres que le matériel médical, se sont mises à confectionner des bavettes, des tenues de protection, des visières… qu’elles distribuaient gratuitement aux personnels des hôpitaux et établissements sanitaires à travers le pays. Cela renseigne sur la générosité de l’Algérien et de l’unité indéfectible de la société algérienne. 
De leur côté, les grandes sociétés nationales ont, bien évidemment, pris part à cette mobilisation et à l’élan de solidarité qui en a jailli.  
Sur le plan économique, de nombreuses mesures ont été prises par le gouvernement pour, notamment, relancer l’industrie nationale et ses différentes filières, sauvegarder les entreprises nationales privées et publiques en difficulté, aider à la création d’entreprises par les jeunes porteurs de projets, développer l’agriculture et aussi poursuivre les programmes de construction de logements et autres équipements publics.
Il ne faut pas oublier qu’en partant, l’ancien régime a laissé derrière lui de nombreuses entreprises, considérées jadis comme des fleurons de l’économie nationale, en faillite ou presque. L’arnaque du «montage automobile», vendu par l’ancien pouvoir comme levier de l’économie et auquel l’Etat avait alloué des budgets faramineux, est un bon exemple pour illustrer l’état de la gouvernance dans le secteur économique. 
Là aussi, le gouvernement, sur orientation du président de la République, tente de lancer une véritable industrie automobile destinée à satisfaire la demande locale à partir d’un tissu dense et intégré de sous-traitants.
Aussi, conformément au plan de relance économique (2020-2024) pour sortir le pays de la dépendance économique quasi-totale aux hydrocarbures, le gouvernement a établi une feuille de route comportant des réformes à même d’accélérer la croissance économique de manière graduelle mais durable.
Ce plan de relance économique ambitionne notamment de réduire les importations de 10 milliards de dollars USD dès 2020, et la réalisation d'au moins 5 milliards de dollars d'exportations hors hydrocarbures en 2021.
La priorité y est accordée aux secteurs porteurs comme les mines, l’agriculture saharienne, l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables, et les start-up et microentreprises en matière de services technologiques et petite industrie.
Trois nouveaux leviers de la croissance économique ont été ainsi identifiés dans ce plan dont les grandes lignes ont été dévoilées lors de la Conférence nationale sur le Plan de relance économique, tenue les 18-19 août dernier, et qui a vu l’organisation de 11 ateliers thématiques.
Ces ateliers ont permis, grâce à leurs recommandations, la mise en place, en septembre, d’un cadre méthodologique pour le suivi et l’évaluation de ce plan de relance assuré par le ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective.
Les nouveaux leviers de croissance sont le développement industriel, à travers une meilleure valorisation des ressources naturelles et la prise en compte des impacts environnementaux dans une logique de développement durable, l’entreprenariat et les investissements directs étrangers (IDE), en tirant profit de la relocalisation dans le cadre de la régionalisation des chaînes de valeurs.
Des leviers soutenus par un certain nombre de mesures devant garantir le succès de ce plan. Il s’agit, entre autres, de l'amélioration du climat d'investissement, la dépénalisation de l'acte de gestion, la non-discrimination entre les secteurs public et privé, la promotion de nouveaux instruments de financement, la numérisation de tous les secteurs pour une nouvelle gouvernance économique et une plus grande transparence de l'action publique.
Le développement économique escompté doit également être inclusif, c’est-à-dire être porté par le plus grand nombre d’acteurs, avec une juste répartition des opportunités de participer à la croissance.

Après une année d'exercice, le champ médiatique est-il toujours ruiné et miné comme vous l'avez constaté à l'entame de votre fonction ?
Assainir un champ ruiné et miné exige à la fois du temps et de la persévérance. Nous continuons à travailler pour une amélioration de la situation du secteur de la communication qui a été, durant longtemps, rongé par les intrus et les affairistes.
Notre plus grande réussite, c’est d’avoir établi un lien direct avec les médias sans aucune bureaucratie, car notre but premier, c’est de fédérer tous les efforts et les bonnes volontés pour parvenir à une presse nationale professionnelle et citoyenne dans le respect de la loi et de l’éthique. 

Tout le long de l’année 2020, nous n’avons pas cessé de communiquer avec nos journalistes via des entretiens (écrits et audiovisuels), des communiqués, des conférences… pour sensibiliser sur l’urgence de remettre la profession journalistique sur les rails et mettre en garde contre les pratiques antiprofessionnelles qui l’entachent. 
Plusieurs objectifs fixés dans notre plan d’action ont été atteints. Ainsi, un arrêté régissant la presse électronique a vu le jour et est désormais en vigueur, alors qu’un cahier des charges, fixant les conditions d’octroi de la publicité publique, est mis en œuvre depuis janvier 2021. 
D’autres cadres juridiques comme celui relatif à la publicité (l’activité) ou le sondage, ainsi que la mise à jour des statuts de TDA pour la commercialisation des produits offerts par Alcomsat1 sont à un stade d’élaboration bien avancé. 
Cependant, le grand chantier du secteur de la communication durant l’année 2021 sera l’amendement de la loi organique n° 12-05 du 18 Safar 1433 correspondant au 12 janvier 2012 relative à l’information dans le but de l’arrimer à la nouvelle Constitution.
L'article 54 qui «consacre le principe de liberté de la presse en détaillant les composantes de cette liberté, stipule le droit à la création de chaînes télévisées, de sites et journaux électroniques, interdit le discours de discrimination et de haine». Un article en vertu duquel, «aucune activité de journaliste ne saura être arrêtée sans décision judiciaire».
Cet amendement, qui se fera de façon collective et inclusive avec la participation de l’ensemble des acteurs du secteur, nous permettra enfin de créer un Conseil national de la presse écrite au lieu d’une Autorité de régulation, tel que stipulé dans ladite loi, et qui n’existe nulle part au monde. 

Après le référendum sur la Constitution, peut-on considérer que l'Algérie nouvelle est enfin amorcée ?
L’édification d’une «Algérie nouvelle» a été entamée le jour où le peuple algérien avait choisi d’élire le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, qui a été le premier à en parler dans son discours de campagne devenu par son investiture un plan de travail décliné en 54 points.
Cette entame a été confortée par la validation de la nouvelle Constitution par le peuple lors du référendum du 1er novembre 2020. Une Constitution qui répond aux revendications légitimes du Hirak béni, mouvement populaire pacifique du 22 février 2019 né pour dire non à un cinquième mandat de l’ancien Président et pour un changement du régime. 
Parmi ces revendications populaires figurent l'affermissement de l'exercice démocratique, une plus grande séparation des pouvoirs et un plus grand attachement aux lois en créant une Cour constitutionnelle et en assurant, par une disposition particulière, la sécurité juridique.
Ce projet consiste à œuvrer tous ensemble à la concrétisation du projet d’édification d’une nouvelle République basée sur la bonne gouvernance, la transparence et la démocratie.
Cela dit , la concrétisation de ce projet réformateur nécessite l’implication de l’ensemble de nos concitoyens y compris la communauté algérienne établie à l’étranger.

En dépit des intentions et les déclarations affichées du gouvernement, sur le terrain le pouvoir jacobin centralisé est toujours en vigueur. À quand la décentralisation de la gestion des affaires de l'Etat ?
De fait, la décentralisation est déjà là. Il faut juste la renforcer et surtout la pratiquer en largeur et en profondeur. Les différentes réunions tenues entre le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, et les walis et celles entre ces derniers et le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, prouvent que les pouvoirs sont délégués en totalité pour la mise en œuvre des programmes de développement et la prise en charge des attentes des citoyens.
La décentralisation du pouvoir n’est pas qu’une question de textes, c’est aussi une question de volonté et de compétence afin de faire les meilleurs usages que ces textes accordent.
Pour ce faire, l’Etat œuvre à redonner toute l’importance aux responsables communaux élus en procédant à un élargissement de leurs prérogatives, parallèlement à l’émergence d’une démocratie participative qui assure la participation de la société civile à la gestion des affaires publiques. Le tout – démocratie représentative et démocratie participative – s’exerçant dans le respect des contre-pouvoirs et sous l’œil vigilant des mécanismes de contrôle.

L'Algérie indépendante, fidèle à ses principes et ses valeurs, fait l'objet d'attaques. Quels enjeux particuliers se profilent derrière ces attaques ?
L’Algérie a toujours assumé ses positions politiques tant sur le plan régional qu’international, quitte à déranger. C’est pour cela qu’elle fait l’objet constamment de campagne de dénigrement. 
Nous sommes le pays de la résistance et nous en payons le prix, en connaissance de cause.
Il est clair que de par son rôle moteur dans l’accélération du processus de libération nationale et d’autodétermination, ainsi que son statut de leader régional, à potentiels économique et humain considérables, notre pays a, depuis toujours, refusé la soumission et le diktat, d’où qu’ils viennent.
Les positions de l’Algérie sont immuables contre toute forme de colonialisme et en faveur du droit des peuples à décider d’eux-mêmes, de la non-ingérence dans les affaires internes, de l’encouragement du développement de la partie sud de la planète...
B. C.

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