Rubrique
Haltes Estivales

Florilèges(1)

Publié par Maâmar Farah
le 25.07.2019 , 11h00
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Le passé explique le présent et fonde l'avenir... Voici quelques échantillons puisés au hasard parmi les milliers d'articles bouffés par les feux de la passion. Passion du journalisme militant, celui-là même qui est rejeté par la conception « saine » et « professionnelle » de la presse bien-pensante, celle qui se range toujours du côté de l'ordre établi et des puissances politiques et financières. Au diable cette « neutralité » et cette « objectivité » tant vantées !

Corrompus, on vous aura !
La vérité finit toujours par éclater et la justice recouvre, tôt ou tard, ses droits. Il suffit de patienter, même si cela prend du temps et use les nerfs des honnêtes salariés qui triment toute leur vie sans pouvoir offrir à leurs enfants un minimum de confort !
Alors, si j’étais wali quelque part, dans une wilaya où des promoteurs et des entrepreneurs « pistonnés » m’auraient construit à l’œil un petit palais, je me méfierais beaucoup des enquêteurs venus incognito d’Alger. Si j’étais cadre supérieur et que, grâce à un prête-nom, j’aurais monté une belle affaire avec l’argent de la corruption, je ne dormirais pas tranquille.
Je le dis à tous les voleurs et corrompus qui croient échapper à leur destin : «Votre tour viendra, préparez-vous à payer chaque sou volé aux contribuables ! »
Nous serons là pour vous salir et chaque mot de nos articles aura la même intensité que les larmes de tous ceux dont vous avez bafoué les droits élémentaires !
Septembre 1997
La justice ! La justice !

Nous sommes le 20 février 1999. Il est 22 heures. Un taxi vient de me déposer chez moi. Je suis bouleversé par ce que j'ai entendu. Le chauffeur du taxi est un ancien P-dg. C'est un homme fatigué, qui n'a même plus  l'énergie de s'accrocher à la vie. Il vient d'être libéré après 20 mois de prison. La justice vient de reconnaître qu'il est innocent. Je ne connais pas son histoire, mais il avait l'accent de la sincérité et ses larmes étaient authentiques. Il ne savait pas à qui il parlait et il ne sait pas que ces lignes vont paraître.

Cet ancien cadre assure qu'il a donné le meilleur de lui-même au pays. Il dit qu'il a été victime d'une cabale, que des hommes puissants l'ont enfermé parce qu'il a refusé leur diktat. Le véhicule qu'il conduisait n'était pas à lui. Il fait le «doubleur» et ne rentrera chez lui qu'à 2 heures du matin. Il dit qu'il a encore le courage de faire cela pour nourrir ses enfants.
Au moment de descendre, il m'a longuement serré la main en me rappelant qu'il y a un Dieu qui saura juger chacun pour ses actes.
Alors, je l'ai longuement regardé et je lui ai lancé : « Ton capital, c'est ta dignité ! .» En le quittant, je me disais qu'au fond ce pays n'a pas besoin de scrutins et de festivals démocratiques.
Ce pays a besoin de justice !
21 février 1998
Le salut ne viendra pas des partis
Je continue de croire, dussé-je rester seul, que les partis, laminés par une vie politique squelettique, fourvoyés dans des Parlements qui votent tout et rien, ne représentent plus la seule alternative du combat démocratique. Plus encore, ils paraissent bien pâles aujourd’hui devant la montée des mouvements populaires, nourris par la colère et la haine de ceux qui souffrent de l’injustice, du mépris et de la corruption. De ceux que le système a oubliés et qui demeureront la principale menace pour sa survie. Ils n’ont appartenu à aucun petit cercle et sont en dehors du grand ensemble, mais ce sont des millions de voix, unies dans la souffrance, portées par la même fougue rebelle, caressant le même espoir de bâtir une autre Algérie, celle de la fraternité, de l’égalité des chances et de la citoyenneté !

6 mars 2004
Journaliste voyou, dites-vous ?

Les lecteurs ne sont pas contents. J'aurais défendu des voyous impliqués dans une grave affaire d'«outrage à la République » de la part d'un staff et de joueurs « irresponsables », en l'occurrence ceux du Mouloudia d'Alger. Les lecteurs sont unanimes dans tous les forums : il y a eu dérapage !

Faut-il préciser qu'un journaliste qui écrit pour faire uniquement plaisir aux lecteurs est un journaliste qui vendra un jour ou l'autre son âme? J'écris ce que je pense et ce n'est pas la première fois que je me retrouve en minorité absolue. Certains lecteurs vont jusqu'à me traiter de... « voyou » défendant les « voyous » du MCA ! S'il ne tenait qu'à moi, je préférerais ressembler à ces rebelles « indélicats », à ces « irrévérencieux » qui fautent, à ces grossiers qui gueulent et qui laissent pantoise « la galerie des ‘’Si Flen’’ » en tenue d'apparat, oui je préfère leur ressembler plutôt qu'à ces nouveaux riches qui se croient supérieurs au commun des mortels! Et ceux qui gueulent le plus ne savent pas, malheureusement, qu'ils seront les prochaines victimes des lions enragés...
9 mai 2013
(Note de l'auteur : qui croupit aujourd'hui à la prison d'El-Harrach ? Ghrib ? Menad ? Chaouchi ? Ne sont-ils pas plutôt ces mêmes grosses légumes boudées par les joueurs du Mouloudia ?)

La grande solitude de l'homme au fauteuil roulant
La politique ? Un simple tremplin ! Sinon comment expliquer l'hémorragie du HMS au profit du TAJ ? En décidant d'intégrer l'opposition, le parti de Mokri n'a plus de sous à offrir à ces entrepreneurs douteux et carnassiers qui émigrent massivement là où il y a des projets à gogo, chez le samaritain Ghoul !
A Sonatrach et dans l'importation, sources de devises, sur les routes et les chantiers, sources de dinars à gogo,  les nouveaux archimilliardaires ne lâchent rien; leurs intérêts sont soudés par des pratiques occultes nourris par le favoritisme, le népotisme et le clientélisme.
Ce système de la corruption aurait-il pu prospérer loin des centres de décision ? L'homme qui traîne aujourd'hui sur un fauteuil roulant a encore toute sa lucidité pour mesurer le mal qui a été fait en son nom ! Sa conscience le poussera-t-il à continuer à la tête de ce pouvoir gâteux et incompétent qu'il continue d'incarner malgré lui ou aura-t-il la lucidité, comme le conseillent certains de ses proches - mais pas tous !-, de préparer sa retraite pour laisser une chance à ce pays de se débarrasser de la nouvelle mafia des hauteurs ?
18 juillet 2013
Ould Abbès en papa Noël
M. Ould Abbès n’avait pas besoin de narguer les téléspectateurs à ce point. Il pouvait continuer à puiser dans l’argent du contribuable pour faire la promotion de son chef ; cela est habituel et nul n’est en mesure de l’arrêter dans ce pays où la courbette devient le sport national. Le dérapage de M. Ould Abbès fait partie de ces forfaitures qui ne se comptent plus et qui traduisent une précipitation qui n’a pas sa raison d’être. Moi, si j’étais supporter de M. Bouteflika, je dormirais tranquille parce que c’est dans la poche – le coup de 2004 ne marche plus ! A moins que toutes ces gesticulations ne veuillent dire : « Ne m’oubliez pas ! Voyez ce que je fais pour vous ! » Mais vous faites quoi, M. Ould Abbès ? De cette manière, vous ne servez pas votre chef, vous le dévalorisez car, jusqu’à ce matin, nous ne savons toujours pas qui est le père Noël. Vous ou lui ?

24 décembre 2012
Chronique blanche

Chronique blanche en guise de solidarité avec les confrères d'Al Atlas TV, victimes d'une descente de gendarmerie qui montre clairement comment nos gouvernants traitent tout espace de liberté qui ne donne pas une image positive du leader respecté et bien-aimé.
Hier, les services de sécurité et la presse étaient ensemble sur le front de la sauvegarde de la République, pour combattre les islamistes armés. Pour une Algérie moderne, libre et démocratique.
Les journalistes non corrompus sont restés fidèles au serment des années noires. La police et la gendarmerie sont, malheureusement, utilisées pour réprimer la parole libre. Nous ne serons pas ensemble sur ce front-là. Nous serons face à face. Vous, avec vos armes et vos ordres de perquisition. Nous, avec nos plumes et nos caméras. Mais c'est nous qui gagnerons parce que nous n'avons rien à perdre. Voilà pourquoi nous vous disons : barakat !
10 mars 2014
M. F.

CHRONIQUE
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