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Pour sa pléthore de capteurs et de caméras

Tesla accusée d’espionnage !

Elon Musk s'est défendu en affirmant que les données collectées par ses voitures ne sont pas partagées avec les gouvernements.
Elon Musk espionne-t-il la Chine avec les capteurs de ses Tesla ? On se croirait dans un mauvais James Bond, mais cette nouvelle controverse pourrait bien coûter cher au géant américain de l'électrique. Tesla se retrouve pris entre les tenailles de tensions diplomatiques entre la Chine et les États-Unis : alors que Donald Trump avait tenté d'interdire le réseau social TikTok l'année dernière, la Chine semble riposter en s'attaquant à Tesla. L'usage de voitures Tesla par les fonctionnaires et personnels militaires chinois a été récemment largement restreint par Pékin. D'après des sources médiatiques, le gouvernement de Xi Jinping serait inquiet de la quantité de données récoltées par les nombreux capteurs et caméras qui équipent les modèles Tesla. 
Un coup de massue pour l'image de Tesla en Chine, alors que le pays représente désormais à lui seul 25% des ventes de l'Américain. 
Le gouvernement chinois avait déjà récemment attaqué Tesla début février, en le forçant publiquement à revoir ses méthodes de production pour améliorer la qualité de finition de ses voitures.
La réponse d'Elon Musk ne s'est, bien sûr, pas fait attendre. Dès le samedi 20 mars, il s'est voulu rassurant, en s'adressant à des investisseurs lors d'un forum économique dans le pays. 
«Les conséquences commerciales pour une entreprises qui ferait de l'espionnage avec ses produits seraient extrêmement mauvaises», a-t-il alors déclaré. «Si Tesla utilisait ses voitures pour espionner n'importe quel pays, l'entreprise serait interdite partout ; c'est une motivation suffisante pour que nous restions très confidentiels avec nos données.» 
De même, il a montré patte blanche en se portant à la défense de TikTok, affirmant que les craintes américaines étaient «irrationnelles». Il lui faudra bien déployer tous les efforts possibles pour ne pas sombrer dans le conflit avec la Chine, qui, elle, a de nombreuses raisons de s'en prendre à Tesla. 
Il y a d'abord cette relation difficile avec les États-Unis, mais les tensions de ce genre pourraient être résolues à l'amiable avec l'administration Biden ; comme elles pourraient bien dégénérer rapidement. 
D'autre part, la Chine pourrait attaquer Tesla pour assurer une place de choix aux constructeurs locaux, le prometteur NIO en tête. 
Premier marché automobile du monde, la Chine sera, bien entendu, un pays crucial au moment du virage vers le tout électrique. Perdre pied dans le pays serait un désastre pour Elon Musk.