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Les choses de la vie

Fermons nos portes aux deux vampires !

Publié par Maâmar Farah
le 13.01.2022 , 11h00
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Est-il raisonnable d'opposer le FMI à la Banque mondiale en prenant comme références leurs rapports jugés «contradictoires» ? Les deux institutions se valent. Il s'agit des côtés pile et face d'une même monnaie. Ce sont des instruments aux mains des argentiers pour conduire l'économie mondiale selon leur propre philosophie en imposant leurs solutions aux problèmes des économies nationales. Ces solutions servent essentiellement les intérêts du capitalisme international. Prônant le contrôle des richesses de nos pays par les grands groupes multinationaux étrangers, ils imposent la privatisation comme solution miracle. Ils sont totalement opposés aux politiques sociales qui, selon elles, grèvent lourdement les budgets nationaux. Ces aides tant utiles pour les populations pauvres et les familles des ouvriers, des paysans, des chômeurs et des retraités, seraient pure perte d'argent. Dès qu'un pays éprouve des difficultés financières sérieuses, ces porte-paroles du capitalisme et défenseurs ardents de la privatisation interviennent pour accorder des crédits en contrepartie de l'abandon des subventions étatiques et de l'acceptation d'un plan d'ajustement dont le but essentiel est de délester l'État concerné de ses prérogatives souveraines. C'est une nouvelle forme de colonisation : les ressources naturelles de nombreux pays sont vendues à bas prix aux grands groupes occidentaux qui accordent des miettes aux possédants locaux proches des pouvoirs. Le FMI et la BM sont très amis avec les oligarchies qui sont à leur service, comme on le voit dans de nombreux pays autour de nous qui sont orientés vers des choix économiques ne tenant nullement compte de leurs potentiels et besoins réels. On leur conseille vivement de s'occuper d'agriculture et de tourisme, les empêchant d'installer de grandes bases industrielles publiques et privées exploitant les richesses nationales au profit des peuples. FMI et BM veulent maintenir les formules coloniales en encourageant ces pays à exporter leurs matières premières à bas prix. Ces matières reviennent sous forme de produits finis onéreux. L'industrialisation doit rester la marque des pays développés. Nous ne sommes bons qu'à cultiver la terre et à cirer les bottes des touristes quand on ne leur offre pas de la chair fraîche ! Si vous le faites, vous devenez le chouchou de ces institutions qui vous prêteront de l'argent à gogo afin de mieux vous tenir !
L'Algérie, qui s'est dégagée péniblement du système anti-populaire dressé par une féroce oligarchie liée à des intérêts étrangers, a décidé de mettre son économie au service de son peuple, la soutirant des griffes des anciens maîtres enrichis par une politique d'importation tous azimuts. En effet, la rente pétrolière allait entièrement à l'importation qui ne répondait pas à nos besoins réels mais au désir de siphonner entièrement la rente pétrolière. J'avais relevé à l'époque que le volume des importations annuelles équivalait à celui des sommes en devises engrangées par l'exportation des hydrocarbures. La voracité des oligarques n'avait pas de limites. L'importation permettait de transférer vers l'étranger des sommes astronomiques en devises gonflées par le système frauduleux des fausses factures. 
De véritables et grosses fortunes se sont constituées grâce à cette importation qui permettait à ces affairistes new look d'investir à l'étranger les immenses gains qu'ils raflaient. On aurait été cléments vis-à-vis de ces voleurs s'ils avaient choisi d'utiliser ces devises pour investir chez eux, augmenter la production nationale et créer de l'emploi. Mais là n'était pas le but du jeu. Au contraire, les devises revenaient pour alimenter le marché noir ! 
En outre, l'importation de produits à bas prix inondait le pays de camelote et même d'appareils dangereux. Cette situation a été fortement défavorable à l'économie nationale. Tant d'usines ont fermé, tant d'artisans se sont retrouvés au chômage, tant d'agriculteurs ont été obligés de stationner leurs camionnettes au bord des routes pour vendre leurs produits à des tarifs dérisoires. Grands champions de la liberté du commerce international, nos deux lascars (FMI et BM) voient toujours d'un mauvais œil les restrictions en matière de circulation des marchandises imposées par les États souverains pour protéger leurs économies. Exporter les matières premières, les produits agricoles et artisanaux et tout importer : le choix proposé est clair.
Durant toute cette période où le pouvoir oligarchique a mené l'Algérie vers les bilans désastreux, annonciateurs d'effondrement économique et social, FMI et BM n'ont cessé de proposer des solutions qui auraient aggravé les problèmes et enfoncé le pays dans le cycle infernal des dettes. Comme nous l'expliquions plus haut, ces dernières sont toujours octroyées en contrepartie d'abandon des politiques sociales, de privatisations généralisées privant l'État de moyens de financement pour réaliser ses plans de développement et, partant, d'une perte du pouvoir d'achat et de glissement progressif des classes moyennes vers la précarité. 
Au cours de l'été 2017, séisme dans les hautes sphères de l'affairisme : le nouveau Premier ministre tient un discours qui fait trembler les bases des milieux importateurs et de l'oligarchie qui tourne autour. L'annonce de restrictions en matière d'importation en vue de «sauver» une partie de la rente et l'annonce de mesures allant dans le sens d'une rationalisation des dépenses et de leur orientation vers l'investissement productif, assomme les milieux financiers capitalistes et leurs relais ici. Les mesures annoncées sont dirigées contre les intérêts d'une véritable bande qui profite de la générosité des banques publiques pour s'octroyer des sommes astronomiques en dinars qu'ils ne remboursent jamais alors que l'importation lui permet de rafler presque tous les dollars de la rente. Cet homme est Tebboune. Il sera évincé au bout de quelques mois.
Maintenant que l'Algérie est débarrassée de cette oligarchie et que les horizons se dégagent malgré le brouillard encore opaque des effets de la pandémie, nous sommes en train d'assister à une révolution tranquille réveillant le secteur industriel qui a fait les beaux jours de l'Algérie. Des usines publiques sont en train de rouvrir, des unités privées, en arrêt par la faute de la bureaucratie et de son corollaire, la corruption, reprennent le travail partout. De nouveaux projets voient le jour grâce à la facilitation des crédits bancaires, etc. Les prochains chiffres de la reprise industrielle étonneront plus d'un. Mais le miracle viendra certainement des gros projets visant à mettre en valeur nos immenses ressources en fer et en phosphate, ainsi que les autres richesses dont regorge notre sous-sol.
L'importation a été divisée par deux, l'agriculture boostée malgré les manques dans les produits essentiels et qui coûtent cher à l'importation (notamment céréales et lait), le tourisme a repris avec une clientèle exclusivement nationale, la politique sociale a été réaffirmée avec une nouvelle organisation dont nous espérons qu'elle ne laissera pas de côté des pans entiers de la population déshéritée. Il reste pourtant beaucoup de tâches à accomplir mais si la volonté de maintenir l'autonomie de la décision politique nationale et l'objectif de réaliser l'autosatisfaction dans divers domaines s'affirment comme prioritaires et si les portes restent fermées aux propositions des deux vampires que sont le FMI et la BM, nul doute que 2022 sera l'année du décollage. 
Quant aux privatisations, et après les dégâts de la dernière décennie, il vaut mieux ne plus en parler. Le privé doit investir dans de nouveaux projets au lieu de lorgner vers les biens publics. Ce serait la réponse cinglante aux vœux du couple infernal. 
M. F.

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