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L’imparfait du subjectif

Le casse-tête domestique d’Emmanuel Macron…

Publié par Arris Touffan
le 07.10.2021 , 11h00
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Présidentielle, 2017 : Macron qualifie la colonisation de «crime contre l’humanité». Il ose ! Ça ne manque pas d’exaspérer l’extrême-droite et les nostalgiques de l’Algérie française. Mais, surprise : il est quand même élu !
Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. La montée en force du populisme radical de droite, avec la survenue dans le paysage du polémiste révisionniste Eric Zemmour, impose des sujets casse-gueule, comme l’immigration, la mémoire  de la colonisation, l’islamisme, l’islam autour desquels se nouent les enjeux de l’élection de 2022.
Les déconvenues de Macron sur plusieurs plans expliqueraient en partie qu’il ratisse sur ces terrains-là, ceux de l’immigration, des visas, des sans-papiers et des rapports rugueux avec l’Algérie.
Il n’y a pas si longtemps, Macron apportait son soutien au Président Tebboune au grand dam du Hirak. Et voilà qu’aujourd’hui, il parle presque comme… un hirakiste, le patriotisme algérien en moins.
Chef d’État étranger, qui plus est d’un pays ayant en commun avec l’Algérie une mémoire et des intérêts litigieux, les jugements qu’il porte sur la gouvernance «politico-militaire» sonnent comme un casus belli diplomatique.
En outre, dans l’hypothèse hasardeuse où Macron aurait relativement raison concernant la formation de la Nation algérienne — ce qui n’est pas le cas —, si celle-ci s’est forgée après la colonisation, c’est donc contre la France et non avec ou grâce à la France. C’est loin d’être un motif de fierté.
Entre le soutien premier à Tebboune et aujourd’hui, il s’est passé bien des choses pour Macron. L’échec de l’action militaire et politique française dans le Sahel, le regain de tension autour de Algérie, notamment à l’égard de tous les pays qui s’opposent à l’autodétermination du Sahara Occidental à propos duquel la France est plus proche des positions colonialistes du Maroc que de celles de l’Algérie, tout cela noircit davantage le tableau.
Concernant sa dénonciation de la «haine de la France», le Président français se trompe. Les Algériens n’ont jamais nourri de haine contre une France essentialisée, mais ils ont combattu et dénoncé le colonialisme français qui a fait des millions de victimes, commis d’effroyables injustices et déstructuré durablement la Nation algérienne.
Si quatre ans d’occupation allemande en France ont laissé de profonds stigmates, quid alors de 132 ans d’occupation colonialiste barbare ? Blessure mémorielle !
A. T.

 

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