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Mali

Des signaux encourageants malgré l’insécurité chronique

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies consacrée à la situation au Mali, M. Lacroix a réitéré devant les membres du Conseil l'appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, aux « parties prenantes concernées pour qu’elles intensifient et renforcent la réponse de la communauté internationale face aux problèmes du terrorisme dans la région du Sahel ». 
Vendredi dernier, quatre Casques bleus de la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) ont été tués dans l’attaque de leur camp à Aguelhok, dans le nord du Mali. Depuis le début de l'année, les troupes de la Minusma, ainsi que les forces de défense et de sécurité maliennes et la population civile ont subi des attaques répétées et d'importantes pertes, tandis que plusieurs régions et agglomérations du pays vivent sous la menace permanente de groupes armés. 
Il faut aussi rappeler qu’en janvier dernier, cinq Casques bleus ont été tués dans deux attaques distinctes dans les régions de Tombouctou (nord-ouest), et de Tessalit (nord-est). En février, une vingtaine de soldats de maintien de la paix ont été blessés dans l’attaque de leur base près de Douentza dans le centre du pays. 
Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, estime que « malgré les améliorations encourageantes de la situation sécuritaire dans certaines zones de la région, nous appelons le gouvernement de transition du Mali à concevoir une approche globale pour améliorer la situation en matière de sécurité, parallèlement aux efforts de protection des civils et de restauration de l’autorité de l’État et des services sociaux de base », a indiqué M. Lacroix. 
Selon lui, « toute amélioration durable de la situation sécuritaire au Mali repose en grande partie sur le succès de la transition politique actuelle ». S’il considère que cette transition demeure fragile, le secrétaire général adjoint a toutefois signalé que  des signes encourageants ont été enregistrés dans la mise en œuvre du programme de réformes. Les autorités maliennes ont relancé le fonctionnement des principales institutions de la transition. Il a insisté sur la nécessité d’« accélérer de toute urgence ces réformes, tout en garantissant que le plus grand nombre d'acteurs se joignent au processus ». « Dans les semaines et les mois à venir, le succès de la transition dépendra de l'engagement des parties prenantes maliennes à faire en sorte que la transition et les principaux processus de réformes qui la sous-tendent restent inclusifs, transparents et crédibles », a dit le chef des opérations de paix. Concernant la préparation des élections qui doivent être organisées à la fin de la période de transition, les Maliens ne se sont pas encore mis d’accord sur les réformes à mettre en œuvre, notamment sur la question de la gestion des scrutins. « En conséquence, un calendrier électoral officiel n'a pas encore été publié », a indiqué M. Lacroix. L’ONU encourage ainsi les acteurs politiques maliens à « travailler dans un esprit de compromis, et à promulguer des réformes visant à créer un environnement propice à des élections pacifiques, inclusives, transparentes et crédibles ». « Ces élections représentent le test décisif de la transition actuelle et une étape nécessaire vers le retour du Mali à l’ordre constitutionnelle », a souligné le secrétaire général adjoint.
R. I.