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«Du qui-tue-qui ?» au «qui-est-qui ?»

Publié par Brahim Taouchichet
le 13.10.2021 , 11h00
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Le mutisme de Paris couplé au silence du Makhzen ouvre la voie à toutes les supputations. C’est d’ailleurs dans la tradition dès lors que l’Algérie est au menu du jour ! Faut-il croire que tous les deux sont unis dans leurs hostilités partagées contre un pays, incontournable, quoi qu’ils disent ? J’avoue qu’en lisant le compte rendu de la visite de notre chef de la diplomatie à la prison romaine où le valeureux roi numide (Algérien) s’est laissé mourir de faim, j’ai eu non pas un pincement au cœur, mais un sourire entendu devant ce clin d’œil de l’Histoire. Oui, quelque part, on est frappé par la similitude d’événements qui mettent en action des hommes amoureux de leur liberté, (Amazighs) contre ceux qui veulent les en priver. 
L’intrépide Jugurtha, petit-fils du non moins grand Massinissa (remarquez que ce nom est repris dans les familles algériennes), a tenu la dragée haute, durant sept ans, aux meilleurs généraux de l’Empire romain, pourtant dans la plénitude de sa puissance. Dans sa guerre contre Rome, Jugurtha avait oublié un détail et non des moindres : la confiance en son beau-père de Bocchus, roi des Maures (Maroc actuel) qui l’a invité chez lui pour le livrer ensuite au dictateur de Rome, Sylla. C’était en 106 av. J.-C. Voilà une vérité historique qui remonte à l’Antiquité pour tous ceux qui souffrent d’un déficit mémoriel. 
On peut logiquement considérer que l’État moderne de l’Émir Abdelkader est de fraîche date, ce que corrobore l’historien Benjamin Stora parlant aussi de la Régence d’Alger et des nombreux échanges consulaires entre la France et l’Algérie. Sur ce point précis, Stora veut se démarquer de l’esclandre de son Président Macron, car  il y va de sa crédibilité. Mieux, il lui tend une perche l’appelant à faire du 17 Octobre prochain une occasion de colmater les dégâts provoqués par ses déclarations négationnistes. « Il doit oublier que l’Algérie était une colonie française », tonne Abdelmadjid Tebboune dans son habituel franc-parler. C’est qu’il n’est pas question de revivre les manipulations sémantiques de la décennie noire avec les « qui-tue-qui ? ». La réaction unanime des Algériens face au déni français de l’histoire millénaire de l’Algérie ne peut admettre ce nouveau parjure de « qui est qui ? ». 
Des intellectuels, bien de chez nous, ont cru pertinent de reprendre à leur compte les attaques de Macron contre le système « politico-militaire ». Il en est ainsi du théoricien de la « régression féconde » et des bons Algériens admis dans les salons parisiens doctes. Pour plaire ? Question de concepts ? Pas seulement, il y a risque de légitimation de ces vues nées d’un esprit néocolonial. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Brahim Taouchichet
 

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