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Liban

Les hôpitaux démunis en cas de nouvelle vague

L'effondrement économique et les pénuries d'électricité au Liban rendent les hôpitaux très vulnérables et moins équipés pour faire face à une éventuelle nouvelle vague de l'épidémie de Covid-19, avertit le directeur du plus grand hôpital public du pays.
Outre l'émigration de membres du personnel soignant et les pénuries de médicaments, les hôpitaux font face à des coupures de courant frôlant parfois les 22 heures par jour ainsi qu'à une raréfaction du mazout, indispensable au fonctionnement des générateurs privés d'électricité qui prennent le relais quand la compagnie nationale déleste. 
«Tous les hôpitaux (...) sont désormais moins préparés qu'ils ne l'étaient au moment de la vague survenue au début de l'année», déplore Firass Abiad, directeur de l'hôpital universitaire Rafic-Hariri, en première ligne de la lutte contre le Covid-19. «Des membres du personnel médical et infirmier sont partis, des médicaments qui étaient autrefois disponibles sont épuisés» et l'absence de courant met en péril le fonctionnement des hôpitaux et la vie des patients, poursuit le médecin, devenu une référence pour le grand public au Liban grâce à sa gestion de la crise au sein de son établissement et aux conseils qu'il prodigue sur les réseaux sociaux. «Nous n'avons que deux à trois heures d'électricité (par jour), le reste du temps, c'est aux générateurs» d'alimenter l'établissement et «nous portons l'énorme fardeau de devoir constamment chercher du mazout» pour les alimenter, explique-t-il. 
Le pays fait face à des pénuries de mazout et les prix ont quasiment doublé en un peu plus d'un mois tandis que la livre libanaise poursuite sa dégringolade. À l'hôpital Rafic-Hariri, il n'est pas rare que certains médicaments viennent à manquer dans les stocks. «Certains jours, nous sommes obligés de demander aux proches des patients d'aller chercher un médicament dans un autre hôpital ou dans une pharmacie», raconte Firass Abiad.
R. I.