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Tchad

Une mission de médiation de l’Union africaine à N’Djamena

Alors que de nouveaux éléments sont mis au jour quant aux circonstances réelles de la mort du Président Idriss Deby Itno, la mise en place d’un Conseil militaire provisoire (CMP) n’est pas du goût des Tchadiens qui ont investi les rues de la capitale N’Djamena que n’a pu apaiser le discours du successeur du défunt, le général Mahamat Idriss Déby Itno. 
Les manifestants dénoncent le CMP et le rôle de la France dans la gestion politique de l’après Idriss Deby. Une mission de médiation de l’Union africaine était attendue à N’Djamena. À la tête de cette mission, on retrouve Bankole Adeoye, le nouveau commissaire paix et sécurité et Mohamed Idriss Farah, l’ambassadeur djiboutien qui préside actuellement le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine. Tous les deux vont conduire une délégation de plusieurs membres de ce CPS, avec comme objectif de favoriser le dialogue entre le Conseil militaire de transition et les forces politiques. 
Selon une source diplomatique, la délégation va vouloir obtenir des garanties, à la fois sur la place et le pouvoir accordé aux civils, et sur le respect du cadre de départ, à savoir une transition de 18 mois maximum. Cette délégation, qui doit rester dix jours sur place, produira un rapport à l’issue de sa mission. Ce dernier devrait permettre au Conseil paix et sécurité d’adopter une position définitive sur les mesures à prendre, car ce dossier provoque depuis huit jours de fortes tensions en interne. 
À noter le retour de l’opposant Yaya Dillo qui avait dû fuir N’Djamena fin février passé, après l’assaut des forces de sécurité sur sa résidence, durant laquelle il affirme que sa mère et l’un de ses fils ont trouvé la mort. 
L’opposant tchadien dit aujourd’hui « pardonner » les responsables. Il est rentré dans la capitale il y a quelques jours en vue d’une reprise de ses activités politiques. 
R. I.