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JIJEL Le kalbellouz de Boutaleb, l'ombre des Beni-Ider et du cheikh Sidi Abdellah Moule de Chekfa

Publié par Bouhali Mohammed-Cherif
le 09.05.2021 , 11h00
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Située à quelques kilomètres à l'est de la commune de Chekfa, la localité de Boutaleb dont la population est issue de la faction de Beni-Maâmer dépendant du puissant aârch de Beni-ider, réputée jadis pour ses champs de tisane, constitue actuellement un lieu de «pèlerinage» de nombreux jeûneurs en ce mois de carême.
Et pour cause, son délicieux kalbellouz dont la réputation a dépassé les frontières de la wilaya. «On vient de toutes les localités et même de Mila», nous confie Hocine, la cinquantaine, diplômé de l'Institut de sociologie de Bouzaréah, transporteur de son état, habitant de cette paisible localité.
Pour l'histoire, le défunt auteur Ali Khenouf a affirmé dans son ouvrage intitulé L'histoire ancienne de Jijel  que les Beni-Ider, à l'instar de certaines tribus de la région jijelienne réputées pour leur courage, ont bénéficié de certains privilèges durant le règne des deux frères Arroudj et Kheireddine, dont l'exonération d'impôts, le port d'armes et la tenue turque, l'octroi des biens immobiliers à La Casbah dont des commerces en signe de reconnaissance de leur contribution à la résistance contre les expéditions étrangères. Ils ont confié la gestion des boulangeries du Beyleck aux tribus Beni-Ider, ce qui explique leur maîtrise du métier de boulanger. Ils détenaient également de nombreuses boulangeries notamment dans certains quartiers populaires de Belouizdad, du 1er-Mai, La Casbah et Bab-el-Oued. Le kalbellouz chez les Beni-Maâmer trouve son origine dans le parcours professionnel de deux frères boulangers, le défunt Debieche Mustapha et Youcef qui ont appris la confection de ce gâteau lors de leur passage dans des boulangeries algéroises dont certaines appartenaient à des gens de la région durant les années 1960 et 1970. 
Lors de leur retour dans leur ville natale, à la fin des années 1980, ils ont crée leur propre commerce en louant des espaces et des boulangeries pour vendre occasionnellement le kalbellouz à Chekfa, notamment durant le mois de carême, au début des années 1990. On venait de partout pour acheter le fameux «mahchi» fait à base d'amandes, se souvient Omar, ancien boulanger, la cinquantaine entamée. Les deux frères dressaient leurs étals et écoulaient leur marchandise en un temps record. C'était la ruée des gourmets. Mais ces deux artisans étaient contraints de changer de lieu à cause de la décennie noire. Youcef s'est associé à un gérant d'une boulangerie à El-Kennar, alors que le défunt Mustapha reviendra à Boutaleb et initiera son fils Yacine aux secrets de ce métier. En dépit des aléas du temps, le kalbellouz Boutaleb demeure «une marque déposée» de l’avis de nombreux citoyens rencontrés dans cette localité qui est le coin de prédilection de nombreux jeûneurs à la recherche de kalbellouz fait par Yacine Debieche. Quotidiennement, le flux de clients commence à partir de 13 heures. On se bouscule devant le local du fils du défunt Mustapha qui est mort ces dernières années, léguant la profession à son fils. Actuellement, Yacine poursuit le parcours de son père. Le fils de aâmmi Mustapha nous a affirmé que les prix des ingrédients de ce gâteau ont connu une hausse, qui s’est répercutée sur son prix, soulignant que le morceau de ce gâteau oriental se vend à 35 DA alors que le kalbellouz à base d'amandes se vend à 70 DA la pièce. Poursuivant son récit, il précise : «J'arrive à écouler ma marchandise rapidement bien que la vente ait connu une certaine baisse. J'ai des clients qui viennent de Jijel, Taher, El-Milia, Ziama-Mansouriah et même de la wilaya de Mila.» 
Cette année, les avis sont unanimes, le kalbellouz de Boutaleb enregistre une reprise tangible, comparativement à l'an dernier. Cela est dû à la crise sanitaire, nous révèle Hocine habitant de cette localité, «il est difficile de dénicher une place pour stationner à partir de 17 heures.» 
En quittant le village natal du défunt poète Benmerioma Mahmoud, l'ombre de aâmmi Mustapha hante toujours  cet endroit qui demeure, malgré les aléas du temps, «le lieu de pèlerinage» des jeûneurs.
Bouhali Mohammed Cherif 

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