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Premier salon national dédié au Safran à Oran Quand le circuit de distribution fait défaut

Publié par Amel Bentolba
le 03.04.2021 , 11h00
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Photo archive

Depuis jeudi et à partir d’Oran a lieu le premier Salon national dédié à la culture du safran, une rencontre tant attendue et espérée par les producteurs locaux afin de promouvoir le safran algérien. La rencontre prend fin aujourd’hui, samedi, au niveau de la pépinière Minbar El Hadaïk à Es-Senia. Elle est co-organisée par l’association algérienne pour la promotion de la culture du safran et l’association de la promotion de la femme rurale «Main dans la main».
Au total, ce sont 26 wilayas, sur les 28 qui produisent le safran, à prendre part à ce premier salon. Cette épice considérée comme étant la plus chère au monde est toutefois peu utilisée en Algérie du fait de sa cherté, car il faut savoir qu’un gramme de ce précieux «or rouge» tel qu’il est surnommé coûte pas moins de 2000 DA.
Présent à cette manifestation, le premier qui a su exploiter la culture du safran en Algérie est natif de la wilaya de Khenchela, en l’occurrence, Rouibi Abdellah, également président de l’Association algérienne pour la promotion de la culture du safran.
Pour ce producteur, ce que consomment les Algériens comme étant du safran «c’est un déchet de l’industrie, ce safran commercialisé à Alger est du plastique coloré je l’ai fait analyser». Abordant la question du prix du gramme qui consiste en un repoussoir pour le consommateur algérien, notre interlocuteur tient à préciser qu’en France, il est vendu entre 35 000 et 40 000 euros le kilo. « Pour produire 1 gramme de safran, il me faut 150 à 200 fleurs. Sachez qu’un gramme de safran peut colorer jusqu’à un quintal de riz le rendant totalement jaune.
La commercialisation au niveau local commence à peine à bouger, et ce, à force de coups de publicité et de communication, les gens commencent à l’utiliser, mais son véritable marché se trouve à l’étranger», dit-il. «Avant la crise du Covid, je le commercialisais en France, mais depuis, l’exportation est à l’arrêt». L’intervention de l’État est sollicitée pour promouvoir cette branche. «J’y active depuis près de 12 ans et sans aucune aide, je fais la promotion et les plantations. L’État devrait au moins nous aider pour sa commercialisation». À titre d’exemple d’entraves rencontrées, il citera le fait que pour la certification du produit, il est obligé de se rendre en Tunisie dans un laboratoire français qui demande 3 500 euros. «En Algérie, nous disposons d’un grand nombre de docteurs qui pourraient aisément créer ce type de laboratoires et pratiquer cette certification.»
Du pionnier de la culture du safran, nous avons été attirés par un groupe de jeunes étudiants venus de la wilaya de Ghardaïa et qui se sont mis à la culture du safran depuis près de 4 ans. Appelé «Nada Saffron», ce groupe de producteurs nous confient leurs difficultés à commercialiser leurs récoltes, ce produit étant peu utilisé dans la cuisine algérienne. «Nous travaillons beaucoup sur l’aspect communication pour informer sur les bienfaits du safran pur.». Pour ce qui est de la quantité produite, ces jeunes en sont à leurs débuts et parviennent à produire 2 kilos de safran par an. Toutefois, et comme tous les producteurs, ils rencontrent des difficultés, notamment dans la région de Ghardaïa où l’eau fait défaut. En plus, ces jeunes doivent louer une parcelle de terre pour le cultiver sans aide de l’État. Ils s’accrochent néanmoins à leur projet.
Cet autre producteur, Terich, venu de Kabylie dans la commune de Maâtka, à 16 kilomètres de Tizi-Ouzou, a eu l’idée de cultiver cette plante au niveau de sa région il y a de cela 3 ans. «Nous avons ramené la semence de chez nos frères de Khenchela et nous avons fait notre propre expérience, il y a des résultats encourageants». Toutefois, il déplore la faiblesse de sa commercialisation malgré ses vertus médicinales et culinaires. «Nous rencontrons des difficultés à écouler notre production. Certes, le prix du gramme est de 2 000 DA, mais sachez qu’un gramme réalise de 100 à 120 repas».
Les femmes sont incontournables pour la culture du safran, leur main-d’œuvre étant très importante pour manier ces plantes délicates. Beaucoup d’entre elles se sont intéressées à ce secteur à l’exemple de Mme Oulebssir Nadera, ingénieur d’État en sciences agricoles, une agricultrice qui a fait ses premiers pas dans la culture de la figue de Barbarie au niveau de la commune de Sidi Fraj, dans la wilaya de Souk Ahras.
«J’ai une culture de la figue de barbarie principalement, et j’ai intercalé avec la production d’autres plantes médicinales à l’exemple du safran que j’ai entamée depuis 2017 à Béjaïa puis, là, où je suis installée actuellement.».
La première production est dure et peu quantitative dit-elle, «mais à présent j’ai une petite superficie où je cultive le safran, je continuerai à condition que j’aie un marché où je peux vendre mon produit, sinon j’arrête, je ne pourrai pas me contenter de la passion».
Pour Mme Baba Ahmed, présidente de l’association de la femme rurale «Main dans la main» après un premier salon dédié au safran organisé à Alger au niveau de la Safex, elle a déploré l’absence du public. «Aucun écho n’a été reçu», estime-t-elle. Elle décide alors avec ses amis safraniers membres de l’association, d’organiser un autre salon à Oran, l’association est née à Oran le 9 juillet 2018, il était tout naturel pour elle d’organiser le salon à Oran. « Aujourd’hui, le but est de faire connaître ce produit. Ce salon est aussi consacré aux futurs safraniers comme les jeunes qui veulent créer une safranière, on est là pour les accompagner. À noter que la femme rurale est celle qui sait le plus travailler le safran car c’est un travail manuel qui exige de la patience ».
Amel Bentolba

Conférence régionale autour de «la mémoire nationale»
Ce jeudi à partir d’Oran, le conseiller du président de la République chargé des archives nationales et de la mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, a affirmé que la question de la mémoire nationale est d’une extrême importance, «car elle est attachée au destin de notre nation, de notre État et de nos citoyens».
C’est à l’occasion d’une rencontre régionale autour de «la mémoire nationale et de son rôle dans la réalisation et la protection de l’unité nationale» organisée au centre de conférences de la mosquée Ibn-Badis, que l’intervenant a souligné l’importance de la mémoire collective sur laquelle sont construites les nations. «Nous vivons une période très sensible parce que nous n’avons pas pansé nos blessures, et aussi, nous n’avons pas complété la connaissance de soi. L’Algérie tout au long de sa durée d’existence n’a jamais été injuste, ou rancunière ceci doit être constant dans nos esprits, on ne s’en est pris à personne, au contraire, nous sommes un peuple pacifique.»
Ce qu’a enduré le peuple fait partie du passé et nous avons regardé vers l’avenir dans la perspective que nous aspirons à être meilleurs», dit-il. Ce que l’Algérie a subi comme exactions durant la période coloniale n’est comparable nulle part, dira-t-il. Sans oublier les Algériens déportés ajoute-t-il. « Ils ont été déracinés de leur pays et implantés dans des contrées lointaines. Mais l’amour de la nation et du pays demeure dans l’esprit de leurs descendants qui pleurent l’Algérie qu’ils n’ont pas vue. Pourquoi nous ne leur donnons pas une occasion pour qu’ils s’attachent à ce pays ? Rien ne nous en empêche.»
Dans un court point de presse, la question des déportés et de leurs descendants a été évoquée à nouveau et l’intervenant précise qu’une réflexion est en cours afin de donner un lien à ces déportés qui en sont à la 3e et même 5e génération, afin qu’ils restent en contact avec ce pays.
Pour notre interlocuteur, l’expression de réconciliation n’est pas à sa place lorsqu’il s’agit de mémoire nationale.« Je n’aime pas cette expression car nous ne sommes pas en guerre avec la mémoire, nous sommes peut-être dans une période d’ignorance ou d’oubli, nous voulons rendre à la mémoire sa place c’est tout, et lui donner la valeur qu’elle mérite. Par ce travail de mémoire nationale, les directives du président de la République sont claires. Nous voulons par ce travail constituer un environnement d’amour et de fraternité et d’entraide entre les membres d’un seul peuple et nous voulons réaliser une unité nationale véritable ». Ceci, dit-il, afin de « rehausser la valeur de ce pays et qu’il se stabilise dans le monde». Et d’ajouter : «Nous voulons des relations équilibrées avec tout le monde. Nous n’avons aucune haine envers quiconque mais on ne veut pas qu’on nous piétine.»
A. B.

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