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Reportage

Alger-Tizi Ouzou-Boumerdès : Balade historique et touristique Culture et loisirs à l’honneur (2e Partie)

Publié par LSA
le 12.05.2020 , 06h00
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Par Mohamed Arezki Himeur
Hussein-dey : Oued Kniss marque le début de son territoire. Le quartier est méconnaissable. Il a complètement changé d’aspect, amoché par la construction de la ligne du tramway. Réalisée sur toute la longueur de la rue de Tripoli (ex-rue de Constantine), principale artère commerçante, elle a porté un coup fatal à l’activité économique et commerciale. Hussein-Dey tire son nom d’un domaine agricole abritant, autrefois, une maison de campagne du dernier pacha d’Alger.

La ferme occupait pratiquement toute la superficie allant de l’oued Kniss jusqu’à la rive  ouest de l’oued El-Harrach. Le territoire initial d’Hussein-Dey a été délimité en 1835. Il a été rattaché à la commune de Kouba, avant d’être élevé au rang de commune de plein exercice mai 1870. Son annexion à Alger en tant qu’arrondissement remonte au mois de mars 1959.
Dès le début de la colonisation, un millier d’hectares du domaine du dey Hussein a été attribué à une société qui devait céder la moitié à des colons français et étrangers, dont des Mahonnais réputés pour leur savoir-faire en culture maraîchère. Le quartier deviendra, plus tard, une zone d’activité industrielle avec la création d’une multitude d’usines et d’ateliers. La villa du dey Hussein a été transformée en dépôt de tabac. 
Hussein-Dey disposait d’un hippodrome, connu aujourd’hui sous le nom de Kharrouba, et d’un aérodrome d’aviation légère, réservé exclusivement aux loisirs, aux sports et au tourisme. Il abritait les services de l’aéro-club d’Alger. «Sur l’aérodrome d’Hussein-Dey règne une activité sans cesse croissante. Les aviateurs de passage qui y atterrissent et en partent, de plus en plus nombreux, attirent un grand nombre de personnes d’Hussein-Dey et d’Alger qui sont heureux de pouvoir regarder de près, au repos ou en évolution, les avions de tourisme qu’elles n’avaient fait qu’apercevoir jusqu’à maintenant au-dessus de leur tête.»(1) Hussein-Dey compte aujourd’hui plusieurs établissements hôteliers de haut standing. 
C’est sur les berges de ce quartier qu’échouèrent, sur les rochers des Sablettes, les expéditions menées contre Alger successivement par Diego de Vera (1516), Hugo de Moncada (1519), l’empereur Charles-Quint (1541), Philippe III roi d’Espagne (1601), le comte Elejandro O’Reilly (1775) et Antoine Barcelo (1783 et 1784).
L’inénarrable débâcle de Charles-Quint est attribuée par la légende populaire plutôt aux saints Ouali Dada, Bougueddour, Sidi Betka et Youcef, qu’à la riposte des janissaires. Les troupes ottomanes n’auraient franchi les remparts de la cité qu’après avoir vu, de leurs tours et terrasses, la débandade des forces espagnoles sous une forte tempête provoquée par les mauvais sorts jetés, selon la même légende, par les quatre saints hommes contre les assaillants. C’est peut-être cette cuisante défaite qui poussa, quelques années plus tard, l’empereur Charles-Quint à lâcher le pouvoir, à se retirer dans un couvent d'Estrémadure.

Les Sablettes : Du côté mer, Hussein-Dey abrite un important complexe de détente et de loisirs drainant beaucoup de monde : terrains de sports, aires de jeux et de détente, espaces pique-nique et piscines. Il longe une grande partie de la plage des Sablettes et offre une vue splendide sur la rade et les différents quartiers d’Alger.  En été, pendant le mois de Ramadhan, des familles entières y venaient pour rompre le jeûne à la belle étoile, aux stridents cris des mouettes et aux bruits des vagues ou au clapotement des flots sur les rochers, selon l’état de la mer. Ils débarquaient sur les lieux avec des dattes et du lait pour rompre le jeûne, des marmites pleines de chorba frik et de soupe aux vermicelles, des bourek bourrés de crevettes et de viande rouge ou blanche, un ou deux plats de résistance, des fruits, des gâteaux traditionnels, dont l’inévitable qalb-ellouz (cœur d’amande), des thermos de thé à la menthe et de café. Les soirées s’étalaient jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Complexe omnisports : Dans la même zone des Sablettes, mitoyen de la gare routière, se trouve un complexe omnisports abritant diverses infrastructures sportives mises à la disposition des associations et des sportifs, amateurs et professionnels. On peut citer, entre autres, le terrain de football, la piscine, des terrains de handball, de volley-ball et de basket-ball, un terrain pour la pétanque, une salle de sport, une salle de musculation, des vestiaires. L’endroit est très couru par des mordus des activités sportives. 
D’autant qu’il n’est pas trop éloigné de l’arrêt du tramway desservant la banlieue est d’Alger. 

Centre équestre : Toujours dans le même secteur, un centre équestre représentant ce qui reste de l’ancien hippodrome de Kharrouba. Il est ouvert aux professionnels et aux novices. Il s’agit d’«un cadre aménagé permettant la pratique de l’équitation pour les petits et les grands. Le centre est par excellence l’endroit où vous pouvez vous balader en toute tranquillité. Ce havre de paix dispose d’un ensemble d’espaces et d’aires aménagés, dont une carrière de compétition gazonnée de 6 000 m2».(2)

La Grande Mosquée : Non loin de là, de l’autre côté de l’oued El-Harrach, le quartier de Mohammadia (ex-Lavigerie) où trône dans le ciel le minaret de la Grande Mosquée. Cet établissement est bâti sur les terres d’un domaine agricole attribué, au début de la colonisation française, à Mgr Lavigerie qui édifia, au milieu des vignes, le monastère Saint-Joseph et fonda, en 1868, la maison-mère des Missions d’Afrique. Cette congrégation de missionnaires, plus connue sous l’appellation de «Pères Blancs», eut pour mission «de répandre la civilisation chrétienne» en Algérie. Le nom de Lavigerie que portait ce quartier est remplacé depuis l’indépendance par celui de Mohammadia, érigé en commune en 1984.
Le domaine s’étendait sur une superficie de 722 hectares, dont 510 réservés au vignoble et 186 autres aux céréales. Il fournissait l’un des meilleurs crus d’Algérie vendus sous l’appellation des «Vins des coteaux d’El-Harrach». 
Les Pères Blancs avaient recueilli, dès les premiers mois de la création de leur établissement, des enfants orphelins des suites de la grande famine qui avait fait plus de 500 000 morts parmi les autochtones. Deux ou trois journaux de l’époque, qui évoquèrent cette catastrophe, furent interdits, frappés d’amende et leurs journalistes jetés en prison, pour avoir relaté ce drame qui avait «entaché» la propagande en vogue sur «les bienfaits de la colonisation et de la civilisation». 
La Grande Mosquée, dont la construction a été entamée par les Allemands et poursuivie par les Chinois, occupe une superficie de 27 hectares. Il s’agit de la plus grande mosquée d’Algérie et troisième dans le monde, après celle de Médine et de La Mecque, en Arabie Saoudite. 
Elle comprend une salle de prière pouvant accueillir jusqu’à 35 000 fidèles. Elle est surmontée d’une coupole haute de 75 mètres et d’un minaret de 265 mètres, visible de tous les quartiers d’Alger et de sa périphérie. Elle peut accueillir jusqu’à 120 000 visiteurs/jour. 
Il s'agit d’un complexe cultuel abritant diverses infrastructures : salle d’exposition, bibliothèque, médiathèque, vidéothèque, locaux commerciaux, restaurant, etc. Le coût de sa construction n’a jamais été divulgué. Il a largement dépassé, et de loin, le budget initial d’un milliard de dollars.   
M. A. H.

(1) Le manche à balai, revue mensuelle de propagande aéronautique, n°13, mai 1933.
(2) Site web de l’Office des parcs des sports et des loisirs d’Alger (OPLA), gestionnaire de l’établissement.

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