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Reportage

Alger-Tizi Ouzou-Boumerdès : balade historique et touristique Et l’oued créa la ville (3e Partie)

Publié par LSA
le 13.05.2020 , 06h00
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Par Mohamed Arezki Himeur
Mohammadia (Lavigerie) : Mohammadia faisait partie, autrefois, d’El-Harrach, un quartier promis à un bel avenir. Il est appelé à devenir le principal centre d’attraction d’Alger, une fois achevé l’aménagement du cours d’eau du même nom en parcs de détente et de  loisirs. C’est un projet grandiose qui s’étend sur les deux rives d’el-oued sur plus de 18 km. Il comprendra des espaces verts, 6 terrains de football, 3 de handball, 3 de basket-ball, 3 piscines installées à l’embouchure de l’oued, une douzaine de passerelles reliant les deux rives, des pistes de jogging, des pistes cyclables, des cafés-restaurants, des hôtels, des espaces de détente pour familles, la navigation des barques à pagaie sur une distance de 6 km. Certaines zones sont déjà ouvertes au public. Oued El-Harrach court sur environ 67 km, à travers les territoires des wilayas de Médéa, Blida et Alger. Après sa dépollution, les odeurs nauséabondes qu’il répandait dans l’air ont, en grande partie, disparu. Sa récupération a nécessité l’éradication de plusieurs bidonvilles et le relogement de plus de 6 000 familles dans des cités édifiées à la périphérie d’Alger et sur des territoires des wilayas limitrophes.

En attendant l’achèvement des travaux, ralentis depuis le début de la crise pétrolière, on peut rejoindre le centre d’El Harrach, afin de visiter ses vieilles halles datant de 1932, le marché aux oiseaux qui se tient les vendredis, les nombreuses boutiques spécialisées dans les téléphones mobiles, la superbe bâtisse de la mairie et terminer la balade en beauté avec un tête-à-tête avec un «berraq âaynou», un bouzellouf, tête de mouton cuite à la braise, pour les amateurs. Une spécialité qu’il se partageait, autrefois, avec les gargotiers des abattoirs d’Hussein-Dey avant leur délocalisation.

El-Harrach : El-Harrach était la première halte des autochtones de l’Est et du Sud-Est algérien débarquant dans l’Algérois. C’est de ce village colonial, créé en 1851, qu’ils partaient tôt le matin à la recherche du travail dans les chantiers d’Alger et les fermes agricoles de la Mitidja. Les terres fertiles proches du littoral étaient entre les mains des Mahonnais, réputés pour leur savoir-faire et leur expertise dans les cultures maraîchères. Fondé sous le nom de Maison-Carrée, il était rattaché, avec Rouiba et Dar El-Beïda, à la commune de Rassauta. Elle avait reçu la visite du couple impérial, Napoléon III et sa dulcinée Eugénie, lors de sa première tournée en Algérie en 1860. Elevé au rang de commune de plein exercice en 1869, El-Harrach abritait primitivement un petit hameau entouré de fermes appartenant, en majorité, à des dignitaires ottomans. Ses habitants travaillaient comme ouvriers agricoles ou s’adonnaient à l’élevage de bestiaux. 
El-Harrach était le village le plus proche de la tribu des Ouffia décimée arbitrairement en avril 1832 sous les ordres d’Anne-Jean-Marie-René Savary, duc de Rovigo, alors commandant en chef du corps expéditionnaire français en Algérie. Ce fut l’un des premiers, sinon le premier, massacres de civils commis par la France coloniale en Algérie. 
Maison-Carrée est le nom donné par les Français, après le débarquement de 1830, à une caserne quadrilatère de janissaires turcs édifiée en 1724 sur un mamelon surplombant oued El-Harrach. La bâtisse était successivement désignée durant l’occupation ottomane sous les noms différents de bordj El-Kantara, bordj l’Agha, bordj Yahya. C’est ici que se regroupaient les troupes turques avant de fondre, à l’improviste, comme un rapace sur sa proie, sur des hameaux de la Mitidja et de la Kabylie, pour prélever, sous la menace de l’épée et de la poudre, les impôts auprès des autochtones ou lancer des expéditions punitives contre les tribus récalcitrantes. Elle avait servi de caserne au génie militaire français avant sa conversion en prison pour indigènes, à partir de 1855. Une mission qu’elle assure encore aujourd’hui. Elle était bâtie initialement sur une superficie de quatre hectares. D’où son autre nom local de «Rbaâ qtarat» (les quatre hectares) qui lui était donné par les autochtones jusqu’aux années 1970. Le siège de la mairie mérite une visite. Une superbe bâtisse au portique décoré, dont la façade donne sur un jardin dans lequel trônent de hauts palmiers. 

Marché aux bestiaux : El-Harrach, rattachée à Alger en 1956 en tant qu’arrondissement, abritait à partir de 1862 un marché aux bestiaux, «souk el-mal», qui se tenait les vendredis. Il était considéré à l’époque comme le plus important du centre-nord de l’Algérie. Il était plus important que celui de Boufarik qui existait bien avant l’occupation turque (1516), fondé à proximité d’un mausolée appartenant, selon certaines sources, à Sidi Abdelkader El-Djilani. Le bulletin d’information du conseil municipal d’El-Harrach, dans son édition du 3 novembre 1905, relevait qu’il a été vendu ce jour-là : 2 800 moutons et brebis, 1.100 agneaux, 65 agneaux de lait, 140 chèvres et boucs, 900 bœufs et vaches, 450 taurillons et génisses, 45 chevreaux et chevrettes de lait, 80 veaux de lait et 90 porcs. Le même jour, 280 moutons et agneaux ont été égorgés et vendus dans des boucheries indigènes du marché. 
El-Harrach, aujourd’hui chef-lieu de la commune et de la daïra (sous-préfecture) du même nom, a de tout temps été une cité  industrielle et commerciale. Les marchés «D15», Boumaâti, le grand marché de voitures d’occasion ont laissé des souvenirs dans les mémoires, notamment des Algérois et des habitants des régions du centre-nord du pays. On y trouvait de tout. 
Pont d’El-Harrach (ex-Savus des Ro mains) : Il relie les quartiers d’Hussein-Dey et d’El-Harrach. Il a été édifié sur 40 mètres de long et 4 mètres de large en 1697 par hadj Ahmed-Bey sur les vestiges d’un ancien pont romain et restauré par Ibrahim Ben Ramdane en 1737. Renforcé avec des matériaux métalliques après la grande crue qui avait dévasté El-Harrach les 16 et 17 décembre 1877, le pont a été reconstruit en 1911 et sa largeur augmentée à 12 mètres. 

Bab Ezzouar (ex-Retour de la chasse) : Au lendemain de l’indépendance, il n’était qu’un petit hameau comptant une poignée de maisons basses, deux ou trois épiceries et autant de cafés fréquentés par des voyageurs et des ouvriers agricoles de la zone. Il comptait 185 habitants en 1902. C’était une sorte de relais des autobus et autres camions de transport de marchandises venant de l’est et du sud-est du pays. Le village existait déjà au milieu du XIXe siècle. 
Il était cité dans divers ouvrages, notamment dans l’Indicateur général de l’Algérie édité en 1867 par Victor Bérard, receveur de l’enregistrement, des Domaines et du timbre. Il a été érigé en commune en 1984. Bab-Ezzouar abrite aujourd’hui une université accueillant plus de 45 000 étudiants et plusieurs cités d’habitations transformant l’ancien Retour de la chasse en commune dortoir. Il a fait jonction avec les quartiers et villages périphériques : El-Harrach, Oued-Smar, Dar El-Beïda et Bordj El-Kiffan.

Dar El-Beïda (ex-Maison-Blanche) : Le hameau est né d’un regroupement de quelques familles autochtones travaillant dans un domaine agricole attribué en 1840 à un colon du nom de Charles Muller. Il faisait partie de la commune de la Rassauta. 
Le village colonisation, qu’on appelait à l’époque «Centre de colonisation», a vu le jour dix ans plus tard (1850). Il a été érigé en commune de plein exercice en juin 1882. L’aéroport, plus connu sous le nom de Maison-Blanche, construit en 1924 pour des besoins militaires et les activités d’un aéro-club, lui a usurpé son nom. 
Le village a récupéré son appellation après baptisation de l’aéroport du nom du défunt chef de l’Etat Houari Boumédiène.
M. A. H.

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