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COMMUNAUTÉ ALGÉRIENNE EN FRANCE

Le clin d’œil à l’Algérie

De Paris, Omar Haddadou
L’expression picturale est tenue comme une profession de foi par l’artiste-peintre oranais Anouar Boudia. Pour se mettre en communion avec l’échéance électorale du 12 décembre et la trajectoire du Hirak en Algérie, le jeune diplômé de l’École des Beaux-Arts d’El Bahia a posé son chevalet sur la place de la République, à Paris.

Dernière ligne droite oblige, les discours des candidats à la magistrature suprême en Algérie s’étoffent idéalement de promesses, tenant en haleine tout un peuple. 
Soucieux d’immortaliser cette transition historique et le sursaut du 22 février, l’artiste-peintre Anouar Boudia s’est joint à l’élan artistique en dressant, tous les dimanches, son chevalet sur la place de la République, dans le 11e arrondissement parisien.
Espace ayant abrité les carillonnantes manifestations pacifiques de la diaspora algérienne en France. « Pour moi, c’est une forme de solidarité avec le peuple algérien et un travail de mémoire captivant de réaliser cette toile s’inspirant des images fortes de la place d’Alger. 
J’ai jugé opportun de la baigner dans l’ambiance colorée des grands rendez-vous dominicaux parisiens », souligne Anouar en s’affairant à marier sur sa palette le jaune de Naples, le rouge vermillon et une touche de blanc de titane, sous l’œil admiratif des centaines d’expatriés ,dont les familles venues défendre deux idéaux : la paix et la démocratie en Algérie. La toile suggère un jet de passerelle, une approche de translation qui enchante nos compatriotes, conquis par le choix du thème où l’intensité d’un mouvement pérenne est mise en valeur : « On est, au sens positif du terme, la chambre d’écho de ce qui se passe en Algérie. Personnellement, je me définis comme artiste au service du peuple », ponctue Anouar guillerettement.
Une déclaration qui corrobore le succès de sa sortie au plus près de la masse populaire. Comment ne pas jubiler quand le ressenti des citoyens atteste de la bonne réception du message ? Il se dégage autour de son illustration une espèce d’interaction, de lutte convergente et mobilisatrice : « Au premier abord, les manifestants s’identifient à cette forme allégorique. Tous (tes) me confessent que je suis leur porte-voix à travers ce tableau que j’ai peint, ce qui les anime en leur for intérieur. 
D’autres se portent acquéreurs en raison de la symbolique qu’il véhicule. J’ai décliné des propositions pécuniaires alléchantes. El Hadj et El Hadja qui m’accompagnent (mes conseillers durant le Hirak) m’ont interdit de vendre une telle traçabilité historique .» 
Faire se rencontrer les gens, apporter sa touche au combat. Pari réussi pour l’attachant artiste, « assailli » par les prises de photos et les enregistrements audio-vidéo sur les smartphones des hirakistes.
Irréfutablement, « l’image vaut tous les discours ».
O. H.