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Société

Entre acceptation et rejet de la calvitie Les Algériens, à cheveux tirés

Publié par Sarah Raymouche
le 27.03.2021 , 11h00
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Vous perdez un seul cheveu, et c’est la panique ! Rassurez-vous, chaque jour, nous en perdons des dizaines et avant d’en arriver à un crâne dégarni, il va se passer quand même un peu de temps ! 

Perdre des cheveux lorsqu’on se peigne, lorsqu’on prend une douche ou simplement lorsqu’on passe sa main dans sa chevelure… c’est normal. C’est même naturel. Les cheveux perdus se renouvellent. Faut-il pour autant s’en inquiéter ? Peut-être à partir du moment où vous voyez qu’il y en a plus dans votre peigne ou au fond de votre baignoire que sur votre tête. Et contrairement à l’idée reçue, la calvitie n’a pas d’âge. Les premières pertes peuvent commencer dès l’adolescence. Comment la  vit-on ?

Mohsen, cadre dans l’hydraulique, 38 ans, a fait un travail sur lui pour 
accepter sa tête dégarnie 

«Mon expérience de la perte de cheveux remonte à l'âge de 22 ans. J'ai remarqué que mes cheveux qui étaient soudainement moins  épais n'avaient pas besoin d'être coupés aussi souvent et que je pouvais en fait les gérer plus facilement. À ce stade, j'étais dans le déni et comme il s'agissait de cheveux assez épais, j'ai trouvé les changements pratiques ! Cependant, un an plus tard, j'ai commencé à remarquer qu'un patch devenait plus visible autour de ma couronne et j'avais commencé à recevoir quelques commentaires amusants d'amis sur le fait de devenir chauve. Il y avait des antécédents  dans ma famille, c’était une calvitie assez agressive. Mon père et tous ses frères étaient plutôt chauves à l'âge de 30 ans et l’histoire se répétait du côté de ma mère, mais un début un peu moins rapide. Je savais qu'il était peu probable que j'évite le problème maintenant, alors j'ai commencé à m’informer sur le sujet. Je pense que c'est à cette phase que je voudrais souligner la vulnérabilité de nombreux hommes face à cette situation, car avec l’avènement d’internet on tombe sur un mélange de vérité, de demi-vérité, de science et… d'absurdités total. Lorsque la prise de conscience de la perte de cheveux commence, cela peut conduire à toutes sortes d'émotions mitigées. J'ai entendu des commentaires dénigrant les hommes qui seraient amenés à porter des toupets et ceux qui stressent à l’idée de perdre leurs cheveux et c'est pour ce genre de réflexion que j'ai décidé de témoigner de mon expérience. Personnellement, j’ai fait un travail sur moi pour m’accepter. Je me suis renseigné sur les traitements et solutions sans en être au fond convaincu d’y aller. Je voudrais terminer en disant qu'il n'y a rien de mal à devenir chauve ; en fait, cela convient à beaucoup d'hommes, mais il y a un nombre considérable, en particulier parmi les plus jeunes, qui aimeraient garder leurs cheveux au moins jusqu'à la quarantaine. C'est hors de votre contrôle ; c'est une perte d'une partie physique de vous qui était  inséparable de  vous depuis l'enfance.»

Mohamed, 52 ans, architecte de son état. 
La greffe de cheveux lui a redonné confiance

Si Mohsen a fait le choix d’accepter la transformation, Mohamed, lui, n’a pas supporté de voir des touffes entières de cheveux disparaître. Mohamed croit savoir que c’est le stress et le choc subis par la perte de son père dans un accident de voiture qui est à l’origine, d’autant que dans sa famille, il n’y a pas d’antécédents qui puissent le guider sur la piste héréditaire. «Vers l'âge de 44 ans, j’ai commencé à réaliser une perte de cheveux», se rappelle-t-il.
Après des années d’hésitation, il s’est offert, pour son cinquantième anniversaire, quelques mois avant le confinement, une greffe de cheveux dans une clinique en Turquie.
«J'ai fait quelques recherches, et le nom qui revenait sans cesse était une clinique en Turquie qui faisait beaucoup de publicité en Algérie. Au début, j'étais très hésitant et nerveux à l'idée d'avoir une greffe de cheveux, mais dès la première minute où je suis entré dans l’établissement, je me suis senti à l'aise. Quand j’y suis allé la deuxième fois pour  la greffe, j'ai été assez surpris par le nombre  de personnes qui constituent l’équipe impliquée dans l'ensemble du processus. C'est un véritable effort de groupe, beaucoup d'expérience et un professionnalisme incroyable à tous les niveaux. On m'avait clairement expliqué qu'il fallait six mois à un an avant que je ne commence à voir des résultats probants et c'est exactement ce qui s'est passé. C’était très important pour moi.» 
Y a-t-il un conseil que Mohamed aurait à donner pour les personnes qui envisagent une greffe de cheveux ? «S'il y avait une chose que j'aurais faite différemment, c’est bien celle de faire la greffe à un plus jeune âge, juste au moment de la prise de conscience de la disparition de mes cheveux.»
      
Djamel, 42 ans, chef d’entreprise
Djamel entamera son témoignage en évoquant l’acteur qui a incarné le rôle de l’Inspecteur Tahar  dans les feuilletons télévisés des années 1970. « Vous connaissez la célèbre réplique de l’Inspecteur Tahar au directeur chauve du complexe touristique : ‘’oh! rak mcamoufli’’ ?! Voilà ma hantise : me retrouver un jour obligé de porter une perruque pour cacher mon crâne lissé par le désert capillaire. C’était exclu», tranche Djamel, à l’ambition dévorante. «Il y a plusieurs années, j'avais commencé à perdre mes cheveux et comme beaucoup d'hommes de ma génération, c'était une préoccupation majeure. En fait, ça devenait pratiquement une obsession. Je ne comprenais pas d’où cela pouvait venir. Mon père à 70 ans, il a tous ses cheveux et il n’y a pas de cas de calvitie dans ma famille ! Donc, après de nombreuses angoisses et beaucoup de réflexion et croyez-moi, c'est quelque chose que je n'ai pas pris à la légère, j'ai pris la décision de me faire  greffer le crâne. C’était lors de vacances d’été en Tunisie. J’en ai profité pour programmer des visites dans des cliniques spécialisées. J'ai donc eu une consultation avec un spécialiste qui m'a rassuré en me disant que j'étais un bon candidat pour la chirurgie de greffe de cheveux. Depuis, j'ai eu 2 greffes et je suis très satisfait du résultat. En fait, j'irais jusqu'à dire que, depuis, ma vie a changé. J'utilise également des médicaments approuvés pour améliorer la qualité de mes cheveux et prévenir la perte.»
Sarah Raymouche

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