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Soit dit en passant

La Fatiha pour tout s’autoriser !

Publié par Malika Boussouf
le 24.06.2019 , 11h00
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Oui ! Je sais que critiquer ces chauffeurs de taxi qui vous servent, en boucle, durant votre trajet, la lecture radiodiffusée de versets coraniques parce qu’ils ont décidé que cela faisait du bien aux passagers, peut heurter les bigots qui négligent plus souvent leur hygiène corporelle que l’impérative démonstration de leur soumission au Dieu des musulmans et à son Prophète. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces comportements que, personnellement, je qualifie de déviants, méritent que l’on en débatte. J’ai commencé, hier, à parler des participants à la conférence organisée il y a quelques jours au nom de la société civile, sans que cette dernière ait sollicité qu’on le fasse pour elle. Avant d’ouvrir la séance, l’assistance, pas représentative de ce qui se produit à l’extérieur, a eu droit, sans doute pour bénir ce qui allait suivre, à la lecture de la Fatiha. Choquante cette entrée en matière, quoi que l’on puisse en dire ! Comme si rien ne pouvait s’organiser sans que vienne s’interposer l’acte religieux.
  Je me suis dit qu’ils auraient mieux fait de carrément organiser la rencontre dans l’imposante mosquée de Bouteflika dont les dépendances auraient pu abriter d’aussi fidèles serviteurs. Pendant la lecture de la sourate, je me suis demandée comment ils allaient faire pour passer de l’excès de zèle religieux au débat démocratique. Certains des participants qui, d’ordinaire, aiment se revendiquer de la démocratie pour laquelle nous nous battons ont accepté de renoncer au caractère neutre que devraient revêtir ce genre de rencontres. Tout comme les nombreux experts en tout qui rappellent sur les plateaux de télévision, après un «bismillah» sonore, qu’ils sont tous les mardis et vendredis au cœur des marches. 
Convaincus qu’en agissant ainsi, cela apportera le crédit qui manquerait, sinon, à leurs propos et plus de cachet à leurs contributions.   Pendant que les uns marchent, d’autres se placent et parlent en leur nom. D’aucuns y voient une façon comme une autre de neutraliser la rue et ses revendications. Est-ce que cela n’équivaudrait pas à se tirer une balle dans le pied ?
M. B.

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