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Soit dit en passant

Quand faut y aller, faut y aller !

Publié par Malika Boussouf
le 03.12.2019 , 11h00
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Ah ! j’étais certaine qu’il allait réagir. Encore heureux qu’il l’ait fait ! Me voilà enfin rassurée. Parce que sinon, j’aurais été mal qu’il ne rejoigne pas les voix de ses camarades de campagne, eux aussi candidats à la présidentielle ! Il fallait bien, en effet, qu’il puisse s’exprimer sans, pour une fois, soulever l’indignation ! Ça aussi ça arrive, et il le savait ! C’est la raison pour laquelle il s’est empressé de dire leur fait aux députés européens. 
Quand Bengrina parle, je me sens mieux. Il me réconforte. Parce que lui, au moins, il est clair et net ! Franc du collier ! Il partage tout avec ceux qui font l’effort de venir l’écouter discourir. Ce qu’il compte faire aux femmes célibataires comme les marier pour qu’elles s’occupent enfin à faire tout plein de rejetons islamistes qu’elles n’auront du reste pas à élever seules. 
Les mosquées et les zaouïas sont sur la même longueur d’onde quand elles dictent  les règles à suivre et procèdent au formatage. Même quand on ne comprend pas trop vers où il veut embarquer son monde, on adhère, confiants en cet ersatz de raisonnement qui ne mène nulle part, mais qui a le mérite d’exister dans la cacophonie ambiante ! 
Il partage la réaction du ministre des Affaires étrangères mais prend quand même ses distances avec son chef de gouvernement qui roule pour un système que, lui, conteste pour ce qu’il a «volé» au peuple. La corruption dans le camp allié au pouvoir, dont il dénonce le règne absolu, n’aura donc pas échappé à son œil d’observateur politique averti. Et en «porte-parole du Hirak», il ne peut pas faire comme s’il n’avait pas constaté les dégâts causés au pays. Une raison supplémentaire d’intégrer la dénonciation des dérives du pouvoir et la contestation des privations imposées aux Algériens dans le discours à servir à ses partisans. Hier, la réconciliation nationale consistait à pardonner aux assassins et à troquer la paix contre les énormes privilèges consentis à ces derniers élevés par Bouteflika au rang d’hommes d’affaires. Aujourd’hui, Bengrina pense à rabibocher les partisans d’une transition périlleuse et ceux qui ont la certitude que le vote sauvera le pays.
M. B.

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