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Soit dit en passant

Un coup au tribunal, un coup aux commandes

Publié par Malika Boussouf
le 25.04.2019 , 11h00
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Ouyahia est convoqué au tribunal, on se dit que ce coup-là va, peut-être, le calmer. Mais on se ravise vite, sachant que ce dernier n’en finit pas de transformer les humiliations publiques en force supplémentaire. 
La vindicte populaire ne l’impressionne pas. Il ne l’entend pas. L’ex-Premier ministre et chef du RND, méchante excroissance du FLN, née dans les laboratoires du système, a toujours su faire le dos rond et attendre sournoisement que les reproches s’émoussent. 
Le système a l’autorité qu’il faut pour s’offrir les serviteurs qui s’adaptent le mieux à sa mégalomanie. Il faut bien qu’il ait où s’essuyer les pieds en temps opportun. C’est, entre autres, pour des raisons identiques que de tels profils sont, régulièrement, rappelés aux affaires. 
Aujourd’hui accusé, demain blanchi, j’ai du mal à imaginer que la justice que nous connaissons traitera les hauts cadres de l’Etat et autres puissants hommes d’argent de la même façon que le commun des Algériens. J’ai du mal à croire en l’impartialité d’une institution qui a toujours fonctionné à l’ombre des coups de fil. On ne parlera pas de ces méchantes sentences qui servent les pots-de-vin honteusement versés à certains de leurs auteurs. On ne nous a, à vrai dire, pas appris à respecter notre justice, encore moins la qualité des verdicts qu’elle rend. 
Mais revenons à Ouyahia et à la «dilapidation des deniers publics». Comment a-t-il fait, lui qui nous a chanté durant des mois que nous aurions à nous serrer la ceinture ? Il est vrai que ce qui était servi à des malades, accusés de creuser le trou de la sécurité sociale, n’était pas valable pour ceux qui naviguaient à la périphérie du pouvoir. La planche à billets a masqué la chute. Pas les abus. Depuis quelques jours, les juges convoquent de façon frénétique. A ce rythme les hommes d’affaires ont des soucis à se faire. Je suis incapable de dire sur quels motifs exacts s’instruisent les accusations, mais je peux avancer sans craindre de me tromper qu’il y a là une volonté de compromettre une colère en la réorientant vers ce sur quoi une Algérie rendue aux siens aurait tout le temps de se pencher.
M. B.

 

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