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Des règles strictes ont été édictées

À Miyagi, un match de football avec des spectateurs

Les Jeux olympiques de Tokyo se déroulent en très grande partie à huis clos, sauf pour des rencontres de football disputées dans le nord du Japon, à Miyagi : «On ne voulait pas manquer cette occasion», a expliqué à l'AFP, l'un des spectateurs du match entre le Brésil et les Pays-Bas.
À l'image de la cérémonie d'ouverture qui s'est déroulée vendredi dans un stade de 68 000 places quasiment vide, les JO-2020 sont des jeux majoritairement sans spectateurs.
Une décision prise par les autorités japonaises pour endiguer une possible explosion de la pandémie et pour rassurer une population inquiète à l'idée d'accueillir des sportifs, et des spectateurs, venus du monde entier. Début juillet, le gouvernement nippon a décidé de remettre en place un état d'urgence sanitaire à Tokyo, ainsi que dans trois départements voisins (Chiba, Saitama et Kanagawa) jusqu'au 22 août, un dispositif qui englobera ainsi toute la période des JO. Alors que les premières épreuves se sont déroulées, depuis le 21 juillet, sans public, ils étaient plusieurs milliers à se presser hier pour suivre le match du tournoi féminin de football entre le Brésil et les Pays-Bas, avec une limite fixée à 10 000 spectateurs. «C'est mon premier match, je suis vraiment impatient. C'est vrai que les chiffres sur la progression du nombre de contaminations au Covid-19 m'inquiètent, mais j'ai quand même décidé de venir avec un ami et d'en profiter », a expliqué Koji Abe, un spectateur de 70 ans, venu d'une ville voisine. «Cela aurait été mieux de repousser les Jeux de quelques mois », a-t-il toutefois estimé. Masa et Hiro Numakura sont, eux, venus exprès de Tokyo pour assister à ce match : «On ne voulait pas manquer cette occasion », a expliqué cet employé de banque.
Pour prendre place en tribune, les spectateurs ont dû respecter des règles strictes : «On n'a pas le droit de crier, juste d'applaudir», a-t-il rappelé.

En direct de Tokyo

Histoire du jour
C'est l'histoire d'un jeune Géorgien devenu le premier médaillé français aux Jeux de Tokyo à la suite d'un long chemin entre Tbilissi et Tokyo, passé par le Bélarusse, la Pologne, Paris et Le Havre. Né à Tbilissi, il arrive en France en 2010 avec le statut de réfugié. « On a payé quelqu'un pour nous amener en France quand notre demande a été refusée en Pologne, un passeur », détaille-t-il. Installé d'abord à Paris avant de partir au Havre, l'enfant frappe à la porte d'un club de judo, sport découvert dans son pays d'origine.
«Quand je suis arrivé, je ne parlais pas français. Je suis arrivé avec une lettre traduite, qui disait juste que je voulais faire du judo», explique-t il. Naturalisé français en 2015, il était fier dans le Nippon Budokan de Tokyo avec sa médaille de bonze. «La France m'a accueilli, m'a ouvert ses bras, même si ça n'a pas été facile, qu'il a fallu attendre». Cet homme s'appelle Luka Mkheidze.

Visage du jour
La Chinoise Qian Yang a éclairé son visage du premier sourire doré de ces JO. La jeune femme de 21 ans a décroché samedi le premier des 339 titres olympiques des Jeux de Tokyo, en remportant le concours de tir à la carabine 10 m. Le faciès imperturbable et totalement fermé, Qian Yang a notamment profité d'une ultime balle perdue de sa rivale, la Russe Anastasiia Galashina, qui évolue sous drapeau neutre en raison de la suspension de la Russie pour dopage, pour se parer d'or. La Suissesse Nina Christen a complété le premier podium de ces JO.

Insolite du jour
Loa Dika Toua vient de Papouasie-Nouvelle-Guinée, elle a 37 ans, deux enfants et se plaît à marquer l'histoire olympique. Cette haltérophile a participé à ses cinquièmes JO samedi. Depuis Sydney-2000, il manque simplement à sa collection le voyage à Rio en 2016. Et en plus d'être la seule dans sa discipline à compter autant de participations aux JO, son autre fait de gloire est d'avoir été la première femme à soulever des haltères olympiques puisqu'elle fut la première concurrente à Sydney-2000, année de l'ouverture de cette discipline aux femmes. «Votre rêve est d'aller une fois aux Jeux olympiques, peut être deux mais jamais de la vie vous ne pouvez imaginer y aller 5 fois», a-t-elle déclaré. Et si Toua s'est classée 10e sur 11 hier à Tokyo, elle a peut-être une excuse avec un manque de sommeil évident puisque quelques heures avant son tournoi elle était porte-drapeau de son pays à la cérémonie d'ouverture : l'histoire encore et toujours.

Perf du jour
L'Equatorien Richard Carapaz est champion olympique de cyclisme sur route. En soi rien d'extraordinaire, ni de surprenant. Carapaz était l'un des favoris de cette course taillée pour les grimpeurs sur les pentes du Mont-Fuji.
L'exploit pour Carapaz est à voir avec les yeux de ses compatriotes. L'ancien vainqueur du Giro et troisième du Tour de France dimanche dernier sur les Champs-Élysées, est seulement le deuxième champion olympique de l'histoire de son pays. Seul le marcheur Jefferson Perez s'était paré d'or, sur 50 km marche aux JO d'Atlanta.

Photo du jour
Pour ses quatrièmes JO, Kohei Uchimura, double champion olympique du concours général, rêvait d'une autre issue devant son public.
À 32 ans et fort de l'un des plus beaux palmarès de l'histoire (3 titres olympiques et 10 mondiaux), Uchimura avait choisi de se concentrer sur cet agrès en raison d'une récurrente douleur à l'épaule, qui le fait se sentir «comme un fossile». Mais c'est le nez dans le tapis que se sont terminés ses JO et peut-être sa carrière. Uchimura a chuté lors des qualifications de la barre fixe, après de premiers lâchers pourtant impressionnants.