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Publié par Youcef Merahi
le 01.09.2021 , 11h00
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La boucle est bouclée, me semble-t-il. Que faut-il faire, quand on a un mauvais voisin ? Un voisin turbulent. Un voisin frondeur. Un voisin belliqueux. Un voisin gâté ? Quand il s’agit de personnes, le voisin, le plus sage, prendra ses affaires et ira habiter ailleurs. J’en ai eu l’expérience, malheureusement. Du reste, ne dit-on pas en algérien : «Ch’ri djar, ma t’ch’rich eddar.» C’est la voix de la sagesse, pour éviter un drame. 
Mais quand il s’agit d’un pays, on ne peut pas appliquer ce dicton populaire. On ne peut pas se permettre de vendre un pays et d’en acheter un autre, juste pour éviter les écarts de conduite du voisin. Non, ce n’est pas possible. Bien sûr, la diplomatie joue un rôle important dans ce cas d’espèce. Sauf s’il y a des boutefeux qui alimentent le feu. On en est là entre l’Algérie et le Maroc. Ce dernier a joué, des années durant, au voisin terrible, au point où la cassure s’est produite. N’a-t-il pas revendiqué une partie de notre territoire ? Au point où les armes ont parlé. Ce fut juste à quelques semaines de notre indépendance. 
La sagesse des états doit prévaloir. Que reste-t-il une fois les relations diplomatiques rompues entre deux pays ? Ne reste malheureusement que le dialogue des armes. Il ne faut jamais le souhaiter. Ce n’est pas bon, ni pour l’un ni pour l’autre. Perso, j’ai eu cette impression que le Maroc a pris la chose en dilettante. Le Makhzen ne semble pas s’en émouvoir outre mesure. À croire qu’il se sent pousser des ailes, depuis qu’il s’est acoquiné avec Israël. Ce dernier a intérêt à foutre la pagaille entre des pays voisins ; je n’aime pas dire «frères» ; il n’y a de frère que par le père et la mère. Or, avec le Maroc, nous n’avons pas les mêmes parents. Ni avec aucun autre pays, du reste. Il s’agit des intérêts de l’un et de l’autre. Fasse Dieu que le bruit des bottes  ne se fasse pas entendre des deux côtés de la frontière !
Le gouvernement a autorisé l’ouverture des plages. C’est une bonne et mauvaise décision, en même temps. Pourquoi ? Bonne, parce que, même si c’est pratiquement la fin de la saison estivale, à moins que l’été algérien prend les couleurs de l’été indien, la population pourra souffler un peu, notamment les régions touchées par les incendies, et se préparer à affronter l’hiver prochain ; ce qui n’est pas évident, notamment en Kabylie.
Mauvaise, parce que la population, déjà indisciplinée face au fléau du Covid, va se croire en sécurité, et laissera tomber les précautions indispensables pour casser cette chaîne de contagion. Malgré le nombre de décès, les appels à la prudence, une certaine population, inconsciente ou suicidaire, circule librement dans les rues sans masque ni distanciation sociale. J’ai même vu des gens s’embrasser, comme si c’était un jour de l’Aïd. J’ai été effaré en voyant cela. 
Je pense qu’il aurait fallu laisser les plages fermées ; tout le monde respirera comme il faut. Ce n’est pas parce qu’on a dépassé la crise de l’oxygène qu’il faut immédiatement sauter vers l’autre rive. Puis, est-ce que cette crise a été dépassée ? Les hôpitaux ont-ils l’oxygène nécessaire, au moment voulu ? Il n’y a pas d’informations à ce sujet ; les incendies ont pris la part belle de la communication ; plus tout ce qui s’est passé autour. 
La toile sert à quelque chose, au moins. Elle s’est transformée en espace nécrologique. Chaque semaine, si ce n’est pas chaque jour, un faire-part de décès est lancé. Personnellement, je souffre de cela. Dès que je prends mon téléphone pour aller dans la jungle de la toile, il y a tout de même des internautes admirables de pondération, d’intelligence et de science, je rencontre l’annonce d’un décès des suites du Covid. La spécificité, c’est qu’on signale impérativement que le décès est dû à ce fléau. Comme si cela devait générer de la compassion, mais aussi de la peur panique. Pourquoi ai-je cette pénible impression que mon environnement se dépeuple et que la mort précise ses frontières ? Terrible impression de solitude et d’impuissance !
Par contre, Facebook  sert, de temps à autre, à avoir des nouvelles d’une connaissance perdue de vue, depuis belle lurette. Ça fait au moins deux ou trois ans que je cherche à savoir ce que deviennent Malika Mokeddem et Anouar Benmalek, deux écrivains de talent, selon moi. J’avais beau demander aux uns et autres, mais je n’ai pas pu avoir d’informations précises. Contrairement à Yasmina Khadra qui est prolifique, Malika Mokeddem et Anouar Benmalek prennent le temps de l’écriture. Je constate, aujourd’hui, par le biais de Fb, que notre ami Anouar vient de publier un roman, L’amour des scélérats. Après cela, je guette le retour de Malika Mokeddem. Gageons qu’elle nous revienne rapidement avec un roman palpitant, comme elle sait les faire. 
Allons donc voir cette citation de Anouar Benmalek : « La vie est une chose extrêmement précieuse mais la plupart du temps nous ne savons pas quoi en faire. »
Y. M.

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