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En vrac

Publié par Youcef Merahi
le 28.07.2021 , 11h00
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C’est simple, j’ai juste à relater la scène. Le trottoir d’une rue de Tizi, ma ville natale, a été refait. De jolis carreaux ont été posés. Des carreaux de couleur, s’il vous plaît. La rue a embelli. Sérieux, ça fait plaisir de marcher sur ce trottoir. Parce que, auparavant, ce trottoir était totalement défoncé. Les commerçants ont montré leur joie. Une waâda a été faite. C’est sérieux, ce que je dis là. Un mesfouf succulent a fait le bonheur des ouvriers présents, ce jour-là. Ça y est, le travail est fini ; on remballe les outils ; on passe à un autre chantier. C’est sans compter avec une fuite de gaz, qui vient semer le trouble. Ya djemaâ, on ne joue pas avec le gaz. 
Mais elle est où cette fuite de gaz ? Ici. Là. Là-bas. Plus bas. Plus haut. Nul ne le sait. Mais voilà, tout le trottoir est recouvert de jolis carreaux. Comment faire ? Il faut casser. Oui, il faut casser devant les compteurs de gaz pour essayer de trouver la fuite de gaz. On reprend la pelle et la pioche. Et le marteau piqueur. On creuse sur toute la largeur du fameux trottoir. Ah, au niveau de ce compteur, il n’y a pas de fuite. Bien passons au suivant. Creusons encore, en espérant trouver la faille. Pour le moment,  je ne sais pas si les travailleurs, qui travaillent sous un soleil de plomb, ont détecté la fuite ou pas. Je ne vais pas faire dans la morale à deux sous, mais je voudrais dire seulement qu’avant de faire un job, il aurait fallu que ce terrain soit nul de tout danger. 
Couper la route : voilà un moyen de rétorsion et de pression de la population ! C’est simple de couper une voie de circulation. Du monde. Des pneus (usés de préférence, ça brûle mieux, me dit-on). Des allumettes. On met le feu. Hop, la route est fermée par la volonté populaire. Pour moult raisons. L’eau. Le bitume. Le gaz. Les conditions de vie. Une promesse d’un maire non tenue. Même si l’information circule sur Facebook, des automobilistes sont pris au piège. Ce n’est pas tout le monde qui est branché. Il y a ceux qui vont au boulot. Ceux qui ont un rendez-vous médical. Administratif. Ceux qui veulent tout simplement se rendre en ville. Tout ce beau monde est pris au piège. Les « coupeurs de route » veillent au grain. Tout ça prend l’allure d’une pagaille. Heureux celui qui n’est jamais tombé dans cette nasse. On ne peut même pas faire demi-tour, en sens inverse ; les glissières en béton empêchent toute issue de secours ; un double piège, vous dis-je. Je comprends ; si la route est coupée par la population, c’est en désespoir de cause. Malheureusement, il y a tellement à rapiécer dans certains coins du pays qu’on ne sait plus par quel bout commencer l’opération. La population a-t-elle besoin de prendre en otage la population (tout simplement) ? Chacun de nous a son idée là-dessus. Je vous laisse le soin d’y répondre. 
Des appels sont lancés sur la toile pour suspendre provisoirement les marches du Hirak. La raison est évidente. La Covid fait des ravages en sa quatrième (ou troisième ?) vague. Ce variant est tellement virulent, au point où il contamine à une vitesse fulgurante et fait des dégâts incroyables. Comme le Hirak n’a pas de « chef », le mouvement est horizontal, aussi chacun a le droit de lancer un appel. C’est ce qui s’est fait, me semble-t-il, sur la toile. Beaucoup considèrent qu’on ne fait pas une révolution sans dégâts collatéraux. Le « lyrisme révolutionnaire » est bien beau. Mais il faut se mettre dans la tête qu’il s’agit là d’une pandémie qui peut être incontrôlable. Il faut toujours reculer pour mieux sauter. Il ne suffit pas de foncer tête baissée. Il suffit de réfléchir à la situation sanitaire actuelle. Ce virus ne fait pas dans le détail. Il fauche sans discernement. Ce sont les spécialistes mondiaux qui le disent. Ne faut-il pas faire une pause, laisser passer cette épidémie, et reprendre les marches ? Je pose seulement la question. 
Le Hirak est déjà dans la durée. Il est nécessaire de le préserver de toutes entraves, pour qu’il reste dans la durée. Or, ce virus peut contrarier le cours de son développement. Il est à l’aise quand il y a foule, promiscuité, visage découvert et face contre face. C’est le propre des marches. Et le Hirak n’échappe pas à la règle. Aux arrestations, ne rajoutez pas la Covid. Les marches, c’est bien ; la santé est meilleure. Parce que là, il est question de vie ou de mort. Même s’il n’y a pas des statistiques fiables, le bouche-à-oreille rapporte au quotidien les victimes du Covid. Facebook n’arrête pas d’annoncer les décès, ici et là. Un choix est à faire. Continuer avec le risque d’aggraver l’épidémie. Ou faire une pause le temps de se refaire une santé, comme on dit. 
Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il « soleille », ils sont là à l’affût du moindre centime à mettre dans la boîte en carton, en forme de tirelire. Oui, ils sont là du matin au soir, ramassant dinar après dinar, pour tenter de sauver un des leurs. Ce sont ces jeunes volontaires pour faire la quête publique, afin de sauver un malade de leur village. Ils sont incroyables de volonté, de pugnacité et de courage. Sur l’autoroute, ou ailleurs, ils abordent patiemment tout le monde, avec gentillesse, répétant à l’envi cette phrase : « Aidez un malade. » 
J’ai posé la question une fois : «  De quoi s’agit-il en fait ? » La réponse était claire. « Il y a un malade au village, qu’on ne peut pas soigner ici ; un hôpital en France est prêt à l’opérer, moyennant telle somme ; alors, on fait une quête publique pour pouvoir le transférer, c’est l’opération de la dernière chance. .» Au fond, c’est à la puissance publique de s’occuper d’un cas pareil. Et de tous les autres. Il y a un ministère de la Santé. Des directions de la santé. Qui peuvent étudier le dossier médical. Si les soins peuvent se faire en Algérie, c’est tant mieux. Sinon, c’est à l’État de le transférer à l’étranger ; surtout s’il s’agit de vie ou de mort. Je suis naïf certainement, en écrivant ça. C’est possible. Je reste tout de même dans mon idéal d’un État qui s’occupe de sa population. Un citoyen malade a droit aux soins. Ici ou ailleurs. Si ça peut se faire dans un de nos hôpitaux, il n’y a qu’à l’admettre. Le cas échéant, il faut le transférer à l’étranger. C’est ainsi que je conçois la santé publique. Je me rappelle d’un cas. Au moment où la somme a été réunie, il avait rendu l’âme. C’est bouleversant comme situation.  Aussi, il faut placer l’aspect humain avant toute autre considération. 
En guise de conclusion, je propose cette citation de Paulo Coelho, pêchée au gré des errances livresques : « L’amour n’est pas en l’autre, il est en nous ; c’est nous qui l’éveillons. Mais pour cet éveil, nous avons besoin de l’autre. L’univers n’a de sens que lorsque nous avons quelqu’un avec qui partager nos émotions. »
Y. M.

 

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