Voir Tous
Rubrique
Tendances

UNE FIN DE MOIS AU COUTEAU

Publié par Youcef Merahi
le 03.02.2021 , 11h00
1660 lectures

Spoutnik V a atterri à l’aéroport militaire de Boufarik. Elle est facile celle-là, je ne pouvais pas la louper. Les Russes n’avaient pas à donner ce nom à leur vaccin. Comme Spoutnik décolle, il atterrit. Voilà, il atterrit chez nous. Dans les temps ! On a dit fin janvier, le délai a été respecté. Perso, je n’y croyais pas du tout. Je l’ai écrit dans mes chroniques. Que je me sois trompé, c’est très bien. Ça prouve que bien faire est à notre portée. Sur le délai, je fais mon mea culpa. Mais, il y a toujours un « mais » avec des chroniqueurs qui en ont gros sur la patate, nous sommes en retard de vaccination. Surtout que l’on ne vienne pas comparer l’Algérie à l’Afrique ! Il faut toujours se comparer au mieux loti, comme l’Europe, par exemple. Retenez que l’Europe prend comme modèle Israël qui, en matière de lutte contre la pandémie, a déjà vacciné près de la moitié de sa population. J’espère qu’en prenant l’exemple d’Israël, on ne viendrait pas me tomber sur le paletot, à bras raccourcis. 
Il faut que les autorités sanitaires algériennes reconnaissent ce retard. Dans cette lutte, sans merci, contre ce virus, chaque jour de gagné est une victoire. Pour le moment, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont d’éminents spécialistes mondiaux, le seul remède reste une vaccination de masse ; au point où le néologisme « vaccinodrome » intégrera le dictionnaire prochain. Tout comme « déconfiner » ou « reconfiner ». C’est dire que ce virus fait bouger tous les cerveaux du monde. Notre campagne de vaccination a démarré à Blida. Tout un symbole, quand on sait que cette ville fut le « Wuhan algérien », l’épicentre de l’épidémie. C’est une bonne initiative ! Mais, ce n’est pas suffisant. Il y a des informations qui nous manquent, pour qu’on puisse se faire une idée et se  projeter dans notre réflexion. 
Combien de doses avons-nous reçues ? Personne ne le dit. Il est question de 500 000 doses de Spoutnik V. Il est question de réceptionner une autre marque de vaccin, sans autre précision. Il me semble qu’il faut un premier vaccin, puis un rappel dans trois semaines. C’est ce qui se pratique ailleurs (Angleterre, France, Allemagne, USA, Chine…) Je  me refuse à faire un calcul d’épicier. Je reconnais être tenté. Les spécialistes mondiaux disent qu’il faut vacciner la moitié de la population mondiale, pour toucher au but ; c'est-à-dire avoir l’immunité collective. Donc, il nous faut vacciner plus de 20 millions d’Algériens pour ce faire. Puis, y a-t-il un calendrier de vaccination ? J’imagine que oui ; sinon ça serait malheureux. Mais, où est-il donc ce calendrier ? Je cite l’exemple de la France, bien que ce ne soit pas le moment avec l’intrusion du rapport Stora, il est prévu que d’ici fin août, la première phase de la vaccination sera achevée. Des chiffres sont donnés. Les observateurs observent. Les spécialistes orientent. Les politiques sont aux aguets. Qu’en est-il chez nous ? Combien aura-t-on vacciné  d’ici la fin de l’été, par exemple ? Surtout quand on sait que des variants viennent compliquer la donne. 
Je veux être concret. Je prends un exemple d’école. J’habite Tizi. J’ai plus de 65 ans. J’ai une maladie chronique. Je suis à risque, selon la littérature Covid-19. Allons-y pour les questions : où pourrai-je me vacciner ? Quand ? Comment  dois-je faire ? Où m’adresser ? J’essaie d’être le plus concret possible. Il faut, à l’évidence, renseigner, dans les détails, le citoyen. C’est à cette condition que la campagne de vaccination réussira. Désolé de le dire, je ressens comme une politique d’un pas en avant, deux pas en arrière. Une campagne de vaccination se planifie, surtout du moment qu’on dispose de tous les paramètres, comme il semble être le cas, selon les dires principalement des ministres de la Santé et de la Communication. Eclairez notre lanterne, les gars ! Puis, si j’ai d’autres questions, je les poserai dans la prochaine chronique, si le virus ne passe pas par là. Car de ce que je vois, malgré toutes les précautions, ce virus sait se jouer de toutes les mesures barrières ; surtout si le variant anglais, à Dieu ne plaise, venait à faire du tourisme ensoleillé chez nous. La spécificité de ce vaccin, c’est qu’il a été halalisé. Eh oui, mon z’ami, la commission scientifique a rencontré, en toute camaraderie, la commission des « fatawis », juste pour constater que le Spoutnik V russe n’a, en son sein, aucun produit haram. Yaâni, franchement, je ne sais pas quoi dire. Wallah, j’avais préparé tout un speech. J’ai lu l’information sur la presse, je me suis pris la tête à deux mains. Une seule main ne pouvait pas suffire à arrêter le flux sanguin, qui commençait à tancer ce qui me reste de neurones. Décidément, je n’arrive pas à comprendre le pourquoi du comment. Pourquoi ont-ils fait ça ? Comment l’ont-ils fait ? Qui a eu cette idée loufoque ? Il faut, à mon sens, inventé un scanner qui puisse halaliser tout ce qui nous vient de l’étranger. On va inventer la « douane du halal ». 
Oyez, oyez braves gens, vous pouvez-vous faire vacciner sans problème, le vaccin Spoutnik V, pour les autres vaccins, on n’en sait rien encore, est hallal. Il n’y a rien dedans de haram. Tous les intrants sont halalisés. Ouais, la petite voix intérieure me questionne, insidieusement : « Supposons, juste une supposition, qu’il y ait eu un « kekchose » de pas musulman, qu’aurions-nous fait ? Renvoyer dare-dare le vaccin aux Russes ? Allons-nous halaliser les autres vaccins à venir ? Entre choper un virus mortel, la Covid-19, ou s’injecter un vaccin pas musulman du tout, quel serait le choix ? » Perso, j’ai ma petite idée là-dessus. Je ne parle pas au nom de tous. Je ne dispose que d’une seule voix. Et encore ! Souvent, ma voix a été détournée. 
Franchement, il faut savoir raison garder. Ne poussons pas le bouchon de la bigoterie trop loin. Tout nous vient de pays non-musulmans. Le contraire se serait su. Tous les médicaments débarquent de pays chrétiens. Appelez-les « pays mécréants », si vous le voulez, ça ne change pas les données du problème. Tous les médicaments que j’avale à longueur de journée, je n’ai jamais cherché à savoir ce qu’il y avait dedans. Le médecin les prescrit, je les avale, parce que j’en ai besoin, un besoin vital. Un besoin vital, nom d’un chien errant ! C’est le cas pour ce virus, il est mortel, tout le monde le sait. H’na, on est là à pinailler. A couper le cheveu en quatre. A tourner autour du pot. A jouer à la pureté religieuse. Les « mécréants » nous sauvent la vie, ya Didi ; alors que nous soufflons sur les braises de l’inconséquence !
Y. M.

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires de la semaine
1

Périscoop 11:00 | 05-05-2021

Le foncier au cœur d’un grand scandale

De sources très bien informées, on apprend que de lourds dossiers, une quinzaine, liés au foncier seront bientôt traités par la justice. Ces affaires de détournement de foncier découvertes suite à des

2

Actualités 11:00 | 06-05-2021

Législatives 2017
Une nouvelle affaire pour Bedoui, Ould Abbès et Tliba

Les législatives de 2017 sont au centre d’une lourde procédure judiciaire en cours au niveau de la cinquième chambre du pôle spécialisé du tribunal de Sidi-M’hamed. Trois nouveaux noms sont venus s’ajouter cette